Notation du Maroc : que retenir du dernier rapport de S&P ?

Ecrit par Imane Bouhrara I
L’agence de notation S&P Global Ratings a maintenu à « Positive » la « Perspective » des notes « BB+/B » de la dette à long terme et à court terme en devises et en monnaie locale du Maroc. Bien sur les prévisions de croissance ont été révisées à la baisse, le rapport relève des perspectives plutôt prometteuses. Détails.
Dans son rapport d’évaluation, S&P Global Ratings souligne que « les réformes économiques en cours devraient progressivement engendrer une croissance plus inclusive au Maroc » et que « la poursuite de la mise en œuvre des réformes socio-économiques et budgétaires contribueront à davantage de formalisation de l’économie pour la rendre plus compétitive ». Et d’ajouter, que « le Maroc est resté assez résilient face à plusieurs chocs, tout en maintenant l’accès aux financement extérieur ».
S&P Global Ratings a également réitéré son appréciation faite en mars dernier stipulant que « La perspective positivereflète nos attentes selon lesquelles le Maroc s’appuiera sur son récent bilan de mise en œuvre des réformes socio-économiques et budgétaires, ouvrant ainsi la voie à une croissance inclusive et une réduction des déficits budgétaires ».
Dans son rapport, l’agence souligne également que « la croissance économique a atteint 3,4 % en 2023, meilleure que nos prévisions établies à 3,1 % lors de notre revue publiée en mars 2024 » et que l’évolution actuelle de la structure de l’économie marocaine renforcera les perspectives de croissance et la stabilité économique. Et d’ajouter, qu’une série de réformes favorables au climat des affaires sont mises en place visant la modernisation du cadre juridique, institutionnel et réglementaire, tout en donnant la priorité aux investissements dans les secteurs de l’eau et l’énergie.
Côté finances publiques, l’agence précise que le déficit budgétaire du gouvernement général devrait se réduire progressivement à 4,2% du PIB en 2024, contre 4,4% en 2023, puis converger à 3% en 2027.
Tablant sur un taux d’inflation de 1,5 % en 2024, S&P Global Ratings précise que le régime de change actuel limite la flexibilité de la politique monétaire mais constitue un point d’ancrage pour la stabilité. L’agence souligne également que le secteur bancaire marocain a une capitalisation modérée et il est peu probable qu’il pose des risques importants pour l’économie dans son ensemble.
L’agence souligne, par ailleurs, qu’en février 2023, le Maroc a été retiré de la liste grise du GAFI grâce aux progrès réalisés dans l’amélioration de son régime de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. « Nous pensons que ceci pourrait renforcer la capacité des banques marocaines à s’engager dans des opérations de financement du commerce avec des banques internationales, notamment en Europe, le principal partenaire commercial du Maroc », précise l’agence dans son rapport.
En termes de perspectives, S&P Global Ratings estime que l’économie marocaine bénéficiera progressivement de l’augmentation de sa capacité d’exportation, de la mise en œuvre des réformes socio-économiques et du développement de grands projets d’investissement dans le cadre de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations en 2025 et de la Coupe du monde de football en 2030.
Dans ce rapport, l’agence précise également que le Gouvernement a entrepris une profonde réforme du secteur des Etablissements et Entreprises Publics qui devrait réduire la charge financière et les risques éventuels sur le budget ainsi que les distorsions qui empêcheraient la neutralité du marché et ce, pour un meilleur développement du secteur privé.
Concernant l’endettement, S&P Global Ratings précise que la dette du gouvernement général restera à environ 65 % du PIB d’ici 2027, un niveau similaire à celui prévu en 2024 et que l’exposition du Maroc au risque de refinancement et au risque de change est relativement limité. Et d’ajouter, que « le Maroc a maintenu son accès aux financements extérieurs et intérieurs malgré une série des défis mondiaux, régionaux et locaux ces dernières années. Il s’agit notamment de l’explosion des prix de l’énergie et des denrées alimentaires liés à la guerre russo-ukrainienne, à la pandémie de COVID-19 et aux multiples années de sécheresse ».
Pour ce qui est des Investissements Directs Etrangers, S&P Global Ratings table sur une augmentation de leurs flux dans les années à venir en raison de la mise en œuvre des réformes économiques structurelles rendant le Maroc de plus en plus attractif et rappelle, par ailleurs, l’émission réussie lancée par le Maroc sur le marché financier international en 2023.
