PLF 2026, les entités publiques en souffrance ont droit à l’euthanasie !

Ecrit par Houssifi El Houssaine I
Ne vous approchez pas du rapport sur les établissements publics faisant corps avec le PLF 2026. L’odeur de la putrescine éclabousse le nez. En effet, il renferme plusieurs cadavres en état avancé de putréfaction. Les corps commencement à se bousculer à la morgue. On n’y compte pas moins de quinze établissements publics, trente et une sociétés mixtes, vingt-huit filiales publiques et seize sociétés d’Etat.
Les réfrigérateurs mortuaires s’apprêtent également à recevoir les corps de onze régies de distribution qui ont avalé leurs bulletins de naissance consécutivement à la création des sociétés régionales multi-services. Ça se bouscule au portillon ! Hormis l’OCE, considéré en état de coma végétatif, puisque son cœur continue à pomper les subventions de l’Etat (8,8 millions de dirhams en 2024), les autres sont dans un état de mort cérébrale.
Honorer les morts, c’est les enterrer ! Mais pourquoi toute cette attente ? Le gouvernement attend-il le prononcé du médecin légiste après avoir fait parler les corps. Nous savons tous que le médecin légiste sait tout, mais il est trop tard. Ces établissements vont sûrement emporter leurs secrets dans leurs tombes. D’ailleurs la réédition des comptes, pour bon nombres d’entre eux, n’est plus d’actualité. La prescription a déjà fait ses effets.
Il n’est pas non plus écarté que le gouvernement soit frappé du syndrome de la syllogomanie. Il s’agit d’un trouble de comportement caractérisé par le désir compulsif de stocker des objets inutiles ou des déchets. Ou encore, le gouvernement est un adepte de « oublier le passé, c’est se condamner à le revivre ». Les souvenirs de l’échec sont encore vivaces dans l’esprit et doivent y demeurer pour ne pas réitérer les mêmes erreurs, mais vraiment c’est de l’auto-torture.
Il parait que le gouvernement maitrise bien comment donner naissance à des entités publiques mais perd le nord quand il est question d’y mettre un terme. Sur ce sujet, il ne peut demeurer muet comme une tombe. Il doit prendre son courage à deux mains pour mettre en place un cadre juridique, des instances et des outils pour inhumer ces établissements. Pour l’aider à faire son deuil, il aura droit à prononcer une oraison funèbre.
Pour ce faire, il est temps de ressusciter une étude, déjà engagée par le ministère, qui semble-t-il est entrée dans l’hibernation. Ça fait des lustres, qu’elle a été lancée, et ses résultats tardent à sortir de l’ombre. Il semble que cette étude est frappée d’une malédiction intentionnelle ou non-intentionnelle. Que sais-je !
Dans une autre vie, cette étude devrait rénover le cadre réglementaire encadrant les opérations de liquidation, en supprimant les obstacles qui freinent leur mise en œuvre. Elle devrait proposer une réforme devant prévoir également l’unification du référentiel de contrôle financier des EEP, l’harmonisation des règles de nomination et de rémunération, ainsi que la professionnalisation du rôle des liquidateurs. L’étude était également attendue sur les conditions de déploiement des opérations de liquidation par l’intermédiaire d’une instance centrale dédiée.
Il est temps que le gouvernement se sépare de son penchant populationniste en effectuant un assainissement et un apurement de la situation de ces entités mortes-vivantes.
Qu’est ce qu’il est collant ce gouvernement ! Combien il est possessif ! ainsi murmurent ces entités dans leur profond sommeil.
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