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Economie

Recherche clinique : le Maroc veut produire sa propre innovation médicale

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La recherche clinique est un levier concret de souveraineté sanitaire. Elle permet au Maroc de  produire ses propres données, de mieux connaître ses patients, de renforcer l’accès aux traitements et  de consolider la confiance dans les médicaments innovants, génériques et biosimilaires.

La Fédération Marocaine de l’Industrie et de l’Innovation  Pharmaceutiques (FMIIP) a organisé, en partenariat avec ESHMOUN-Clinical Research CRO, un  symposium consacré à la recherche clinique, sous le thème : « La recherche clinique au service d’un  accès rapide aux médicaments innovants, génériques et biosimilaires ».

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Longtemps perçue comme un sujet technique, réservé aux laboratoires, aux hôpitaux universitaires  ou aux autorités réglementaires, la recherche clinique s’impose désormais comme un enjeu  stratégique pour le système de santé marocain. Elle permet de vérifier l’efficacité et la sécurité des  traitements, mais aussi de mieux comprendre les patients marocains, leurs besoins, leurs parcours de  soins et leurs réponses aux médicaments.

Dans un monde où l’innovation médicale progresse rapidement, les pays qui ne participent pas à la  production de données cliniques restent dépendants de connaissances produites ailleurs, dans  d’autres populations et d’autres contextes de soins. Pour le Maroc, l’enjeu est donc clair : ne pas  seulement consommer l’innovation médicale, mais contribuer à la produire, à l’évaluer et à l’adapter  aux réalités nationales.

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À l’échelle mondiale, la dynamique s’accélère. En 2025, les dépenses mondiales de recherche et  développement en santé atteignaient 250 milliards de dollars, en progression de 5,7 %, dont 66  milliards de dollars consacrés aux essais cliniques. En Afrique, ce segment représentait près de 1  milliard de dollars, avec une croissance estimée à 8 %. Le Maroc, pour sa part, s’inscrit dans cette  trajectoire avec un marché des essais cliniques évalué à 25 millions de dollars, en progression de 10  %. Ces ordres de grandeur montrent que la recherche clinique est devenue à la fois un enjeu  scientifique, sanitaire et économique.

Le symposium a mis en évidence les atouts du Royaume : une industrie pharmaceutique structurée,  des compétences médicales reconnues, un cadre réglementaire existant, des institutions mobilisées,  des centres de recherche en développement et une ambition affirmée de s’aligner sur les standards  internationaux. Mais les échanges ont aussi rappelé une réalité plus exigeante : avoir une vision ne  suffit pas. Pour attirer davantage d’essais cliniques, le Maroc doit rendre son écosystème plus lisible,  plus rapide, plus coordonné et plus prévisible.

« La recherche clinique est un levier concret de souveraineté sanitaire. Elle permet au Maroc de  produire ses propres données, de mieux connaître ses patients, de renforcer l’accès aux traitements et  de consolider la confiance dans les médicaments innovants, génériques et biosimilaires. Notre priorité  est désormais de transformer cette ambition en capacité d’exécution, avec des circuits plus lisibles,  des délais mieux maîtrisés et une mobilisation collective de l’ensemble de l’écosystème », déclare  Yasmine Lahlou, Présidente de la FMIIP.

L’un des principaux messages du symposium est que le véritable frein n’est pas seulement  réglementaire, il tient aussi à l’imprévisibilité des délais, à la coordination entre les différents  acteurs, à la qualité des données disponibles et au manque de certains métiers spécialisés. Pour les  promoteurs d’essais cliniques, un dossier qui avance sans visibilité peut suffire à faire perdre une  opportunité au pays. Dans un domaine internationalement concurrentiel, le temps devient un facteur  d’attractivité.

Les échanges ont également souligné l’importance croissante des données de santé. La recherche  clinique moderne s’appuie de plus en plus sur les données de vie réelle, les registres, les études  post-commercialisation, la pharmacovigilance, les analyses médico-économiques et les outils  numériques. Ces données peuvent aider à mieux suivre les traitements, à renforcer la confiance dans  les génériques et les biosimilaires, et à orienter les décisions de santé publique.

Mais leur utilité dépend d’une condition essentielle : leur qualité. Une donnée mal saisie, incomplète  ou non standardisée peut affaiblir une étude, fausser une analyse ou conduire à une mauvaise  décision. C’est particulièrement vrai à l’heure de l’intelligence artificielle. L’IA peut accélérer la  recherche, soutenir la médecine de précision et améliorer l’analyse des données, mais elle ne  remplace pas les fondamentaux : dossiers médicaux fiables, traçabilité, interopérabilité,  gouvernance, codage et formation des équipes.

À travers ce symposium, la FMIIP souhaite contribuer à une dynamique collective visant à faire de la  recherche clinique un pilier de souveraineté sanitaire, d’accès aux traitements, d’innovation et  d’attractivité scientifique. Le Maroc dispose d’une fenêtre d’opportunité. Pour la saisir, il devra  transformer l’élan actuel en méthode : des circuits clairs, des délais mesurables, des données fiables,  des centres qualifiés, des compétences formées et des partenariats concrets entre institutions,  chercheurs, industriels et professionnels de santé.

La recherche clinique est finalement un test de maturité pour le système de santé marocain. Elle  oblige à faire travailler ensemble la science, la régulation, l’hôpital, l’industrie, la donnée, l’éthique  et l’intérêt du patient. C’est précisément pour cela qu’elle mérite aujourd’hui d’être traitée comme  une priorité stratégique.

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