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Economie

Privatisation : après une année blanche, le PLF 2027 relancera-t-il le programme ?

Privatisation

Après une année 2025 sans aucune opération de privatisation, malgré 6 Mds de DH de recettes initialement prévues, le programme marocain reste en suspens. Alors que la réforme du cadre juridique se poursuit et que le PLF 2026 n’a prévu aucune recette de privatisation, le PLF 2027 pourrait constituer un nouveau tournant pour relancer, ou non, les opérations de cession du portefeuille public.

Le rapport d’activité 2025 de la DEPP confirme la mise en stand-by du programme de privatisation. Alors que la Loi de finances 2025 prévoyait 6 Mds de DH au titre des opérations de privatisation, aucune opération n’a finalement été réalisée. Après l’absence de nouvelles prévisions dans le PLF 2026, une question se pose désormais : le PLF 2027 ouvrira-t-il une nouvelle séquence ?

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Le constat dressé par la Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation (DEPP) est sans équivoque. La Loi de finances 2025 avait prévu 9 Mds de DH de recettes au titre des opérations de privatisation et de cession, dont 6 Mds de DH pour les privatisations et 3 Mds de DH pour les cessions d’actifs et opérations public-public.

Au terme de l’exercice, aucune opération de privatisation n’a été réalisée.

Cette situation prolonge une tendance observée depuis plusieurs années. La dernière opération majeure reste la cession, en 2024, de la participation de l’État dans La Mamounia, pour environ 1,7 Md de DH. Un montant qui reste largement inférieur aux ambitions affichées au titre du programme de privatisation comme nous l’avons déjà annoncé sur les colonnes de EcoActu.ma

Un programme en attente de nouveau cadre

Pour autant, le programme n’est pas officiellement abandonné. Plusieurs entreprises figurent toujours sur la liste des sociétés privatisables, notamment Marsa Maroc, Maroc Telecom, La Mamounia, l’Énergie Électrique de Tahaddart, BIOPHARMA et SONACOS.

Mais l’enjeu se situe désormais davantage au niveau du cadre juridique.

La loi-cadre n°50-21 relative à la réforme des EEP prévoit en effet une refonte du régime des privatisations afin de moderniser le dispositif existant et de mieux encadrer les opérations portant sur le capital et le portefeuille publics. Cette réforme doit notamment passer par l’amendement de la loi n°39-89.

Le rapport de la DEPP indique que 2025 a été marquée par la poursuite de l’examen de cette réforme du cadre juridique applicable aux opérations de privatisation, de capital et de portefeuille. « Les projets de textes législatifs et réglementaires ont été transmis par le cabinet juridique mandaté à cet effet, au MEF et à l’ANGSPE pour examen et avis », lit-on dans le rapport.

A ce titre, la DEPP a pris part à deux réunions, une tenue le 15 juillet 2025 du comité de suivi pour l’examen des projets de textes législatifs et réglementaires et l’autre le 23/07/2025 du comité de pilotage consacrée à la finalisation des projets de textes concernés.

La réforme du cadre juridique apparaît ainsi comme un préalable à une éventuelle relance du programme.

Le PLF 2027, nouveau rendez-vous ?

L’absence de nouvelles prévisions de recettes de privatisation dans le PLF 2026 avait marqué une rupture dans la trajectoire du programme. Elle intervenait alors que le nouveau régime juridique était encore en cours d’élaboration.

La question se pose désormais pour le PLF 2027 : le gouvernement choisira-t-il de prévoir des recettes issues de privatisations ou maintiendra-t-il une approche prudente tant que le nouveau cadre juridique ne sera pas finalisé ?

L’enjeu est d’autant plus important que l’État continue parallèlement à restructurer son portefeuille public. En 2025, la DEPP a accompagné la création de 11 filiales et 12 prises de participation, à travers 24 décrets notifiés.

Ce mouvement montre que la politique de gestion du portefeuille public ne se limite pas aux cessions. Elle passe également par la restructuration, la filialisation et la réorganisation des participations de l’État.

Après une année 2025 sans aucune opération de privatisation, le PLF 2027 pourrait ainsi constituer un nouveau test pour le programme. Reste à savoir si le nouveau cadre juridique permettra cette fois-ci de passer des intentions aux opérations concrètes.

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