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Economie

Notation du Maroc : la confiance des marchés internationaux restera-t-elle intacte ?

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Derrière l’arbitrage politique des 20 milliards de dirhams de rallonge budgétaire se joue un enjeu invisible mais crucial pour le Trésor public : la réputation financière du Maroc à l’international. Depuis plusieurs trimestres, Rabat ne cache pas son ambition de basculer dans la catégorie reine des émetteurs obligataires, l’« Investment Grade » (catégorie investissement), auprès des agences Standard & Poor’s (S&P) et Fitch Ratings.

Ce statut permettrait au Royaume d’emprunter sur les marchés mondiaux à des taux d’intérêt nettement plus bas.

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L’équation de 2026 complique toutefois ce calendrier, car les agences de notation évaluent la solidité d’un État selon trois critères stricts, aujourd’hui bousculés par la crise :

  • La rigidité budgétaire : Avec une masse salariale (10,6 % du PIB) et des dépenses de biens et services (7 % du PIB) incompressibles, près de 18 % de la richesse nationale sont figés dans le fonctionnement courant de l’Administration. Pour les analystes de Wall Street, ce manque de flexibilité réduit la capacité du pays à absorber des chocs sans émettre de la nouvelle dette.
  • Le retour des subventions d’équilibre : Le bond de la Caisse de compensation à 1,2 % du PIB et le renflouement financier de l’ONEE rappellent la vulnérabilité des comptes publics marocains face à la volatilité du dollar et des matières premières (comme le gaz butane au-delà des 500 dollars la tonne).
  • La soutenabilité de la dette : Si les dépenses globales culminent à 28,1 % du PIB en 2026, la trajectoire baissière promise par le gouvernement (un reflux à 26,9 % en 2027) est le véritable gage donné aux marchés. C’est cette discipline de moyen terme qui maintient, pour l’instant, la confiance des bailleurs de fonds.

Le Maroc n’est pas sanctionné, mais il est placé sous surveillance implicite. Les agences de notation tolèrent ce pic de dépenses exceptionnel à condition qu’il reste une parenthèse temporaire. Une prolongation des tensions géopolitiques au Moyen-Orient au-delà de 2026 forcerait l’État à de nouveaux arbitrages pour éviter une dégradation de sa perspective souveraine.

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