Secteur secondaire : tendance contrastée au 2e trimestre 2026

Les derniers indicateurs publiés par le Haut Commissariat au Plan révèlent une dynamique à plusieurs vitesses au sein du tissu industriel national au titre du deuxième trimestre 2026. Si la manufacture et l’énergie affichent une belle santé, les industries extractives accusent le coup, sur fond de tensions persistantes sur la trésorerie et les matières premières.
La manufacture et l’énergie tirent la croissance
Portée par les performances exceptionnelles de l’Industrie automobile, de la Fabrication d’équipements électriques et de la Chimie, l’industrie manufacturière confirme sa trajectoire ascendante. Les chefs d’entreprises font état d’une nette augmentation de la production globale, parvenant à stabiliser leurs effectifs d’emploi. Le Taux d’Utilisation des Capacités de production (TUC) se maintient d’ailleurs à un niveau solide de 75 %.
Le secteur de l’énergie s’inscrit dans cette même mouvance positive. Portée par la branche « Production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné », l’activité y a enregistré une hausse notable, accompagnée d’une revalorisation des prix de vente. Seule ombre au tableau : l’emploi y a subi un léger repli.
L’extraction en berne, l’environnement fait du surplace
À l’inverse, le climat est plus morose du côté de l’industrie extractive. Directement impactée par le recul de la production des phosphates, l’activité globale du secteur s’inscrit à la baisse, entraînant dans sa chute les indices de l’emploi, malgré des prix de vente orientés à la hausse.
De son côté, l’industrie environnementale joue la carte de la résilience passive. Le secteur affiche une stabilité parfaite, directement imputable à la stagnation des activités de « Captage, traitement et distribution d’eau ». Les carnets de commandes et les effectifs y demeurent toutefois conformes aux normales de saison.
Matières premières et trésorerie : les points de vigilance
Sous le vernis de la croissance manufacturière se cachent des défis structurels que les patrons ne cachent plus :
- Approvisionnement : 34 % des opérateurs manufacturiers rapportent des difficultés majeures à se fournir en matières premières, principalement celles issues de l’importation.
- Trésorerie : Près d’un dirigeant sur cinq (19 %) qualifie sa trésorerie de « difficile ».
- Le textile sous pression : Le secteur de l’habillement subit de plein fouet ces vents contraires. Non seulement la production y est en baisse, mais la proportion d’entreprises aux abois financièrement grimpe à 27 %.
Malgré des carnets de commandes jugés globalement « normaux » par les capitaines d’industrie, la rentabilité des entreprises reste sous surveillance étroite pour le reste de l’année 2026.
