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Édito

Guerres, conflits politiques, tensions commerciales… quels défis pour le Maroc ?

exécutif

Ecrit par Soubha Es-Siari I 

Le Maroc, pays en développement n’est pas à l’abri de toutes ces guerres dont la première conséquence est la hausse des cours de pétrole dont nous continuons à être dépendant. Des efforts louables sont déployés mais beaucoup reste à faire. A ce titre les pouvoirs publics sont exhortés à actionner différents leviers pour en desserrer l’étau.

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Chaque jour qui passe le monde se complique davantage. En sus des crises liées au changement climatique, aux crises sanitaires, à la guerre tarifaire…, s’ajoutent des conflits politiques dont les conséquences, tel qu’un effet papillon, se propagent à tous les pays du globe.

Au moment où l’on s’attendait à tourner la page de la guerre en Ukraine et à Gaza, voilà qu’une autre guerre éclate entre l’Iran et Israël avec tout ce que cela pourrait avoir comme conséquences sur l’économie mondiale en général et sur les économies prises séparément en particulier. Pour absorber tous ces chocs, les économies toutes catégories confondues doivent sortir l’artillerie lourde.

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Faire des prévisions économiques dans un contexte pareil est devenu un vrai leurre. Tout cela n’augure rien de bon et la croissance mondiale risque de prend un vrai coup. Déjà les dernières prévisions de la Banque Mondiale annoncent que l’intensification des tensions commerciales et l’incertitude entourant les politiques publiques devraient faire chuter la croissance mondiale cette année à son rythme le plus faible depuis 2008.

Selon la même source : les turbulences récentes ont entraîné une révision à la baisse des prévisions de croissance pour près de 70 % des économies du monde, toutes régions et catégories de revenu confondues.

En dehors de l’Asie, le monde en développement entre de plus en plus dans une ère de stagnation, alerte Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement. Cette menace plane depuis plus d’une décennie maintenant.

La croissance dans les économies en développement a progressivement marqué le pas depuis trente ans, pour passer de 6 % par an dans les années 2000 à 5 % dans les années  2010, avant de tomber à moins de 4 % dans les années 2020. Cette évolution suit la trajectoire de la croissance du commerce mondial, qui a baissé de 5 % en moyenne dans les années 2000 à environ 4,5 % dans les années 2010, puis chuté à moins de 3 % dans les années 2020. La croissance des investissements s’est également tassée, tandis que la dette a atteint des niveaux records. »

Le Maroc, pays en développement n’est pas à l’abri de cette tempête dont la première conséquence est la hausse des cours de pétrole dont nous continuons à être dépendant. Des efforts louables sont déployés mais beaucoup reste à faire.

A ce titre les pouvoirs publics sont exhortés à actionner différents leviers pour en desserrer l’étau : booster l’arrivée à maturité du programme des énergies renouvelables dans l’espoir de couvrir au moins 52% du mix énergétique, accélérer la construction d’une troisième grande centrale électrique à cycle combiné gaz/charbon à proximité du barrage Al Wahda tout près de Gazoduc Maghreb Europe (GME)… Devant être opérationnels en 2028-2029, ces différents projets allègeront sensiblement le fardeau de cette contrainte.

Sur le plan régional, l’Afrique peut tracer une voie plus autonome en tirant meilleur parti d’un potentiel qui demeure largement inexploité, qu’il s’agisse de majorer les ressources fiscales domestiques, d’affecter à des fins domestiques fonds souverains et fonds de pension africains, de monétiser adéquatement un patrimoine conséquent tant en matière de ressources minières, de capacité de séquestration carbone, que de biodiversité, ou d’assécher les pertes liées au coût de la dette et aux flux financiers illicites. Il est temps que l’Afrique se prenne en main et assure sa souveraineté. Dans cette configuration, le Maroc a un grand rôle à jouer.

C’est, donc, dans la capacité du Maroc à se réinventer pour réussir ces différents challenges qu’il peut accéder à de nouveaux paliers de croissance, préalables indispensables pour espérer être au rendez-vous des ODD (Objectifs du Développement Durable) de 2030 qui ciblent, pour l’essentiel, l’amélioration du niveau de vie des populations.

 

 

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