Nisrine Iouzzi : « Port Dakhla Atlantique, un levier de transformation pour les provinces du Sud »

Intervenant lors du 8e Congrès mondial de CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis), en marge d’un panel sur la finance « se développer de manière durable en relevant les défis », Nisrine Iouzzi, directrice du port Dakhla Atlantique, a souligné le rôle stratégique que jouera ce projet dans la transformation économique des provinces du Sud et dans le renforcement des connexions entre le Maroc, l’Afrique et le reste du monde.
Elle a insisté sur le fait que le port Dakhla Atlantique ne doit pas être réduit à sa seule dimension maritime. « Le port Dakhla Atlantique n’est pas uniquement une infrastructure portuaire. C’est avant tout un écosystème logistique et industriel conçu pour accompagner le développement d’une région et créer de la valeur autour d’elle », a-t-elle déclaré.
Selon elle, le port constitue avant tout un outil de connexion entre les territoires et les marchés internationaux. « Le port est un lieu de passage entre la terre et la mer. Il permet d’acheminer les marchandises, de renforcer les échanges avec l’étranger et de connecter les territoires aux grandes routes commerciales mondiales », a-t-elle expliqué.
Un projet inscrit dans la Vision Royale pour l’Atlantique
Nisrine Iouzzi a rappelé que le projet s’inscrit dans le cadre du Nouveau Modèle de Développement des Provinces du Sud et dans les Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur de l’ouverture du Royaume sur son espace atlantique africain.
« Le port Dakhla Atlantique fait partie d’une vision stratégique plus large qui vise à renforcer l’intégration africaine, à favoriser les échanges économiques et à créer un véritable espace de coopération avec les pays du continent », a-t-elle affirmé.
Elle a souligné que cette infrastructure contribuera à la création d’emplois, au renforcement de la connectivité entre les provinces du Sud et les autres régions du Maroc, ainsi qu’au développement des échanges internationaux.
« Ce port a vocation à connecter tout un continent. Nous travaillons déjà sur la prospection de nouvelles lignes maritimes afin de créer de la valeur entre Dakhla Atlantique et les autres ports du monde, notamment ceux situés sur le continent américain », a-t-elle indiqué. Pour la responsable, l’impact du projet dépasse largement les frontières de la région de Dakhla-Oued Eddahab.
« Lorsque l’on crée un espace économique de cette ampleur, l’impact sur les territoires devient évident. Nous parlons d’un projet qui se connecte au présent, mais surtout au futur de toute une région », a-t-elle souligné.
Un levier de création de valeur et de compétitivité
La directrice du projet a également mis l’accent sur le potentiel économique du futur complexe portuaire. « Le développement régional passe par la création de valeur et par un impact socio-économique fort. Le port a précisément vocation à connecter les différents espaces économiques et à générer de nouvelles opportunités d’investissement », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé le rôle central du transport maritime dans l’économie nationale. « Plus de 98 % des échanges commerciaux du Maroc avec l’étranger transitent par voie maritime. Cela montre l’importance stratégique des infrastructures portuaires pour la compétitivité du Royaume », a-t-elle indiqué.
Le futur port disposera d’une capacité supérieure à 41 millions de tonnes et sera accompagné d’une vaste zone logistique et industrielle de 1.650 hectares. Cet espace accueillera les activités logistiques, industrielles et de transformation destinées à renforcer l’attractivité économique de la région et son intégration dans les chaînes de valeur internationales.
Un port intelligent, durable et tourné vers l’avenir
Abordant les caractéristiques techniques du projet, Nisrine Iouzzi a expliqué que le port Dakhla Atlantique s’inscrit dans la stratégie portuaire nationale à l’horizon 2030 et répond aux standards des ports de nouvelle génération.
« Aujourd’hui, nous concevons des ports dans un contexte marqué par la transition numérique, la durabilité environnementale et la nécessité de renforcer la résilience des infrastructures », a-t-elle expliqué.
Selon elle, les ports de demain devront être à la fois « smart, green et compétitifs ». « Les grands ports internationaux évoluent vers des modèles de plus en plus digitalisés et durables. Le port Dakhla Atlantique a été pensé dès le départ dans cette logique », a-t-elle précisé.
La responsable a également mis en avant la place centrale de l’intelligence artificielle dans le projet. Dès la phase de construction, des outils numériques sont déployés pour assurer le suivi des travaux, le contrôle de la qualité des ouvrages et la gestion collaborative des plans d’exécution.
L’exploitation de l’intelligence artificielle permet également d’améliorer le respect des normes d’hygiène, de sécurité et d’environnement grâce à l’analyse des images et des données du chantier.
À terme, ces technologies seront utilisées dans la gestion des équipements portuaires, la manutention des marchandises et le contrôle de la sécurité.
« Notre ambition est de faire du port Dakhla Atlantique une plateforme d’utilisation et de développement de solutions d’intelligence artificielle au service de la performance opérationnelle, dans le respect des principes éthiques et en complément de l’intelligence humaine », a-t-elle affirmé.
Renforcer le positionnement maritime du Maroc
Enfin, la directrice du port Dakhla Atlantique a insisté sur l’importance de doter le Royaume d’infrastructures capables de rivaliser avec les meilleures plateformes portuaires mondiales.
« Le transport maritime est un marché ouvert où la compétitivité est déterminante. Pour attirer les flux internationaux, il faut disposer de ports performants, profonds et capables d’offrir des services aux standards internationaux », a-t-elle conclu.
À travers le port Dakhla Atlantique, le Maroc ambitionne ainsi de se doter d’une plateforme logistique, industrielle et technologique de nouvelle génération, appelée à jouer un rôle central dans le développement des provinces du Sud, l’intégration économique africaine, le renforcement des échanges transatlantiques et le rayonnement maritime du Royaume.


