Gazoduc Nigéria-Maroc : le grand virage expliqué par Amina Benkhadra

Initié en 2016 sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du feu président nigérian Muhammadu Buhari, le projet du Gazoduc Africain Atlantique (Nigéria-Maroc) vient de franchir un cap décisif. Réunis à Freetown en Sierra Leone dimanche dernier lors du Sommet de la CEDEAO, les pays d’Afrique de l’Ouest ont signé l’accord intergouvernemental scellant le soutien politique et institutionnel de l’ensemble de la région.
Mais concrètement, en quoi cet accord intergouvernementAL change l’échelle et la nature du projet ?
Gazoduc africain atlantique : une étape cruciale est franchie
Invitée sur le plateau de MEDI1TV, Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), est revenue sur la portée historique de cette étape et sur l’importance de ce projet pour tous les Etats signataires, notant que la signature de Freetown, est une étape cruciale qui montre l’engagment des pays de la CEDEAO pour soutenir un projet d’intégration régionale.
Selon la DG de l’ONHYM, l’objectif premier ce de projet est d’assurer la souveraineté énergétique de notre continent, mentionnant que « 10 pays sur les 13 ont besoin de cette énergie pour pouvoir assurer leur croissance économique et sociale ». Elle a également souligné : « Ce qui manque à notre région c’est une infrastructure qui permet de relier les centres de production aux centres de consommation est c’est le rôle fondamental de ce Gazoduc »
Le premier objectif de ce Gazoduc est d’assurer la souverainté et la sécurité énergétique de notre continent
Un cadre juridique unifié pour rassurer les marchés
L’accord signé à Freetown marque le passage définitif des études techniques menées pendant près de 10 ans vers le déploiement opérationnel. Des études menées par des bureaux internationaux, connus par leur expertise dans le domaine.
En harmonisant les règles fiscales, douanières et réglementaires entre les pays traversés, cet accord élimine les incertitudes juridiques et crée un environnement prévisible pour les investisseurs internationaux.
Un cadre juridique transparent clair harmonisé qui donne confiance aux investisseurs qui seront dans le projet
Un tracé hybride d’une longeur de 6.800 KM
Amina Benkhadra explique que suite à une série d’études importantes qui ont permis de démontrer la viabilité du projet, le choix a été porté sur un tracé hybride « on et offshore », segmenté en tronçons. Un tronçon sud reliant le Nigeria à la Côte d’Ivoire et un tronçon centre reliant le Sénégal et la Mauritanie et un tronçon nord reliant la Mauritanie au Maroc et à l’Europe.
La DG de l’ONHYM précise également que le coût du projet s’élève à 25 milliards de dollards, mais que des opérations d’optimisation de ce coût sont menées de façon régulière.
Quelles sont les autres étapes du projets ?
Après la signature à Freetown, la prochaine étape est prévue dès la rentrée avec la signature officielle par la Mauritanie et le Maroc, deux pays qui ne font pas partie de la CEDEAO. S’en suivra la création de deux institutions chargées de la gestion du projet.
La Société de Projet (SPV), basée à Casablanca, chargée de la conduite des travaux, du montage financier final et de la signature des contrats d’achat/vente de gaz. Ainsi que la Haute Autorité du Gazoduc, basée à Abuja, dédiée à la gouvernance politique, stratégique et intergouvernementale.
A noter que la feuille de route doit mener au lancement du chantier en 2028 pour de premières livraisons dès 2031.
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