Réunion à Paris pour l’ouverture du Détroit d’Ormuz : quel impact sur les décisions du président Donald Trump et sur la suite de la guerre Etats-Unis/Iran ?

Sous la présidence d’Emmanuel Macron et du Premier ministre britannique Keir Starmer, s’est tenue le 17 Avril 2026 une réunion à Paris sur le thème « Initiative pour la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz ». Etaient également présents le Chancelier allemand Friedrich Merz et la Présidente du Conseil italien Giorgia Meloni. Une quarantaine de pays « Volontaires » européens, moyen-orientaux et asiatiques ont également participé à cette réunion, soit en présentiel soit par visioconférence. Cette initiative vise à garantir la liberté de navigation, et à assurer le respect du droit international maritime après la double fermeture par l’Iran et les Etats-Unis du détroit d’Ormuz.
L’objectif de la réunion est de créer une mission de sécurisation neutre et indépendante pour escorter les navires de commerce, les pétroliers et les méthaniers, afin de rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz. Les participants ont exigé une réouverture immédiate, inconditionnelle et une restauration de la liberté de navigation, s’opposant à toute tentative de privatisation ou d’imposition de péage dans le détroit. La mission défensive : surveillance, déminage et escorte, s’activera une fois les conditions de sécurité rétablies après la fin du conflit.
La fermeture du détroit d’Ormuz par lequel transitent 20% du commerce mondial de pétrole et de gaz a perturbé l’approvisionnement de ces produits pour les pays consommateurs, et a entrainé une hausse très élevée du prix du baril de pétrole, qui pourrait entrainer une crise économique mondiale, si le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran ne prend pas fin rapidement. La planification militaire de cette initiative se poursuivra à Londres dans les prochaines semaines.
Il est peu probable que cette initiative pour la navigation maritime dans le droit d’Ormuz, ait un quelconque impact sur les futures décisions du président Donald Trump. Rappelons que c’est le 28 Février 2026 que les Etats-Unis en concertation avec Israël, ont déclenché une opération militaire coordonnée contre l’Iran. Donald Trump n’a consulté aucun pays avant le déclenchement de cette guerre, et notamment les pays membres de l’OTAN.
Il a cependant demandé l’aide des alliés des Etats-Unis pour rouvrir le détroit d’Ormuz, mais sans succès. Il a par la suite refusé toute aide étrangère pour sécuriser le détroit d’Ormuz et escorter les navires marchands après la fin du conflit avec l’Iran.
Le président Donald Trump doit maintenant faire face aux derniers développements de la guerre avec l’Iran. En effet début Avril 2026, l’Iran a opéré un blocage sélectif du détroit d’Ormuz, et imposé un droit de péage de 1 dollar par tonne de pétrole. Ce qui a entrainé la flambée des prix du pétrole, qui ont atteint plus de 100 dollars le baril. Des négociations indirectes puis directes ont eu lieu entre les Etats-Unis et l’Iran à Islamabad au Pakistan les 11 et 12 Avril 2026, mais qui ont abouti à un échec. Washington a alors mis en place un blocus naval à la sortie du détroit d’Ormuz, et a interdit le passage de navires en provenance et à destination des ports iraniens, afin d’exercer une pression économique maximale sur l’Iran. L’Iran qui a annoncé l’ouverture du détroit d’Ormuz le 17 Avril 2026, a décidé de le bloquer à nouveau le lendemain 18 Avril, en lançant des attaques contre trois navires commerciaux, en raison du blocage par les Etats-Unis des navires en provenance ou à destination des ports iraniens.
Valeur d’aujourd’hui 20 Avril 2026, le détroit d’Ormuz est doublement bloqué par l’Iran et les Etats-Unis, et le cessez-le-feu va s’achever le Mercredi 22 Avril 2026. L’Iran et les Etats-Unis ont confirmé que les négociations sont toujours en cours, et portent principalement sur le nucléaire iranien, l’ouverture du droit d’Ormuz, le déblocage des avoirs financiers iraniens, et la suppression de sanctions contre l’Iran. Le président Donald Trump a annoncé l’envoi le 20 Avril 2026 d’une délégation au Pakistan pour des négociations avec l’Iran. Entre temps un cargo iranien a été attaqué par un navire de guerre américain, et l’Iran a indiqué que ses négociateurs ne se rendront au Pakistan qu’après la fin du blocage des ports iraniens par la marine américaine.
Le président Donald Trump est dans une situation d’isolement marquée par la non-participation à la guerre des alliés des Etats-Unis : européens, moyen-orientaux, et asiatiques. De plus, il doit obtenir l’accord du Congrès pour continuer la guerre contre l’Iran avant le 1er Mai 2026. Enfin, il doit faire face aux élections de mi-mandat qui auront lieu le 3 Novembre 2026, alors que sa popularité est tombée à 33% selon un sondage YouGov/HMass. Trois hypothèses sont possibles : l’établissement d’un accord avec l’Iran, le maintien du statu-quo avec respect du cessez-le-feu, ou la reprise des frappes aériennes contre l’Iran pour selon Donald Trump détruire les centrales électriques et les ponts, avec ou sans opération terrestre pour débloquer le détroit d’Ormuz.
Ecrit par Jawad KERDOUDI
Président de l’IMRI
(Institut Marocain des Relations Internationales)

