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Economie

Généralisation couverture sociale : 35,5 Mds de DH en 2024 pour AMO Tadamon et allocations familiales

amo

Ecrit par Lamiae Boumahrou I

 

Comme à l’accoutumée, Fouzi Lekjaa, ministre délégué en charge du Budget, s’est prêté ce mercredi 22 janvier à l’exercice des questions réponses devant les membres du Patronat. L’occasion pour le ministère des Finances de faire le point sur les réalisations du gouvernement en terme de choix, de stratégies et de mesures sur le plan social, économique, fiscal…

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Parmi les sujets soulevés, le volet social en l’occurrence, celui de la généralisation de la couverture sociale qui figure parmi les priorités du gouvernement. Avant de dresser le bilan à une année de la date d’échéance de mise en œuvre du chantier, le ministre du Budget a avoué que malgré le chemin parcouru et les réalisations, il y a encore beaucoup de défis à relever.

Concernant la généralisation de l’AMO, Lekjaa a précisé que 11,4 millions de personnes bénéficient désormais de AMO Tadamon. Concernant les dizaines de milliers de personnes qui ont été écartées par le score, Lekjaa a avoué que la formule de scoring ne permet pas d’être dans une situation idéale.

Concernant AMO TNS, le nombre des bénéficiaires a atteint 3,7 millions de personnes. Là-encore, Lekjaa n’a pas manqué l’occasion pour appeler le Patronat à travailler avec le gouvernement sur la sensibilisation des travailleurs non-salariés à intégrer l’assurance maladie obligatoire. Il faut dire que le nombre des assurés principaux ayant des droits ouverts reste encore en-deçà des attentes.  

Rappelons que dans son dernier rapport, la Cour des comptes avait précisé que pour les catégories des professionnels, des travailleurs indépendants et des personnes non-salariées exerçant une activité libérale a atteint 1,68 millions d’assurés principaux au 10 septembre 2024, soit 56% de la population cible de ce régime. Toutefois, le nombre des assurés principaux ayant des droits ouverts ne dépasse pas 1,2 million, et le taux de recouvrement des contributions dues est seulement de l’ordre de 37%, ce qui est de nature à impacter l’équilibre financier du régime.

« La CGEM a un rôle fondamental à jouer pour fédérer les travailleurs non-salariés, dans tous secteurs confondus, à l’assurance maladie. Nous devons travailler ensemble pour relever tous ces défis», a précisé Lekjaa.


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Ceci dit en attendant de surmonter les freins de mise en œuvre du chantier notamment dans le segment AMO Tadamon et AMO TNS, Lekjaa a précisé qu’à ce jour, 32 millions de Marocains sur 36 bénéficient déjà d’une assurance maladie (AMO). Il manque à l’appel 4 millions de Marocains qui sont encore hors du circuit et qu’il faudra impérativement doter d’une assurance maladie pour atteindre les objectifs du chantier de la protection sociale.

Lekjaa a précisé que l’intégration de cette population requiert un travail concerté particulièrement sur 2 chantiers à savoir le segment médicament qui représente une part très lourde dans la charge de l’AMO (34% CNOPS et 32,4% CNSS) et la maitrise des segments (Aide directe).

Concernant ce dernier point, Lekjaa a précisé que 4 millions de familles bénéficient déjà du programme Aide directe pour une charge de 25,5 Mds de DH et qui passera  à 27 Mds de DH en 2025.  Donc entre l’AMO Tadamoun (10 Mds de DH) et le programme d’aide directe, le gouvernement a mobilisé une enveloppe de 35,5 Mds de DH en 2024.

Rappelons que le coût global du chantier de la généralisation de la protection sociale à l’horizon 2025 avait été fixé à 51 Mds de DH par an dont 23 Mds de DH financés par le budget l’Etat et 28 Mds de DH par an  par les personnes éligibles aux cotisations de la couverture sociale.

Dans le détail, 14 Mds de DH pour l’AMO,  20 Mds de DH pour la généralisation des allocations familiales, 16 Mds de DH pour l’élargissement de la base des cotisations aux régimes de retraites et 1 Md de DH pour la généralisation de l’indemnité perte d’emploi à l’ensemble des personnes ayant un emploi stable.

Le budget alloué au 2ème volet de la réforme à savoir la généralisation des allocations familiales a donc augmenté de 5,5 Mds de DH en 2024 et augmentera de 7 Mds de DH en 2025 par rapport aux premières prévisions (20 Mds de DH).

Lekjaa a précisé que le volet social a coûté environ 100 Mds de DH à l’Etat y compris la charge de compensation dont le budget devrait servir au financement du chantier de la protection sociale. Et bien que le gouvernement ait crevé l’abcès de la décompensation en 2024 avec une première hausse du prix du gaz butane, il semble, d’après les dernières déclarations du ministre du Budget à ce sujet, que la question de la décompensation requiert encore de la réflexion et une implication de toutes les parties concernées. Le Patronat en fait partie.

« Je connais la position de la CGEM à ce sujet et je pense qu’il est temps de réouvrir ce dossier, de le discuter avec toute la sérénité nécessaire et mettre en place une feuille de route qui permettra au gouvernement de conjuguer la sensibilité sociale à la prise de mesures phares« , a-t-il souligné. 

Ceci dit, 2025 sera une année décisive étant donné qu’elle marquera la date d’échéance de mise en œuvre du chantier de la généralisation de la protection sociale. Reste à voir si le gouvernement sera en mesure de respecter le calendrier de mise en œuvre des 2 chantiers restants de la réforme à savoir l’élargissement de la base des cotisations aux régimes de retraites et l’indemnité perte d’emploi.

Aussi, et dans une optique de garantir la réussite du chantier, le gouvernement devra-t-il achever plusieurs réformes en parallèle notamment celle de la compensation et de la retraite mais aussi de prendre en compte les recommandations de la Cour des comptes à savoir : activer l’ensemble des instances intervenant dans la gestion du système de protection sociale, la mobilisation et la diversification de sources de financement durables, le développement et la mise à niveau des établissements de soins publics, le suivi de l’impact de l’aide sociale directe sur les catégories sociales bénéficiaires et la coordination entre la politique de la protection sociale et les autres politiques économiques et sociales du pays.


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