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Édito

Résilience !

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Ecrit par Soubha Es-Siari I

Au cours des derniers mois, différents rapports ont vanté les réalisations du Maroc sur le plan économique et social. En scrutant les indicateurs macroéconomiques, lesdits rapports démontrent que depuis plus d’une décennie, le Maroc s’est inscrit dans une dynamique positive faisant de lui un des pays les plus développés dans le continent africain.

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Ces rapports mettent particulièrement le doigt sur la résilience économique dans un contexte en perpétuelle ébullition. Autrement dit, ils apprécient comment le Maroc a pu faire face et résister à tous ces vents forts contraires qui soufflent : des tensions géopolitiques acerbes, une concurrence des marchés très rude, un changement climatique de plus en plus menaçant sans omettre la numérisation qui n’est pas exempte de dangers.

Si le rapport de Standard Chartered Global Research a mis l’accent sur la résilience, soulignant que le Maroc aborde l’année 2026 dans une position relativement favorable : la croissance nationale devant atteindre 4,5 % après des performances supérieures aux prévisions en 2025 (4,8 %), les plus élevées depuis la pandémie, le rapport de la Banque mondiale Business Ready 2025 considère le Maroc comme la 2e puissance économique arabe et africaine.

Jusqu’à quel degré, pouvons-nous nous fier aux conclusions émanant de ces rapports qui convergent tous vers la résilience du Maroc dans un environnement international instable et très volatil ?

Les avis sont partagés : d’aucuns considèrent ce constat comme étant juste au moment où d’autres le considèrent comme très optimiste pour une économie qui évolue au gré des aléas climatiques.

Le classement de la Banque Mondiale s’est basé sur un échantillon de 101 pays classant le Maroc 63,44 pts sur 100 tout en se basant sur des critères très fiables.

Le classement du Maroc comme seconde puissance économique arabe et africaine est à prendre avec des pincettes si l’on considère que le monde arabe et le continent africain sont traversés par des tensions géopolitiques et des crises économiques sévères. Toutefois cela n’empêche pas de dire qu’effectivement le Maroc est sur le trône de cette région MENA et sur l’Afrique en ce qui concerne les réformes structurelles qu’il mène depuis pratiquement trois décennies en sus des réformes liées aux infrastructures que le Souverain a conduit depuis son accession au trône.

D’autres considèrent que cette comparaison n’est pas aussi importante si l’on part du principe que dans le Nouveau modèle de développement (NMD), le but escompté est de faire du Maroc un pays émergent industrialisé et dans ce cas de figure, le classement serait plus important avec les pays sud-asiatiques ou les dragons asiatiques qui sont très industrialisés.  C’est là où le Maroc est appelé à déployer davantage d’efforts et rattraper le temps perdu en matière de technologies, de robotisation… Le potentiel et la volonté existent comme a su le démontrer le Maroc à travers l’organisation de la CAN2025. Il suffit de relever un certain nombre de défis.

En effet, les écueils sur lesquels bute encore le Maroc sont la fiscalité peu attractive, le travail des jeunes diplômés qui fait cruellement défaut, la faible insertion des femmes dans le mode du travail.

Il paraît évident que si le Maroc souhaite, comme annoncé dans le NMD, doubler son PIB dans une quinzaine d’années à 400 Mds de $, il a intérêt à réformer l’enseignement supérieur, à investir dans la R&D, à améliorer la formation professionnelle… Pour faire court pour atteindre un PIB de 400 Mds de dollars, le Maroc a besoin d’un taux de croissance de 5,5% par an.

Afin de relever autant de défis, il n’y a pas de recette magique. Un paysage économique mondial de cette nature impose un climat des affaires sain comme facteur déterminant d’attraction des investissements et ce pour tous les pays quel que soit le niveau de développement.

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