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Economie

Le Maroc placera la santé et l’éducation au coeur du budget 2026, selon la ministre des Finances

Maroc

Il existe une marge de manoeuvre budgétaire permettant de reclasser les priorités des prochains projets, notamment en mettant en service des hôpitaux locaux pour éviter que la population n’ait à parcourir de longues distances pour se faire soigner.

Le Maroc ajustera son prochain budget afin de donner la priorité aux dépenses de santé et d’éducation, tout en allouant des fonds supplémentaires pour réduire les inégalités régionales, a déclaré la ministre des Finances, Nadia Fettah Alaoui, à Reuters.

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Ces dernières semaines, des manifestations menées par la jeunesse se sont propagées à travers le royaume, révélant une colère profonde face à la pauvreté et aux services publics, en contraste avec les projets d’infrastructures ambitieux et l’ouverture de stades modernes en vue de la Coupe du monde de la FIFA 2030.

« Ce que nous avons entendu des protestations de la jeunesse, c’est qu’ils veulent une meilleure éducation et une meilleure santé », a affirmé Fettah plus tôt cette semaine, en marge des réunions annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington.

La ministre a précisé que le gouvernement consacre un peu moins de 9 % du PIB à ces deux secteurs, et que les autorités devront améliorer leur communication sur les actions réellement menées.

Elle a ajouté qu’il existe une marge de manoeuvre budgétaire permettant de reclasser les priorités des prochains projets, notamment en mettant en service des hôpitaux locaux pour éviter que la population n’ait à parcourir de longues distances pour se faire soigner.

« Nous allons réallouer pour des gains rapides à court terme, car les citoyens ne peuvent pas attendre que la réforme prenne effet », a-t-elle précisé, ajoutant que les détails exacts ne pourraient être communiqués avant la présentation du budget au parlement. Ce dernier est généralement présenté et débattu après la fin du mois d’octobre. Le budget comprendra également des mesures pour soutenir l’initiative du roi Mohammed VI visant à réduire les inégalités régionales, en accordant une attention particulière aux régions montagneuses et aux oasis, a souligné la ministre.

Ce dispositif impliquera « probablement des fonds supplémentaires, mais avec une coordination bien plus efficace, sans pour autant compromettre les équilibres macroéconomiques », a-t-elle assuré.

Interrogée sur les perspectives du régime de change du Maroc, la ministre a indiqué que son département lancerait d’abord un ciblage de l’inflation à moyen terme, avec une annonce de l’objectif prévue fin 2026 ou début 2027, qui devrait se situer entre 2 % et 3 %.

Actuellement, le Maroc publie son objectif d’inflation uniquement sur une base annuelle, sans projection à plus long terme.

« La libéralisation du dirham constitue une autre étape », a-t-elle expliqué, précisant que les petites et moyennes entreprises du pays n’étaient pas encore prêtes pour cette évolution.

« Elles ne sont pas préparées – les grandes entreprises le sont. Le secteur financier peut s’exposer, mais il nous faut encore préparer les plus petites structures à cette transition. »

Le dirham est indexé sur un panier composé à 60 % de l’euro et à 40 % du dollar américain, mais il est autorisé depuis 2018 à fluctuer dans une bande de 2,5 % de part et d’autre.

Interrogée sur les émissions de dette internationale, la ministre a indiqué que le gouvernement n’avait pas l’intention immédiate de retourner sur les marchés, bien qu’elle s’attende à ce que le Maroc reste un émetteur régulier.

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