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Finances

Finance au service des territoires : Khalid Safir plaide pour une nouvelle architecture financière

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À l’occasion du 8e Congrès mondial de CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis), Khalid Safir, Directeur Général de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), a appelé à une profonde refonte de l’architecture financière internationale afin de mieux répondre aux défis de la transition verte et du développement territorial.

Intervenant lors d’une session consacrée à la question « Quelle architecture financière pour la transition verte ? », le DG de la CDG a souligné que les enjeux climatiques, économiques et sociaux se matérialisent désormais avant tout dans les territoires.

« Pendant longtemps, les débats sur l’architecture financière internationale se sont concentrés sur les États, les marchés financiers et les grandes institutions multilatérales. Or, les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui se manifestent d’abord dans les territoires », a-t-il déclaré.

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Pour Khalid Safir, les villes et les régions sont devenues les premiers espaces où se mesurent les effets du changement climatique, où se créent les emplois et où se concentrent les besoins en infrastructures, en mobilité, en eau, en énergie, en logement et en services publics.

« Les grands enjeux globaux sont devenus des réalités territoriales. Si les territoires sont devenus les lieux où se concentrent les défis, ils doivent également devenir les lieux où se concentrent les solutions », a-t-il affirmé.

Des besoins croissants face à des ressources sous pression

Le Directeur Général de la CDG a rappelé que les besoins de financement liés à la transition climatique, à l’adaptation, à la résilience des villes et à la croissance inclusive ne cessent de croître, alors même que les ressources publiques demeurent sous pression dans de nombreux pays.

Dans ce contexte, il estime indispensable de repenser les mécanismes financiers nationaux et internationaux.

« La question n’est plus seulement de mobiliser davantage de capitaux. Elle consiste aussi à créer davantage de valeur économique, sociale et environnementale dans les territoires », a-t-il souligné.

Selon lui, le paysage financier international connaît actuellement une mutation profonde, marquée notamment par l’émergence de nouveaux acteurs financiers, le développement rapide de la finance climatique, la montée en puissance des fonds souverains et les réformes engagées au sein des banques multilatérales de développement.

Ces évolutions constituent, selon lui, « une opportunité historique de construire une architecture financière plus proche des réalités locales ».

Financer les transitions plutôt que les seuls actifs

Pour Khalid Safir, la nouvelle architecture financière doit permettre d’accompagner les transformations structurelles des territoires. « Nous avons besoin d’une architecture financière capable de financer les transitions plutôt que de simplement financer les actifs, de prendre davantage de risques pour accélérer les transformations et de mobiliser le capital privé au service de l’intérêt général », a-t-il indiqué.

Il a toutefois insisté sur le fait que la transition verte ne peut être imposée depuis les seules institutions internationales. « La transition verte ne se décrète pas depuis le siège des institutions internationales. Elle se construit territoire par territoire, projet par projet », a-t-il déclaré.

D’où l’importance, selon lui, d’associer pleinement les collectivités territoriales, les agences de développement, les banques publiques d’investissement et les investisseurs institutionnels à la conception et au financement des projets de transition.

L’expérience marocaine mise en avant

Khalid Safir a également mis en lumière l’expérience du Maroc, qu’il considère comme particulièrement pertinente dans ce débat.

Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume a engagé depuis plusieurs années une transformation profonde fondée notamment sur la régionalisation avancée.

« Cette vision repose sur une idée forte : le développement durable ne peut être pensé indépendamment des territoires », a-t-il rappelé.

Cette orientation s’est traduite par d’importants investissements dans les infrastructures stratégiques, les zones industrielles, les ports, les réseaux de mobilité et les services publics.

Le DG de la CDG a également souligné la crédibilité financière dont bénéficie aujourd’hui le Maroc auprès des investisseurs internationaux.

« Les émissions souveraines du Royaume sur les marchés internationaux sont régulièrement largement souscrites. Les grandes banques multilatérales de développement continuent d’accompagner les projets structurants du pays et les investisseurs internationaux maintiennent leur confiance dans les fondamentaux de l’économie marocaine », a-t-il affirmé.

Repenser les mécanismes de financement

Pour autant, cette confiance doit désormais être transformée en investissements à fort impact territorial. « Le véritable défi consiste à transformer cette confiance financière en investissements qui produisent un impact concret sur les territoires », a estimé Khalid Safir.

Parmi les questions clés à traiter figurent l’amélioration de l’articulation entre financements internationaux et priorités territoriales, l’accélération des mécanismes de blended finance, le partage des risques entre acteurs publics et privés ou encore le financement d’écosystèmes territoriaux durables.

« Nous devons financer non seulement des infrastructures vertes, mais aussi des écosystèmes territoriaux durables capables de générer une croissance inclusive et résiliente », a-t-il insisté.

Une coopération fondée sur la co-construction

Le DG de la CDG a enfin plaidé pour une évolution de la coopération internationale. « La coopération ne doit plus être perçue comme un simple mécanisme d’assistance. Elle doit devenir un mécanisme de co-construction permettant de partager les risques, les expertises et les capacités d’investissement », a-t-il déclaré.

Dans cette perspective, la CDG participe activement à plusieurs initiatives internationales réunissant banques de développement, institutions financières publiques et investisseurs institutionnels, notamment afin de favoriser une meilleure mobilisation des capitaux au profit des territoires.

« En tant qu’investisseur institutionnel de long terme, notre rôle est de construire des passerelles entre les besoins de financement des territoires et les grandes priorités de développement à l’échelle mondiale », a conclu Khalid Safir.

Pour le Directeur Général de la CDG, les territoires ne sont plus seulement les bénéficiaires des politiques de développement : ils sont désormais appelés à devenir les principaux moteurs de la transition verte et du développement durable.

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