Bien que l’industrie des services financiers Islamiques ait enregistré un regain de croissance, des vulnérabilités structurelles persistent, notamment dans les secteurs non bancaires, et doivent être comblées afin de garantir la résilience et la pérennité de cette croissance. L’approfondissement des marchés des sukūk, le renforcement des infrastructures financières, ainsi que l’avancement des réformes réglementaires constituent des étapes essentielles pour bâtir un écosystème financier islamique solide.
Le Conseil des Services Financiers Islamiques (IFSB) a organisé à Rabat son 23ᵉ Forum sur la Stabilité Financière Islamique, placésous le thème : « Surmonter les difficultés : remédier aux vulnérabilités structurelles et renforcer la résilience face aux chocs futurs ».
Organisé en marge des Assemblées Annuelles 2025 de l’IFSB, le Forum a réuni des gouverneurs de banques centrales, des hauts responsables des autorités de régulation, des organismes internationaux de normalisation ainsi que des acteurs de l’industrie de la finance islamique afin d’échanger sur les moyens de promouvoir une croissance saine et de renforcer la stabilité financière à long terme du secteur des services financiers islamiques.
Le Forum a été inauguré par les allocutions de Son Excellence (S.E.)Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al-Maghrib et Président du Conseil de l’IFSB pour l’année 2025, ainsi que du Secrétaire général de l’IFSB, Dr Ghiath Shabsigh, suivies d’une intervention de Dr Ahmed Toufiq, Ministre des Habous et des Affaires islamiques du Maroc. Plus de 30 pays y étaient représentés.
Dans son allocution d’ouverture, S.E. Abdellatif Jouahri a souligné « les efforts déployés par l’IFSB pour accompagner Bank Al-Maghrib dans le développement du cadre réglementaire de la finance participative. Le secteur marocain de la finance participative poursuit sa dynamique de croissance et contribue au renforcement de l’inclusion financière ».
Dans son discours prononcé à cette occasion, Dr Ahmed Toufiq, Ministre des Habous et des Affaires islamiques du Maroc, a expliqué que « dans le contexte marocain, la question de la finance islamique a été abordée, et le Maroc y a adhéré en partant du principe que les autres formes de transactions sont également acceptables sur le plan religieux, compte tenu de leurs finalités (maqāṣid al-Charīʻa) et de leur dimension contractuelle.
Cependant, ces opérations inspirées de la jurisprudence historique des transactions financières islamiques ont été accueillies favorablement, à condition qu’elles soient désignées chez nous sous l’appellation de finance participative, afin d’éviter qu’elles ne soient exclusivement qualifiées d’islamiques, ce qui laisserait entendre, à tort, que les autres ne le sont pas ou qu’elles seraient contraires à l’Islam. À cet égard, le Comité a émis 194 avis de conformité en réponse aux demandes d’avis religieux, à l’issue de plus de 421 réunions scientifiques, durant lesquelles 196 études et documents de recherche ont été présentés par les membres du Comité, en plus de 191 études spécialisées fournies par les experts du Comité, portant sur les aspects juridiques, les applications pratiques, ainsi que sur des comparaisons entre systèmes, expériences et pratiques ».
Avant d’ouvrir les panels, le Forum a présenté les conclusions clés du Rapport sur la Stabilité de l’industrie des services financiers Islamiques pour l’année 2025, récemment publié par l’IFSB. Ce rapport met en évidence l’ampleur et le développement constant du secteur des services financiers Islamiques, tout en soulignant la nécessité de combler les vulnérabilités structurelles susceptibles de peser sur la stabilité financière à long terme de ce secteur.
Dr Shabsigh a déclaré : «Bien que l’industrie des services financiers Islamiques ait enregistré un regain de croissance, des vulnérabilités structurelles persistent, notamment dans les secteurs non bancaires, et doivent être comblées afin de garantir la résilience et la pérennité de cette croissance. L’approfondissement des marchés des sukūk, le renforcement des infrastructures financières, ainsi que l’avancement des réformes réglementaires constituent des étapes essentielles pour bâtir un écosystème financier islamique solide. »
Le Forum s’est clôturé sur un large consensus quant à la nécessité d’engager des réformes structurelles ciblées afin de renforcer la résilience et la stabilité à long terme du système financier islamique.
Parmi les priorités identifiées figurent le développement des marchés des sukūk en monnaie locale, plus profonds et plus liquides, l’élargissement de la base d’investisseurs, ainsi que la résolution des lacunes juridiques, réglementaires et en termes d’infrastructures de marché, afin de soutenir la croissance des secteurs de l’assurance et des fonds Islamiques. Les échanges au sein des panels ont mis en évidence une convergence croissante sur l’importance de développer les segments non bancaires, afin de renforcer la résilience globale du système financier islamique, y compris sa composante bancaire.
Face à la croissance des incertitudes mondiales, les panélistes ont également souligné la nécessité d’adopter des approches prudentielles prospectives permettant d’identifier rapidement les vulnérabilités et de renforcer la capacité de surveillance, en particulier dans les juridictions connaissant une expansion rapide du secteur financier Islamique . Les participants au Forum ont également rappelé le rôle essentiel des autorités nationales dans le développement des marchés et la mise en œuvre effective des normes de l’IFSB, tout en insistant sur l’importance d’une coordination transfrontalière accrue, afin de garantir que le système financier islamique demeure stable, inclusif et résilient face aux chocs futurs.
Réunions annuelles et événements parallèles de l’IFSB 2025
Du 1er au 3 juillet 2025, les réunions annuelles et les événements parallèles de l’IFSB ont réuni des banques centrales, des autorités de régulation et de supervision, ainsi que des acteurs du secteur issus des membres internationaux de l’IFSB. Organisées avec le soutien de Bank Al-Maghrib, ces réunions comprenaient notamment la 46ème réunion du Conseil de l’IFSB, la 23ème Assemblée générale et le 23ème Forum sur la Stabilité Financière.
Les événements parallèles ont inclus un atelier dédié aux autorités marocaines de régulation et de supervision financières, ainsi que plusieurs sessions ouvertes portant sur l’inclusion financière, les guichets bancaires islamiques et la gestion des risques pour les opérateurs de Takāful. L’IFSB a également organisé une session de partage d’expériences, destinée à ses membres associés et observateurs, afin de favoriser l’échange sur les pratiques nationales et les perspectives réglementaires. L’IFSB a par ailleurs lancé à Rabat sa première application mobile de gestion d’événements, « IFSB Pulse », ainsi que son nouveau portail de données.
Ces événements ont réaffirmé l’engagement de l’IFSB à renforcer la coopération internationale, à promouvoir la convergence réglementaire et à promouvoir un système financier Islamique résilient et inclusif.
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