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Economie

Secteur meunier : la décompensation pour mettre fin à la rente ?

meunier décompensation

Ecrit par Lamiae Boumahrou I

Le système de compensation a généré des dysfonctionnements et des situations de rente dans les secteurs concernés. Le secteur meunier en fait partie d’où l’impératif de l’accélération de la réforme de compensation et de solutions alternatives pour cibler la subvention et préserver le pouvoir d’achat des Marocains. Le point avec le Président de la Fédération Nationale de la Minoterie (FNM).

Le flou autour de la caisse de compensation est de retour. Et pourtant avec le déclenchement du processus de décompensation en 2024 par un premier pas avec une 1ère augmentation du prix du gaz butane, on s’attendait à ce que le gouvernement accélérerait le rythme de cette réforme ô combien nécessaire pour financer le chantier de la généralisation de la couverture sanitaire.

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Mais voilà, la réforme semble bien plus compliquée que prévu. Les dernières déclarations du ministère du Budget au Parlement et devant le Patronat confirment que le gouvernement est toujours en phase de trouver des solutions pour réussir cette réforme de la compensation.

Lekjaâ a rappelé à la CGEM un fait avéré à savoir que la compensation ne profite pas aux couches les plus défavorisées comme c’est prévu, mais à d’autres secteurs économiques. Elle s’est transformée en dépense budgétaire qui subventionne les producteurs dans différents secteurs. C’est pourquoi la réforme de la compensation est liée à d’autres réformes qui devaient soit être entamées avant le lancement du chantier de la généralisation soit en parallèle.

Parmi les réformes celle du secteur meunier qui profite depuis plusieurs années du système de subvention dans le cadre de la compensation. Rappelons qu’il y a 2 subventions du blé tendre : la subvention des prix à la consommation des produits subventionnés qui a couté 1,4 Md de DH et le système de restitution à l’importation du blé tendre. Pour la première subvention, la farine nationale du blé tendre est subventionnée à hauteur de 143,375 DH/quintal pour le même niveau du contingent de la farine nationale du blé tendre de 6,26 millions de quintaux.

Ce qui a induit une charge budgétaire au titre du soutien de ce produit de près de 880 MDH au titre de la période janvier-août 2024 (y compris les actions déployées pour la valorisation de la production locale de blé tendre notamment la prise en charge des frais de stockage et magasinage) lit-on dans le rapport sur la compensation accompagnant le PLF2025.


Lire également : Hausse du prix du gaz butane : quelles sont les raisons du stand-by du gouvernement ?


Quant à la subvention dans le cadre du système de restitution à l’importation du blé tendre, l’Etat a maintenu, en sus de la suspension des droits de douane à l’importation durant l’année 2024, l’octroi d’une subvention à l’importation du blé tendre dans l’optique de sécuriser l’approvisionnement du marché national en cette denrée et stabiliser le prix du pain à 1,20 DH et les prix des farines. De ce fait, la prime forfaitaire octroyée par l’Etat à l’importation du blé tendre a enregistré, au titre de la période janvier-août 2024, une moyenne de 13,17 DH/quintal contre 62,15 DH/quintal au titre de la même période en 2023, en déclin de 79%. Ainsi, le soutien à l’importation du blé tendre, s’est élevé à 687 MDH à fin août 2024, en recul de 69% par rapport à la même période de l’année 2023.

Ceci dit, ces subventions profitent en partie aux nécessiteux mais aussi, en grande partie, aux industriels. Ce système a malheureusement donné lieu à des abus et à des dysfonctionnements. Contacté par nos soins, Moulay Abdelkader Alaoui, Président de la Fédération Nationale de la Minoterie (FNM), a réitéré la position de la Fédération que la compensation biaise la concurrence du marché.

« Nous sommes partisans d’une libéralisation totale du marché. Les minotiers sont prêts à discuter avec le gouvernement  pour trouver une farine de remplacement à un coût moindre qui pourrait se substituer à la farine nationale », nous a-t-il précisé.

Malheureusement, cette libéralisation risquerait de tomber comme un couperet sur le consommateur et de dégrader davantage le pouvoir d’achat des Marocains. Quant à la farine de remplacement, il faudrait encore que le Maroc ne soit pas dans une conjoncture de crise en raison d’une sécheresse qui frappe le pays pour la 7ème année consécutive.

« La sècheresse est un facteur qui bloque considérablement toute solution pour mettre fin la subvention du blé tendre actuellement », a précisé le président de la FNM.

Ce qui est sûr, à ce jour, il n’y a toujours pas de pourparlers entre le gouvernement et les minotiers pour trouver un terrain d’entente et pour réussir à opérer cette réforme avec le moins de dégâts.

Cette réforme de la compensation permettra également de mettre fin à la rente dans ce secteur. Faut-il rappeler que la rente continue non seulement de ronger ce secteur mais toute l’économie et empêche le pays de se hisser en tant que puissance économique. Et pourtant, le gouvernement ne semble pas soucieux d’y mettre fin. Mais fermons cette parenthèse et revenons à nos moutons.

Selon Moulay Abdelkader Alaoui, la réforme de la compensation est impérative pour lutter contre toute forme de rente dans le secteur. « Aujourd’hui il y a une situation de rente où certains minotiers reçoivent 27.000 à 30.000 quintaux qui permettent de garantir une bonne part de marché et de surcapacité alors que d’autres ne reçoivent que 2.000 quintaux soit à peine une journée de travail. Ceci crée une discordance dans l’activité du secteur », a-t-il martelé.

Ceci dit, le gouvernement a du pain sur la planche pour réussir à faire aboutir cette réforme ô combien nécessaire pour garantir la pérennité financière du chantier de la généralisation de la couverture sanitaire. 

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1 commentaire

  1. El Haddad Aberrazak dit :

    La compensation du gaz butane est mal gérée quand on voit que l’agriculture les peessings les fast food et cerise sur le gâteau a juste titre le boulangeries pâtisserie genre AMOUD et consorts utilisent le gaz butane pour fonctionner je rest sidéré c’est un crime économique et si on défalque tout ce ce qui précède des bénéficiaires de la compensation il ne restera presque rien et c’est très facile de réaliser cela par exemple les agriculteurs on peut leur offrir des pompes qui marchent à l’énergie solaire et il y’a des organismes à l’international qui aident pour ce genre d’initiatives il faut seulement s’y mettre

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