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Finances

Le « Gender Lens Investing » comme nouveau moteur de croissance financière au Maroc

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À l’heure où la finance durable mondiale se consolide, une nouvelle frontière stratégique émerge : le Gender Lens Investing (GLI), ou l’investissement avec une perspective de genre. Au Maroc, alors que le marché de la dette verte sature et reste concentré sur quelques acteurs publics, le GLI s’impose comme le levier de diversification idéal. Porté par un cadre réglementaire précurseur de l’AMMC dès 2021, ce mécanisme ne demande qu’à être pleinement activé par le secteur privé pour capter les capitaux internationaux et booster la performance économique nationale.

La finance durable mondiale traverse un changement de régime structurel. Après une phase d’expansion rapide, le marché mondial des obligations durables labellisées a atteint un encours cumulé de 7,25 trillions de dollars à fin mars 2026. Si les obligations vertes restent l’instrument dominant, le marché global entre désormais dans une phase de consolidation.

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Les projections de S&P Global Ratings tablent sur des émissions de l’ordre de 800 à 900 milliards de dollars pour l’année 2026. L’Europe devrait y conserver sa place de leader mondial, tandis que les États-Unis affichent un net ralentissement.

Dans cette nouvelle configuration, les pays émergents ne représentent encore que 15 % de l’encours mondial. Ce chiffre met en évidence un potentiel de rattrapage considérable pour les économies en développement, et plus particulièrement pour le Maroc, qui cherche à s’imposer comme le hub de la finance durable en Afrique.

Le paradoxe marocain : une maturité réglementaire face à un marché étroit

Le Maroc se distingue par un profil atypique : son cadre réglementaire est nettement plus mature que son marché transactionnel. L’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC) a joué un rôle de pionnier sur le continent. Dès 2016, elle publiait le premier guide africain sur les obligations vertes, complété ensuite par des directives sur les obligations sociales et durables, puis par un guide dédié aux Gender Bonds en 2021.

Pourtant, cette architecture alignée sur les meilleurs standards internationaux de l’ICMA (International Capital Market Association) contraste avec la modestie des volumes réels. À ce jour, le marché obligataire durable marocain totalise à peine plus de 7 Mds de DH. Ce montant est concentré autour d’un cercle très restreint de six émetteurs, principalement publics ou financiers :

  • Masen (Moroccan Agency for Sustainable Energy)
  • Bank of Africa (BOA)
  • Banque Centrale Populaire (BCP)
  • Al Omrane
  • ONCF (Office National des Chemins de Fer)
  • Casablanca Finance City (CFC)

Ce décalage est d’autant plus frappant que le marché financier global est dynamique. Les émissions obligataires globales au Maroc ont plus que doublé au cours de l’année 2025. Cette forte liquidité et cette dynamique de financement par le marché offrent un terrain historique pour relancer l’intérêt envers les instruments de dette durable.

L’accélération de 2026 : le rôle pivot des bailleurs de fonds

L’année 2026 confirme une accélération des flux de financement vert au Maroc. Cependant, cette dynamique reste fortement dépendante des bailleurs de fonds internationaux (SFI, BERD, AFD, KfW). Ces institutions multilatérales agissent comme des catalyseurs indispensables. Elles apportent les capitaux nécessaires, mais elles déploient surtout des mécanismes de réduction des risques (de-risking) essentiels pour rassurer et attirer les investisseurs privés locaux. Pour que le marché marocain passe à la vitesse supérieure, le relais doit désormais être pris par le secteur privé national (corporate).

Le « Gender Lens Investing » : prochain levier de croissance du marché marocain

Face à la saturation progressive des projets purement climatiques chez les grands émetteurs, le Gender Lens Investing (l’investissement intégrant une perspective de genre) s’impose comme une opportunité stratégique de diversification pour la place financière de Casablanca. (Avec BKGR)

 

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