Flash
Grâce à la Vision Royale, Dakhla-Oued Eddahab consolide son positionnement en tant que pôle économique et logistique ouvert sur l’Afrique (CRI) Logistique : Kaspersky découvre une vulnérabilité dans les lecteurs de codes-barres Averses orageuses avec grêle et rafales de vent, lundi et mardi, dans plusieurs provinces UM6P : inauguration de la Digital Farming School en Côte d’Ivoire Transaction avec un salarié : comment sécuriser un départ sans créer un nouveau litige Mediterrania Capital Partners annonce la promotion de Noha El Ghazaly et Maty N’Diaye au rang de Partners Aérien : le trafic de passagers en baisse de 0,5 % en septembre PLF 2027 : autopsie des établissements publics qui refusent de mourir Agriculture : le Maroc mise sur six bassins de production pour renforcer sa souveraineté alimentaire Déficit commercial de -324 Mds de DH : la dépendance extérieure met sous pression l’économie marocaine
Economie Nationale

Intelligence artificielle non encadrée : un risque pour les entreprises au Maroc

IA emploi intelligence artificielle

Une étude Kaspersky révèle une adoption massive et non encadrée de l’intelligence artificielle dans les entreprises marocaines.

L’intelligence artificielle s’impose désormais comme un outil du quotidien dans les entreprises marocaines. Mais cette adoption rapide se fait, dans la majorité des cas, sans cadre défini. C’est ce que révèle une étude menée par Kaspersky en partenariat avec l’institut Averty auprès de plus de 300 salariés marocains.

Publicité

Au-delà des chiffres, l’étude met en lumière une transformation silencieuse des usages : l’IA ne s’installe pas à travers des stratégies d’entreprise structurées, mais à l’initiative directe des collaborateurs. Une dynamique qui soulève des enjeux croissants en matière de sécurité des données.

Une adoption spontanée, déjà profondément ancrée

Dans les faits, l’IA est déjà largement intégrée dans les pratiques professionnelles. Plus d’un salarié sur deux (57 %) déclare utiliser des outils d’intelligence artificielle de sa propre initiative au travail, et cet usage s’inscrit désormais dans la routine : 84 % des utilisateurs y ont recours au moins plusieurs fois par semaine, dont près de la moitié quotidiennement.

Publicité

Cette adoption ne relève pas uniquement d’une logique de productivité. Elle traduit une véritable recherche d’amélioration qualitative du travail. Près de 7 utilisateurs sur 10 (69 %) indiquent utiliser ces outils pour produire un travail de meilleure qualité, signe d’une appropriation déjà avancée et réfléchie.

Dans ce contexte, les collaborateurs se tournent majoritairement vers des solutions accessibles et intuitives, souvent en dehors des outils proposés par leur entreprise. ChatGPT s’impose ainsi comme la référence, utilisé par 84% des utilisateurs d’IA, confirmant une tendance à privilégier des usages personnels plutôt qu’encadrés.

Face à cette adoption rapide, les entreprises peinent encore à structurer leur approche. L’étude révèle que 75% des interrogés évoluent sans cadre clair concernant l’usage de l’IA, et que peu d’entre eux ont reçu des orientations ou des formations spécifiques sur le sujet.

Ce manque de gouvernance contribue à installer l’IA dans un “angle mort” organisationnel : largement utilisée, mais rarement encadrée.

Des pratiques qui exposent directement les données de l’entreprise

C’est sur le terrain de la sécurité que les enseignements de l’étude sont les plus marquants. L’usage généralisé d’outils externes s’accompagne d’un partage important de données professionnelles, souvent sans réelle conscience des implications.

Dans la pratique, de nombreux collaborateurs n’hésitent pas à intégrer dans ces outils des contenus issus de leur environnement de travail :

  • 42 % des utilisateurs d’IA importent des documents complets (PDF, Word, présentations) dans des outils externes non contrôlés par l’entreprise,
  • 35 % saisissent manuellement des informations ou chiffres précis,
  • 35 % partagent des extraits de mails, messages ou comptes-rendus,
  • 30 % transmettent des captures d’écran de leur environnement de travail (schémas, tableaux, graphiques),
  • 19 % vont jusqu’à partager des données chiffrées (budgets, KPIs, fichiers Excel).

Seule une minorité déclare limiter son usage à des requêtes générales, sans partage d’informations internes. Cette réalité illustre un point clé : l’IA est utilisée comme un prolongement naturel du travail, sans distinction claire entre ce qui peut être partagé et ce qui doit rester protégé.

« L’humain doit être au cœur de la cybersécurité, d’autant plus avec l’essor des IA génératives. Un simple prompt ou un partage d’informations mal maîtrisé peut suffire à exposer des données sensibles ou à déclencher des attaques majeures. Face à ces risques, la formation devient essentielle : des programmes adaptés comme KASAP permettent de mieux identifier les menaces et d’en limiter significativement la propagation. La cybersécurité ne se limite pas aux outils : elle repose sur des usages maîtrisés et une vigilance collective » indique Samy Tadjine, Responsable des comptes Entreprises pour l’Afrique du Nord, de l’Ouest et Centrale chez Kaspersky.

Une confiance élevée mais une perception du risque encore floue

Cette situation est renforcée par un niveau de confiance particulièrement élevé dans les outils d’intelligence artificielle. Une large majorité des utilisateurs (91 %) déclare faire confiance aux résultats générés, dont une part significative avec un niveau de confiance élevé.

Ce rapport de confiance, combiné à des pratiques peu encadrées, crée un déséquilibre : plus les outils sont perçus comme fiables, moins les utilisateurs hésitent à leur confier des données sensibles.

Si 46 % des répondants identifient un risque pour la sécurité des données, une part importante reste incertaine :

  • 35 % estiment que le risque est faible ou inexistant
  • 19 % ne savent pas se prononcer

Cette dispersion des perceptions souligne un besoin urgent de sensibilisation et d’accompagnement.

« L’adoption des outils d’intelligence artificielle en entreprise au Maroc progresse aujourd’hui plus vite que les cadres de sécurité, exposant les organisations à des risques encore largement sous-estimés. Dans un contexte de menaces en constante évolution, les PME sont particulièrement vulnérables, faute de ressources et de compétences internes, une situation accentuée par la pénurie de talents en cybersécurité. Face à cette réalité, elles doivent à la fois renforcer la sensibilisation de leurs collaborateurs et s’appuyer sur des prestataires spécialisés capables d’assurer une protection continue de leurs systèmes, afin de sécuriser leurs usages tout en restant concentrées sur leur cœur de métier. L’enjeu n’est pas de freiner l’IA, mais de l’encadrer : cela passe par une approche pragmatique combinant gouvernance, formation et technologies adaptées », conclue Samy Tadjine, Responsable des comptes Entreprises pour l’Afrique du Nord, de l’Ouest et Centrale chez Kaspersky.

Publicité

Laisser un commentaire

Publicité
Publicité
error: Content is protected !!