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Economie Internationale

L’inflation américaine déjà en voie de Trumpisation ?

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Les banques centrales reviennent sur le devant de la scène. Après l’Australie hier, c’est au tour des autorités monétaires du Canada et du Brésil de se prononcer aujourd’hui, avant la Suisse et la Zone euro demain. Quant à la banque centrale américaine, sa décision n’est attendue que la semaine prochaine, mais un jalon important se profile cet après-midi avec l’inflation de novembre aux Etats-Unis, dernier gros indicateur susceptible de changer la donne de fin d’année.

En comptant cette séance de mercredi, il reste dix journées de bourse avant Noël et quatorze avant la fin de l’année. La plupart du temps, il ne se passe pas grand-chose sur cette période, si bien que les investisseurs sont souvent d’accord pour faire progresser mollement les actions. La configuration calendaire 2024 fait qu’il faudra quand même patienter jusqu’au 18 décembre pour s’assurer qu’aucun événement fâcheux ne gâche la ripaille noëlosylvestrine.

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C’est en effet la date à laquelle la banque centrale américaine tranchera une dernière fois sur sa politique monétaire en 2024. Les financiers, via leurs options à terme, assignent une probabilité de 86% à une baisse de taux d’un quart de point à cette occasion. Ils espèrent aussi que Jerome Powell, le président de la Fed, ne douchera pas trop leurs espoirs de poursuite de l’assouplissement monétaire en 2025. Actuellement, les gens raisonnables pensent que la banque centrale abaissera deux fois de plus ses taux au cours du 1er semestre 2025. Il n’y a pas si longtemps, les prévisions d’assouplissement monétaire étaient plus optimistes, mais la vigueur de l’économie américaine et l’anticipation d’un effet inflationniste des politiques de Donald Trump II ont modéré les attentes.

D’inflation, il en sera question cet après-midi à 14h30 avec les chiffres du mois de novembre aux Etats-Unis. Les économistes s’attendent à ce que la hausse des prix s’établisse à 2,6% sur un an pour la version globale, et de 3,3% pour la version expurgée des éléments les plus volatils (énergie et aliments principalement). C’est cette seconde version que les officiels regardent le plus pour la politique monétaire. Elle est encore très éloignée de l’objectif de ramener la progression des prix autour de 2%. Il y a donc encore l’ombre d’un doute sur la capacité de la Fed à abaisser ses taux directeurs significativement l’année prochaine.

Ce qui frappe, c’est que Wall Street s’en fout un peu, en tout cas pour le moment. Les deux dernières années ont montré que l’économie américaine a su s’accommoder de taux directeurs élevés. En tout cas une partie de l’économie, et sur la durée précitée puisque « les performances passées ne préjugent pas des performances futures », comme on dit. Paradoxalement, l’élection de Donald Trump raconte une autre histoire, en particulier celle des petits salaires et de la classe moyenne écrasés par l’inflation. Ce qui n’empêche pas les actions américaines de voler de records en records et de drainer comme jamais l’épargne du monde.

Pas de records hier toutefois. Wall Street a légèrement reculé pour la seconde séance consécutive, dans l’attente de la statistique sur l’inflation. Dans le même temps, l’Europe a reculé elle aussi. La Bourse de Paris a perdu 1,1%, mettant fin à une curieuse série de 8 séances consécutives de hausse, série obtenue malgré la sévère crise politique qui sévit en France.

Il paraît que l’Hexagone disposera aujourd’hui ou demain d’un premier ministre ou d’une première ministre. On lui souhaite bien du courage. Le gros rendez-vous européen est pour demain avec une réunion de la Banque centrale européenne qui devrait aboutir à une nouvelle baisse de taux. L’économie européenne aurait bien besoin d’un coup de pouce monétaire pour se relancer.

En Chine, les investisseurs attendent avec impatience les conclusions de la Conférence centrale sur le travail économique qui se tient aujourd’hui. Ils ont été alléchés par les préannonces du Politburo lundi et espèrent en apprendre plus. En Chine, on reste donc dans le schéma d’addiction du marché aux déclarations, même si les effets concrets des mesures annoncées peinent à se matérialiser. On continue en parallèle à entretenir un environnement schizophrène où les Occidentaux cherchent à casser les pattes économiques de Pékin avec des barrières douanières et des restrictions tout en espérant que l’économie locale va se reprendre pour renforcer la croissance globale.

Sur le front géopolitique, les Etats-Unis envisagent de nouvelles sanctions sur le pétrole russe pour affaiblir Vladimir Poutine, selon les informations obtenues par Bloomberg. Cette rumeur a contribué à renforcer les cours pétroliers. La Banque du Canada se prononcera sur ses taux plus tard dans la journée.

Les marchés d’Asie-Pacifique sont à nouveau multicolores ce matin, mais cantonnés entre les gains de 1% du KOSPI coréen et la baisse de 1% de Taiwan, après l’intensification des manœuvres militaires chinoises autour de l’île. Tokyo gagne un peu de terrain pendant que Sydney en perd. En Chine, le CSI300 est à l’équilibre sur le continent pendant que le Hang Seng perd 0,5% à Hong Kong. Les indicateurs avancés européens sont légèrement baissiers même si les futures américains regardent vers le haut. (Avec Zonebourse)

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