Inondations dans le Sud-Est du Maroc : le FSEC entrera-t-il en action cette fois-ci ?

Ecrit par Lamiae Boumahrou I
Les inondations ayant frappé le Sud-Est du Maroc ont fait des dizaines de pertes humaines et des dégâts matériels inestimables. Une fois de plus, la question de l’activation du FSEC se pose avec acuité étant donné qu’elle dépend d’une décision du Chef du gouvernement. Akhannouch va-t-il décréter la zone inondée comme zone sinistrée ?
Après des années de sécheresse et alors que tous les indicateurs de la situation hydrique du pays étaient au rouge, les tant attendues pluies étaient enfin de retour. Depuis le début du mois de septembre, des pluies diluviennes se sont abattues sur le Maroc, plus précisément dans le sud-est, avec des précipitations ayant dépassé les moyennes annuelles.
Malheureusement, bien que salvatrices, ces pluies torrentielles ont provoqué des crues causant des dizaines de pertes humaines et des dégâts matériels considérables.
Des familles endeuillées, des terres agricoles submergées, des habitations emportées par les crues et d’autres détruites, des douars isolés…, le bilan, bien que pas encore définitif, n’augure pas du bon.
Cette catastrophe naturelle vient nous rappeler, une fois de plus, la vulnérabilité dans laquelle vivent les habitants de l’arrière-pays et qui subissent de plein fouet les effets du changement climatique. Mais comme dit l’adage : le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ces pluies qui apportent une lueur d’espoir pour un pays qui a souffert depuis plus de 5 ans de sécheresse, sont une fatalité pour les habitants des zones affectées par les inondations.
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La question est de savoir si le gouvernement va-t-il décréter la région comme zone sinistrée ? Le dispositif du régime de couverture contre les conséquences d’événements catastrophiques sera-t-il activé pour venir en aide aux populations affectées par cette catastrophe ?
En effet, après la survenue de chaque catastrophe naturelle la question de l’intervention ou pas du Fonds contre les Évènements Catastrophiques (FSEC) reste posée.
Faut-il rappeler que le FSEC a été créé pour faire face à de tels événements en indemnisant les victimes d’un évènement catastrophique qui ne sont pas couvertes ou lorsque l’indemnité de la couverture est inférieure à celle prévue par le fonds.
Faut-il rappeler aussi que les inondations figurent dans la liste des risques couverts par le Fonds contre les Évènements Catastrophiques (FSEC). Toutefois, l’activation du Fonds n’est pas automatique elle dépend d’un décret du Chef de gouvernement. En effet, il faut qu’une déclaration de survenance de l’événement catastrophique soit établie par Chef de gouvernement et publiée au bulletin officiel conformément au décret n° 2-18-785 et ce dans un délai de 3 mois.
Depuis l’adoption de ce dispositif en janvier 2020, le Maroc n’a décrété l’état de catastrophe naturelle qu’une seule fois soit pour le violent séisme d’Al Haouz.
Et malgré la violence du tremblement de terre, il a fallu au Chef du gouvernement plus d’un mois pour décréter le séisme ayant frappé la région d’Al Haouz le 8 septembre 2023 d’évènement catastrophique soit le 19 octobre 2023.
Une déclaration qui devait se traduire par l’intervention du FSEC. Or à ce jour, soit depuis plus d’un an après le séisme, l’intervention du FSEC n’est pas encore claire ni pour l’indemnisation corporelle des victimes ni celle des dégâts matériels.
Certes la gestion des conséquences du séisme a été financée par le Fonds spécial pour la gestion des effets du séisme au Maroc créé 2 jours après le séisme. Mais cela n’empêche que l’intervention du FSEC est impérative. Et en attendant de savoir l’issue réglementaire et juridique que le gouvernement a trouvée pour opérer l’activation du FSEC, Akhannouch doit encore, en l’espace d’un an, trancher sur la question de l’activation ou non du FSEC pour faire face aux inondations ayant touché plusieurs zones du Sud-est du pays.
Aujourd’hui, des centaines de personnes qui vivaient déjà dans des conditions difficiles et qui ont tout perdu (terres, bétails, maisons, argents, papiers…) sont dans le flou total. Ça été le cas des Casablancais touchés par les inondations de janvier 2021. Rappelons que malgré les dégâts matériels conséquents, le dispositif n’avait pas été activé.
Il faudra attendre les prochains jours pour voir si le gouvernement décide de venir en aide aux victimes à travers l’activation du FSEC.

