Le blé européen recule après la prolongation des droits de douane au Maroc

Le blé européen a légèrement reculé jeudi après avoir atteint des sommets contractuels lors de la séance précédente, les opérateurs évaluant la décision du Maroc de prolonger ses droits de douane à l’importation ainsi que la situation en mer Noire suite aux attaques de la Russie et de l’Ukraine.
L’échéance rapprochée de septembre pour le blé de meunerie sur Euronext Paris a clôturé la séance en baisse de 0,8 % à 242,5 € (275,84 $) la tonne métrique, après être montée à 245,75 € plus tôt dans la journée. Les armateurs ont temporairement suspendu l’arrivée des navires dans les ports ukrainiens de la mer Noire destinés aux exportations agricoles, suite à une récente recrudescence des attaques russes contre les ports et la marine marchande, a déclaré le ministre de l’Agriculture du pays.
« Les marchés évaluent l’impact potentiel sur les exportations de blé russe et ukrainien au cours de la période clé de juillet, août et septembre, alors que la nouvelle récolte de la mer Noire arrive sur le marché », a déclaré un courtier allemand.
Des rumeurs de marché indiquent que certains armateurs refuseraient également d’envoyer leurs vraquiers dans les ports russes de la mer Noire, notamment à Novorossiysk, en raison des risques de guerre.
Toutefois, les opérateurs de marché ont précisé que les chargements dans les grands terminaux de Novorossiysk se déroulaient normalement jeudi, apaisant ainsi les inquiétudes du marché.
« La question est de savoir quel volume d’exportations de blé ukrainien et russe sera réduit, retardé ou transféré vers d’autres pays fournisseurs si les combats actuels empêchent les expéditions », a ajouté un autre courtier allemand.
« Les bruits de couloir suggèrent qu’environ 4 à 6 millions de tonnes pourraient être concernées au total pour la Russie et l’Ukraine dans les premières phases. »
Mais avec l’arrivée des récoltes dans les régions importatrices, notamment en Égypte, les acheteurs sont disposés à différer leurs achats et à attendre l’évolution de la situation, a-t-il ajouté. Le Maroc, premier marché d’exportation de la France pour le blé, maintiendra un droit de douane sur le blé tendre jusqu’au 31 août, prolongeant de fait l’arrêt des importations visant à protéger la récolte locale, ont déclaré jeudi les présidents de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL) et de la Fédération nationale de la minoterie (FNM).
Les autorités avaient instauré un droit de douane de 170 % du 1er juin au 31 juillet pour décourager les importations et donner la priorité à la commercialisation de la récolte locale.


