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Politique

Sahara : l’autonomie s’impose au cœur des discussions internationales

Sahara autonomie

Pour Mohammed Loulichki, le rapport présenté le 1er octobre 2026 par le Secrétaire général des Nations unies marque une inflexion majeure dans le traitement du dossier du Sahara. L’ancien ambassadeur y voit la confirmation d’un déplacement progressif des négociations, longtemps focalisées sur le statut final du territoire, vers les modalités concrètes d’un règlement fondé sur l’initiative marocaine d’autonomie. 

Dans le dernier policy brief du PCNS signé par Mohammed Loulichki, l’auteur estime que le principal enseignement du rapport réside dans l’ouverture d’une phase inédite des négociations. Pour la première fois, les quatre parties, le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario, ont engagé des discussions substantielles autour de la proposition marocaine d’autonomie sous l’impulsion des États-Unis et avec l’accompagnement des Nations unies.

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Selon l’auteur, cette évolution traduit un changement de paradigme. Pendant plusieurs décennies, les discussions se sont heurtées à la question du statut final du territoire. Désormais, le débat tendrait davantage à porter sur les mécanismes permettant de construire, mettre en œuvre et stabiliser un règlement politique négocié.

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S’il reconnaît que des divergences fondamentales subsistent sur les questions de souveraineté et d’autodétermination, Mohammed Loulichki considère néanmoins que la dynamique actuelle rapproche le processus d’une solution construite autour de l’autonomie.

L’hypothèse d’une période de transition

L’auteur accorde une attention particulière aux discussions relatives à une éventuelle période transitoire et à la création d’un Conseil de transition. Celui-ci pourrait accompagner le passage d’un accord politique à son application effective en facilitant la mise en place des institutions autonomes, le retour des populations déplacées ainsi que d’éventuels programmes de désarmement et de réintégration. 

Pour Mohammed Loulichki, cette réflexion ne constitue pas une rupture avec l’initiative marocaine de 2007, qui prévoyait déjà un organe transitoire après un accord entre les parties. La question porte aujourd’hui davantage sur la composition, les compétences et les garanties entourant un tel mécanisme que sur son principe même. 

L’ancien diplomate souligne que l’expérience internationale montre qu’une transition peut prendre des formes diverses. Dans le cas du Sahara, elle viserait avant tout à créer les conditions politiques et institutionnelles nécessaires à l’enracinement durable d’un régime d’autonomie.

Des garanties au cœur du futur dispositif

L’une des principales évolutions relevées par l’auteur concerne la place prise par la question des garanties dans les discussions. Selon lui, l’enjeu n’est plus seulement de définir le contenu de l’autonomie mais d’assurer sa stabilité, son effectivité et sa pérennité.

L’analyse identifie quatre niveaux de garanties. Le premier concerne le respect du statut d’autonomie et du partage des compétences. Le deuxième repose sur son intégration dans l’ordre constitutionnel marocain afin de lui conférer une protection durable. Le troisième vise à empêcher toute modification substantielle sans accord des parties concernées. Quant au quatrième, il porte sur les mécanismes de règlement des différends susceptibles de surgir lors de l’application du futur statut.

À ces mécanismes internes pourrait s’ajouter une garantie internationale. Mohammed Loulichki estime que cette dimension fait désormais partie des éléments discutés dans le nouveau processus et rappelle que plusieurs accords de paix à travers le monde ont bénéficié de garants extérieurs. 

Une MINURSO appelée à se transformer

Pour l’auteur, un autre élément significatif du rapport réside dans l’évolution envisagée pour la MINURSO. Si le Secrétaire général recommande une prolongation de son mandat jusqu’au 31 octobre 2027, il évoque parallèlement une réflexion stratégique sur son adaptation à l’évolution du processus politique. 

Mohammed Loulichki y voit le signe que la Mission pourrait progressivement passer d’un rôle essentiellement centré sur la surveillance du cessez-le-feu à une fonction d’accompagnement de la mise en œuvre d’un éventuel accord. Elle pourrait notamment contribuer au retour des réfugiés et apporter l’expertise des Nations unies dans les domaines du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration. 

Selon lui, cette évolution constituerait une adaptation logique à la nouvelle phase des négociations plutôt qu’un changement de cap politique. 

La consultation des populations, une variable décisive

Parmi les ambiguïtés mises en évidence dans le rapport, l’auteur s’arrête longuement sur la notion de « consultation significative » des populations sahraouies. Il considère que cette formulation doit être interprétée à la lumière de l’évolution du processus international qui, selon lui, s’éloigne progressivement de la logique référendaire classique au profit d’une approche politique de compromis. 

Pour Mohammed Loulichki, la question centrale ne réside pas dans le principe de la consultation mais dans ses modalités concrètes. La définition du corps électoral, la nature de la consultation ainsi que son articulation avec un futur statut d’autonomie constitueront autant d’éléments déterminants pour la suite du processus.

L’auteur voit également dans la proposition du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés d’organiser des visites volontaires de Sahraouis à Laâyoune et Dakhla un instrument susceptible de favoriser une meilleure appropriation du processus.

La requête mauritanienne, entre frontières et intérêts régionaux

Autre sujet d’interrogation : la demande formulée par la Mauritanie concernant une clarification consensuelle des frontières internationales définitives du territoire.

En l’absence d’explication explicite dans le rapport, Mohammed Loulichki avance plusieurs hypothèses. Il écarte l’idée d’une revendication de souveraineté et privilégie une lecture fondée sur des considérations économiques, sécuritaires et géostratégiques. 

L’auteur évoque notamment les enjeux liés à Lagouira, la proximité avec Nouadhibou, les futurs corridors commerciaux ainsi que les effets potentiels du développement des infrastructures portuaires atlantiques. Selon lui, la démarche mauritanienne pourrait témoigner d’une volonté de garantir sa place dans les futurs projets de coopération régionale plutôt que de contester la dynamique engagée.

Un optimisme prudent

En conclusion, Mohammed Loulichki considère que le rapport des Nations unies traduit une évolution encourageante malgré la persistance d’un déficit de confiance entre les parties et de désaccords majeurs sur les questions de souveraineté et d’autodétermination. 

Pour l’ancien ambassadeur, la reprise des négociations à quatre, l’examen détaillé des modalités d’autonomie, la réflexion sur une transition institutionnelle et l’émergence de discussions sur les garanties de mise en œuvre constituent autant d’indices d’un changement de phase du processus. 

À ses yeux, la prochaine résolution du Conseil de sécurité pourrait désormais jouer un rôle décisif en consolidant cette dynamique et en consacrant plus clairement l’autonomie négociée comme cadre de référence du règlement du différend.

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