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Édito

Nouveau rating du Maroc : quid des risques associés ?

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Ecrit par Soubha Es-Siari I

Le rating ne doit pas être cette poudre aux yeux menant à une exubérance irrationnelle. Certes, les gouvernements peuvent se sentir à l’abri de toute tempête grâce à une bonne évaluation mais ils sont parfois moins enclins à maintenir une discipline financière stricte. Cela risque même de conduire à des dérapages budgétaires.

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L’attribution d’un nouveau rating par une agence de notation notamment lorsqu’il s’agit d’une amélioration soulève des questions importantes quant à ses implications à court et long terme. En effet si l’impact est perceptible sur les marchés, les implications sur les indicateurs marcoéconomiques restent des sujets préoccupants.

Bien qu’elles jouent un rôle important dans l’économie mondiale en produisant des appréciations de la solvabilité des emprunteurs, elles sont pointées du doigt à multiples égards. On ne peut oublier les critiques acerbes envers les agences de notation qui n’ont pas vu venir les faillites des grandes banques lors de la crise financière de 2008. Leurs décisions peuvent parfois sembler infondées avec des conséquences redoutables pour des économies en difficulté.

Toutefois, malgré ces critiques leur influence reste prépondérante dans la mesure où les pays seraient astreints à maintenir des politiques économiques et fiscales en vue de redorer leur blason auprès de ces institutions.

L’annonce récente par Standard & Poor’s de l’élévation du rating du Maroc au statut  » Investment Grade » représente un évènement important pour l’économie nationale. Elle se traduit par une reconnaissance de la résilience et de la stabilité financière même face à des enjeux économiques globaux significatifs. Entre autres critères retenus pour cette réévaluation, on cite la performance économique globale du pays, la gestion de la dette publique, ainsi que les réformes structurelles et budgétaires entreprises par le gouvernement.

Outre les réformes socio-économiques entreprises et particulièrement valorisées par les agences de notation, le Royaume a montré une capacité à maintenir un accès au financement intérieur et extérieur, ce qui est un indicateur de confiance pour les investisseurs.  Comme il est rappelé par les institutions de Bretton Woods.

Tout en reconnaissant ces efforts, anticipent que le pays pourrait maintenir ou même améliorer cette note à l’avenir, si les tendances positives en matière de réformes et de gestion économique continuent, les agences rappellent à chaque fois que les prévisions économiques peuvent changer ( si les conditions externes, telles que les fluctuations des taux d’intérêt internationaux ou les conflits régionaux apparaissent).

Comme l’ont si bien expliqué les conjoncturistes, l’un des principaux avantages d’un meilleur rating est la possibilité d’accroître les investissements dans des infrastructures de pointe et dans des secteurs à haute valeur ajoutée tels que le tourisme, l’automobile, l’aérospatiale, et les technologies de l’information. Cependant, les risques associés à une dépendance accrue à l’égard des marchés de capitaux internationaux doivent être soigneusement gérés.  Et pour cause : une volatilité accrue sur ces marchés pourrait affecter les conditions de financement et, par extension, l’économie. Ce, d’autant plus qu’une gestion inadéquate de la dette pourrait conduire à des déséquilibres macroéconomiques, exacerbant la vulnérabilité du pays aux chocs externes. L’enjeu est que la dette doit être gérée à bon escient. Autrement dit, les prêts doivent être orientés vers des projets qui génèrent des retours économiques suffisants pour couvrir leurs coûts de financement.

Aussi et comme on n’a eu de cesse de le dire, la durabilité à long terme des finances publiques dépendra également de l’élargissement de l’assiette fiscale pour une collecte équitable des impôts.

Pour faire simple, le rating ne doit pas être cette poudre aux yeux menant à une exubérance irrationnelle. Les gouvernements peuvent se sentir à l’abri de toute tempête grâce à une bonne évaluation et donc moins enclins à maintenir une discipline financière stricte. Cela peut conduire à des dérapages budgétaires.

Pour mieux contrer ce risque notamment dans un contexte très volatil, il est impératif de continuer à renforcer les cadres de gouvernance économique et de surveillance financière, assurant ainsi que toute nouvelle dette est contractée de manière judicieuse et que les dépenses sont alignées avec des objectifs de développement durable à long terme.

La confiance excessive est une arme à double tranchant. Elle peut affecter les emprunteurs mais également les prêteurs et investisseurs, qui amadoués par un « bon rating », pourraient négliger une évaluation rigoureuse des projets qu’ils financent.

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