Moyen-Orient et Afrique du Nord : croissance modeste du PIB selon le FMI et la Banque mondiale

Les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale viennent de s’achever avec la publication de plusieurs rapports sur les perspectives économiques de l’Afrique. De façon globale, pour le FMI, la croissance mondiale devrait rester stable mais décevante. Dans les pays émergents et les pays en développement, les perturbations de la production et du transport des produits de base, les conflits, les troubles sociaux et des phénomènes météorologiques extrêmes ont entraîné des révisions à la baisse des perspectives.
D’après les prévisions de la 30e édition du rapport économique semestriel de la Banque mondiale sur la situation économique de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), on note une croissance modeste du PIB régional pour 2024, qui devrait s’établir à 2,2 % (contre un taux de 1,8 % en 2023), dans un contexte d’incertitude croissante.
Une légère hausse principalement due aux pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Cette édition semestrielle du rapport consacre un chapitre aux répercussions économiques des conflits sur l’économie en mettant en évidence que le PIB par habitant des pays de la région MENA touchés par un conflit aurait pu être en moyenne 45 % plus élevé sept ans après le début du conflit. « La paix et la stabilité sont des piliers essentiels au développement durable« , a confirmé Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
La croissance des pays importateurs de pétrole devrait passer de 3,2 % en 2023 à 2,1 % en 2024, tandis que celle des pays exportateurs de pétrole hors CCG devrait reculer de 3,2 % à 2,7 %. Le rapport met également en lumière les principales opportunités permettant aux pays d’accélérer rapidement la croissance inclusive en intensifiant les réformes. Parmi ces priorités figurent la nécessité de rééquilibrer le rôle des secteurs public et privé, de mieux répartir les talents sur le marché du travail, de réduire les écarts entre les sexes et de promouvoir l’innovation.
» Malgré une nette amélioration des niveaux d’éducation au cours des 50 dernières années, le taux d’activité des femmes au Moyen Orient et en Afrique du Nord reste le plus faible au monde, à seulement 19 %. Combler les écarts entre les sexes en matière d’emploi pourrait entraîner une augmentation significative de 51 % du revenu par habitant dans un pays moyen de la région MENA. Pour que les économies prospèrent, les femmes doivent être incluses« , indique le rapport qui souligne que la région MENA peut également stimuler sa croissance en tirant parti des avancées mondiales en matière de savoir et de technologie.
