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Chronique

Marketing public responsable : une nécessité stratégique pour le Maroc

mariyam el idrissi low cost marketing public

Le Maroc est engagé dans une transformation administrative profonde et réforme structurelle et adopte progressivement les codes du marketing moderne: accélération de la digitalisation, simplification des procédures et des parcours usagers, modernisation des services et de ses modes de communication, présence accrue sur les réseaux sociaux, branding institutionnel…

Cette transition offre une opportunité unique d’intégrer dès maintenant une culture de marketing public responsable, et de développer un modèle hybride : une administration performante sans être mercantile, efficace sans être déshumanisée. A ce sujet, une question centrale émerge: jusqu’où le secteur public peut-il s’inspirer du privé sans dénaturer sa vocation ?

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Le marketing n’est pas considéré comme un outil d’image mais bien un outil de clarté, d’accessibilité, de transparence et de confiance, il peut renforcer durablement la relation entre citoyens et institutions.

Dans l’imaginaire collectif, le marketing évoque la vente, la persuasion, la performance commerciale. Pourtant, appliqué au secteur public, il prend une dimension bien plus structurante : celle de la responsabilité.

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Du client vers le citoyen/usager

Dans le secteur privé, la relation repose sur un choix volontaire : le client peut partir. La concurrence impose excellence et réactivité. Le marketing vise à capter et fidéliser.

Dans le service public, la relation est structurelle. Le citoyen ne choisit pas son administration. Il y est lié par un contrat social, non commercial. La logique dominante n’est pas la rentabilité, mais l’équité, l’accessibilité et l’intérêt général.

Importer mécaniquement les méthodes du privé pourrait créer un risque de réduire l’action publique à une logique de performance chiffrée, au détriment de sa mission sociale.

La question n’est donc pas de “faire comme le privé”, mais de comprendre ce qui est transférable. 

Le marketing public n’est pas un marketing commercial

Dans le secteur privé, le marketing vise principalement la croissance, la part de marché et la rentabilité. Même lorsqu’il adopte une posture éthique ou RSE, sa finalité reste économique.

Le marketing public, lui, poursuit une mission d’intérêt général. Il ne cherche pas à vendre un produit, mais à faciliter l’accès à un droit, à encourager un comportement citoyen ou à renforcer la confiance institutionnelle. Cette différence change tout.

Certaines pratiques doivent rester spécifiques au secteur privé, comme la recherche de rentabilité comme finalité, L’exclusion implicite des segments “non rentables”, La logique purement concurrentielle, et L’obsession du court terme.

Le service public marocain opère dans un contexte d’inégalités sociales, territoriales et économiques. Sa mission exige inclusion et stabilité. Le marketing doit y être un outil d’amélioration, pas une transformation identitaire.

Le marketing public marocain doit être centré sur l’intérêt général, Orienté transparence, Fondé sur la confiance, Mesuré par l’impact social plutôt que par la performance financière. Plutôt qu’une imitation du secteur privé, il faudrait parler d’adaptation, donc, la modernisation de l’administration ne signifie pas sa marchandisation. Le marketing public responsable mesure l’impact social, pas seulement l’efficacité opérationnelle.

Par El Idrissi Mariyam,

Docteure en Marketing,

et Enseignante chercheure en Marketing à l’ISGA, Edvantis Higher Education Group

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