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Interview

Filière des dattes : Le point avec El Mahdi Arrifi, DG de l’ADA

ada

El Mahdi Arrifi, Directeur général de l’Agence pour le Développement Agricole (ADA) revient sur les avancées réalisées dans la filière des dattes ainsi que les défis qui restent à relever notamment sur le plan de la production, de la conservation, du conditionnement et de la commercialisation des dattes.

EcoActu.ma : Après son lancement en 2010, le Sidattes souffle sa 10ème bougie. En une décennie comment la filière a-t-elle évolué ?

El Mahdi Arrifi : Cette édition est très importante dans la mesure où elle s’inscrit dans l’achèvement du Programme palmier dattier, lancé par SM le Roi en 2010. Cette édition a mis l’accent sur les réalisations les plus importantes de la filière dans le sens où nous avons presque atteint l’objectif tracé à l’horizon 2020 à savoir l’implantation de près 3 millions de palmiers dans les différentes Oasis marocaines notamment à Tafilalet, Deraa, Tata, Ouarzazate, Zagora, Guelmim…

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Il y a également les autres aspects qui concernent l’investissement notamment en matière d’innovation, de la recherche scientifique, du développement des vitroplants, de la commercialisation de la datte, des perspectives de partenariat et d’échange d’expériences avec des acteurs à l’échelle internationale notamment les pays du Golfe et ceux de l’Afrique du Nord. Ce qui permet la possibilité de s’ouvrir sur les marchés extérieurs.

Concrètement, dans quelle mesure l’ADA contribue-t-elle au développement de cette filière ?

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Cette année, l’ADA participe au Sidattes avec un stand dans lequel nous présentons tout ce qui se rapporte à l’investissement dans le secteur du palmier dattier notamment les aspects relatifs au foncier, à la structuration des projets sur le plan technique et à l’accompagnement des projets. Il y a également un autre aspect à savoir la contribution de l’agriculture solidaire dans le développement du secteur du palmier dattier.

Parallèlement à l’investissement, le ministère réalise beaucoup de projets pour les petits agriculteurs dans les oasis pour l’extension de ces dernières ou leur densification et réhabilitation. Il y a également un autre aspect très important celui de la valorisation et la commercialisation des dattes. Aujourd’hui, nous avons une capacité de stockage qui a beaucoup évolué pour atteindre 25.000 T mais nous avons également affiché un saut qualitatif en ce qui concerne la valorisation, le conditionnement et le packaging de la datte. Sur cet aspect l’ADA travaille avec les producteurs pour leurs coopératives et les GIE pour développer davantage la valorisation mais également les connecter avec les marchés modernes de distribution notamment la GMS, les marchés solidaires, les marchés à l’export…

Les opportunités de la finance climat ont été par ailleurs présentées. Comme vous le savez l’ADA est l’organisme national accrédité par le Fonds vert pour le climat et du fonds d’adaptation. Notre rôle est aussi d’accompagner les projets visant la réhabilitation et l’amélioration de la productivité des oasis dont le palmier dattier qui est la principale culture afin de les présenter au Fonds vert du climat.

Nous avons aujourd’hui une expérience pilote avec le Fonds d’adaptation. Il s’agit du projet d’amélioration de la résilience au niveau des systèmes oasiens (Pacczo). Un projet qui est cité parmi les meilleures références des projets d’adaptation au changement climatique de par le monde.

Outre ce volet, l’ADA a mobilisé une vingtaine de coopératives de GIE pour exposer leurs produits de terroir au Sidattes au niveau du pôle terroir. Il s’agit de coopératives venues des 4 coins du Maroc et qui n’exposent pas seulement la datte mais d’autres produits (huile d’argane, plantes aromatiques et médicinales, figuier…).

Ce Salon est également un espace de rencontre avec des partenaires qui investissent dans les dattes et voir l’état d’avancement des projets. A noter qu’au niveau de la zone de Boudnib, nous avons réalisé plus de 5.600 hectares de nouvelles extensions du palmier dattier notamment la variété Majhoul.

Quels sont les défis majeurs à relever par la filière et comment l’ADA compte-t-elle y contribuer ?

Les défis sont multiples. D’abord, il y a le défi de la productivité. Il faut continuer à étendre les superficies afin d’augmenter la production. Aussi il y a le défi des ressources en eau. Les oasis se situent dans des zones où l’eau est une denrée rare. C’est pourquoi le secteur des palmiers dattiers continuera à innover en matière de rationalisation et d’utilisation des ressources en eau.

Aussi il y a le défi de l’amélioration de la productivité notamment sur les profils variétaux mais également en matière d’amélioration du tonnage et la qualité des dattes.

3ème grand défi, celui lié à la valorisation et la commercialisation du produit. Certes beaucoup de réalisations ont été accomplies sur ce volet mais il y a encore du chemin à faire pour améliorer ce maillon de la chaîne.

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