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Édito

Mondial 2026 : le foot face au poison des réseaux

football

Contrairement aux idées reçues, le sport ne guérit pas les maux du monde, encore moins le foot, il en devient trop souvent le miroir grossissant. Alors que la Coupe du Monde 2026 bat son plein, le spectacle grandiose offert sur les pelouses américaines est lourdement entaché par le déferlement de propos haineux numériques qui opposent, sur les réseaux sociaux, supporters arabes et africains.

Ce poison en ligne n’est pas une anomalie isolée, mais le symptôme d’un mal global. Des millions de messages haineux interceptés par la FIFA rappellent que le racisme et le chauvinisme n’ont pas de frontières. Toutefois, la fracture observée au sein du football africain résonne de manière particulièrement douloureuse. Elle transforme la saine rivalité pour la suprématie sportive continentale en un exutoire xénophobe, exacerbé par des tensions géopolitiques bien réelles que le rectangle vert ne suffit plus à apaiser.

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A travers ces quelques lignes, on ne peut passer sous silence la haine des Algériens envers les Marocains. Elle fait référence à un sentiment de frustration collective et de ressentiment alimenté par le contraste entre la trajectoire ascendante du Maroc et le sentiment d’enlisement en Algérie. Cette dynamique psychologique et sociale s’observe de manière spectaculaire et particulière à travers le football. Elle s’est encore exacerbée lors de la Coupe du Monde 2026, suite à la déroute de l’Algérie face à l’Argentine (3-0) alors que le Maroc enchaînait les succès.

Pis encore, en verrouillant l’espace médiatique par des décrets de censure, le régime algérien tente de masquer le fossé qui sépare ses slogans nationalistes de la réalité du terrain. Toutefois, à l’ère des réseaux sociaux et de l’information mondialisée, cette stratégie s’avère vaine voire stérile.

Face à cette toxicité, le football doit cesser d’être un amplificateur de haine pour redevenir ce qu’il a toujours été : un vecteur d’émancipation et d’unité. Les nouveaux outils de modération et les gestes de protestation symboliques introduits par la FIFA sur le terrain sont des réponses nécessaires, mais ils resteront insuffisants sans une prise de conscience collective.

Les supporters, les influenceurs, les plateformes et les instances doivent urgemment siffler la fin de la récréation numérique pour que la Coupe du Monde redevienne une fête universelle, et non le déversoir de nos fractures identitaires.

En définitive, la Coupe du Monde 2026 démontre à son tour que le football ne peut plus faire fi des réalités géopolitiques et de la violence numérique qui le parasitent en coulisses.

Pour que le rectangle vert redevienne un espace d’émancipation et de cohésion, la réponse ne pourra pas être uniquement technique ou de la part de la FIFA. Elle imposera une prise de conscience collective des supporters et une désescalade politique, afin que le sport roi cesse d’être le miroir grossissant des ressentiments nationaux.

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