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Economie Nationale

PME marocaines : défi de la compétitivité et environnement hautement concurrentiel

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Trois PME sur 5 estiment que la saturation des marchés est le principal frein à leur croissance. Près d’1 PME sur 2 (47%)  est contrainte par un accès au financement limité pour son développement à l’international. Plus d’1 PME sur 2 estime faire face à d’importantes difficultés logistiques et structurelles pour s’intégrer aux chaînes de valeurs internationales. Radioscopie avec Trade & Competitiveness Programmedéveloppé par la BEI et cofinancé par l’UE, répond aux enjeux des PME marocaines.

À l’occasion de la Journée mondiale des Petites et Moyennes Entreprises (PME), une enquête inédite conduite par la Banque européenne d’investissement intitulée Enquête BEI : Panorama des PME au Maroc en 2025, développée sous le Trade & Competitiveness Programme, cofinancé par l’UE, lève le voile sur les défis actuels auxquels font face les petites et moyennes entreprises marocaines. 
Menée auprès de 150 dirigeants de PME opérant dans les principales chaînes de valeurs exportatrices – automobile, agroalimentaire, textile – l’enquête offre un éclairage précieux sur les freins à leur compétitivité et à leur capacité à exporter.

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Représentant 40 % du PIB national, le poids des PME dans l’économie marocaine n’est plus à démontrer. Si leur résilience et l’émergence de l’entrepreneuriat féminin constituent de véritables leviers de dynamisme, des défis majeurs subsistent, notamment en matière de compétitivité internationale et d’accès aux marchés mondiaux.

Selon les chefs d’entreprise interrogés, la croissance de leur activité et, par extension, leur capacité à exporter, est freinée par deux obstacles principaux. D’une part, le besoin de financement, indispensable pour réunir le capital nécessaire à une stratégie d’internationalisation ; et d’autre part, de manière plus inattendue, la pression d’une concurrence accrue et la saturation de certains marchés, qui limitent leurs perspectives de développement à l’international.

Concurrence accrue et saturation des marchés : remettre la compétitivité au cœur du modèle

L’enquête révèle que la concurrence accrue constitue aujourd’hui le principal frein à la croissance des PME marocaines, citée par 28 % des répondants – devant l’accès au financement (17 %) et un capital limité (11 %). Dans un environnement marqué par des marchés saturés et une pression concurrentielle intense, la compétitivité des PME est mise à mal, rendant indispensable un accompagnement renforcé pour soutenir leur montée en puissance.

Lorsqu’il s’agit d’exporter, les difficultés se confirment : 3 PME sur 5 identifient la concurrence et la saturation des marchés comme les principaux obstacles à leur développement international. Ce constat souligne la nécessité de repositionner la compétitivité comme un axe stratégique, non seulement pour croître sur le marché domestique, mais aussi pour s’ouvrir durablement à l’international.

Comme le souligne un chef d’entreprise interrogé « La qualité et la différenciation des produits, l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales et l’accès à une information fiable sur les marchés sont essentiels pour construire une croissance durable à l’export. »

Afin de renforcer la compétitivité des entreprises marocaines sur les marchés européens et internationaux, le Trade and Competitiveness programme propose un accompagnement technique sous forme de sessions de formation. Ces sessions ont pour objectif de renforcer les capacités des PME en abordant des thématiques clés liées à l’exportation et à la transition verte, telles que les règles d’origine ou la décarbonation.

L’accès au financement : un levier stratégique encore hors de portée pour de nombreuses PME

La deuxième préoccupation majeure des PME marocaines concerne l’accès au financement, identifié comme un réel frein à leur croissance par 17 % des répondants, suivi du manque de capital (11 %), soit un total de 28% lié aux ressources financières.

Si 73 % des entreprises interrogées parviennent aujourd’hui à exporter – dont seulement 33% de façon régulière – 1 PME sur 5 reste encore en dehors des marchés internationaux, principalement en raison de capacités financières insuffisantes. En effet, près d’1 PME sur 2 estime que l’accès au financement constitue un obstacle au développement à l’international, soulignant la difficulté à investir dans la modernisation, l’innovation ou la mise en conformité avec les normes d’exportation.

Soucieux d’adresser les besoins réels des PME marocaines, le Trade and Competitiveness Programme (TCP) ne se limite pas uniquement au soutien technique dématérialisé mais il mets en place des outils tangibles en proposant des solutions de financement adaptées aux PME, au travers d’institutions bancaires locales, incluant des lignes de crédit spécifiques et des mécanismes avec garanties réduites, pour leur permettre de renforcer leur compétitivité dans un environnement mondial exigeant et de franchir ainsi le cap de l’internationalisation.

Des freins logistiques et commerciaux à l’exportation

Au-delà des problématiques de compétitivité et de financement, les PME marocaines font également face à d’importants obstacles logistiques et structurels à l’exportation. Plus de 55 % des dirigeants interrogés évoquent le coût élevé de la logistique, des procédures douanières et de conformité, tandis que 50 % soulignent la difficulté à identifier et établir des partenariats commerciaux à l’étranger. Ces défis limitent non seulement l’accès aux marchés internationaux, mais freinent aussi l’intégration des PME dans les chaînes de valeur mondiales.

En ce qui concerne les frais douaniers et les contraintes de conformité, de nombreuses PME évoquent des procédures complexes et un manque d’accompagnement dans la navigation des régulations internationales. 

Un gérant de PME a déclaré  que « Pour répondre à ces défis, il est essentiel de rationaliser les procédures d’exportation et de douane, notamment par le biais de plateformes numériques, tout en renforçant l’accompagnement des PME grâce à des dispositifs de formation et de soutien en matière de conformité et de respect des normes du commerce international. »

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