Sociétés cotées : une capacité bénéficiaire 2022 résiliente en dépit de l’impact IAM

Au terme de l’année 2022, les sociétés cotées enregistrent des revenus globaux en progression de +13,9% à 285,4 Mds de DH (vs. +19,4% par rapport à 2019), essentiellement sous l’effet d’une croissance à deux chiffres de l’activité des industries (+18,1% à 189,8 Mds de DH ) combinée à une bonne orientation du PNB des financières (+5,9% à 73,4 Mds de DH ) ainsi qu’à la progression des primes émises brutes du secteur Assurances & Courtage (+8,4% à 22,2 Mds de DH).
Les principaux contributeurs à la progression du CA en 2022 sont les opérateurs gaziers ( +9 244 MDH ) suivi de ceux de la production électrique (+5 791 MDH ) et agroalimentaire ( + 5 084 MDH). A l’inverse, la distribution spécialisée plombe l’évolution des revenus cumulés à hauteur de -385 MDH compte tenu de la dégradation des ventes automobiles. C’est ce qui ressort du Snapshot Earnings FY 2022 de BKGR.
Le CA au titre de l’année 2022 surperforme largement le niveau enregistré en 2019 -année normative, soit une hausse de +19,4%. Hors effet inflation , la hausse du chiffre d’affaires de la côte se serait, selon les analystes, limitée à +9,4%.
Une activité opérationnelle pénalisée par la hausse des intrants
La performance opérationnelle de la cote casablancaise enregistre une hausse limitée à +1,8% à 63,2 Mds de DH, intégrant une augmentation de +6,9% à 36,4 Mds de DH du RBE des financières, une stabilisation du résultat technique des assurances à 1,9 Md de DH et une baisse de -4,6% à 24,9 Md de DH du résultat d’exploitation des industries.
Pour sa part et compte tenu du renchérissement des coûts des intrants imputable au contexte inflationniste, le résultat d’exploitation des industries ressort en baisse de -4,6% à 24,9 Mds de DH plombé principalement par : x L’important recul du REX d’IAM en raison de la comptabilisation de l’astreinte de l’ANRT d’un montant de 2,45 Mds de DH en autres charges d’exploitation ; x Et, la baisse de la rentabilité opérationnelle des cimentiers compte tenu (i) du ralentissement du secteur des BTP ayant induit une baisse des écoulements de ciments (-10,6%) et (ii) d’une hausse du coût des intrants qui n’a été que partiellement répercutée sur le prix de ventes.
Toutefois, ce repli du résultat opérationnel a été en partie compensé par : x Le bond du résultat opérationnel des opérateurs miniers de +66,4% notamment (i) MANAGEM (+56,3% à 1 970 MDH à fin 2022) consécutivement à la forte croissance de +39% de la production de l’Or et la consolidation des métaux de base et du Cobalt combiné à l’appréciation de la parité de change USD/MAD de +13% ; x La bonification du REX de TAQA MOROCCO (+19,8% à 2,9 Mds de DH) profitant de l’amélioration de son taux de disponibilité, de l’impact de l’indexation positive à l’indice API2 suite à la forte hausse du cours du charbon et d’une meilleure maîtrise des coûts opérationnels ; x Et, l’augmentation du REX de ADDOHA ( 270 MDH) redevable au dynamisme de l’activité commerciale en Afrique de l’Ouest et à la livraison de plusieurs tranches au niveau national ainsi qu’à un mix-produit favorable.
Hors impact de l’astreinte imposée par l’ANRT à IAM pour un montant de 2,45 Mds de DH, le résultat d’exploitation des industries serait ressorti en hausse de +4,8% à 27,3 Mds de DH. Par conséquent, la marge opérationnelle des industries recule de -3,1 pts à 13,1% comparativement à 2021.
Retraitée des contraintes d’IAM, la MOP se fixerait à 14,4% (-1,8 pts comparativement à 2021). Pour leur part, les financières affichent un RBE en croissance de +6,9% à 36,4 Mds de DH, en dépit d’une augmentation de +5% des charges générales d’exploitation à 36,2 Mds de DH provenant principalement de BCP ( 710 MDH), en raison d’une progression plus importante du PNB (soit un coefficient d’exploitation de 50,5% contre 50,9% en 2021).
Enfin, le Résultat Technique des compagnies d’assurances et de courtage ressort stable à 1,9 Md de DH, intégrant un recul de -0,6% pour les assurances cotées en raison de la baisse du RT de SANLAM MAROC (-20,4%).
Cette situation s’explique par la mauvaise tenue du Résultat financier de l’opérateur dans un contexte défavorable des marchés financiers, combinée à une augmentation des coûts de réparation automobile en raison de l’inflation.
« A noter que ce repli a toutefois été compensé partiellement par l’amélioration de +10,9% du RT d’ATLANTASANAD reflétant une politique de souscription basée sur une gestion rigoureuse de son portefeuille et de son développement », rappellent les analystes.
L’analyse du breakdown de l’évolution de la capacité bénéficiaire en 2022 fait ressortir une contribution positive provenant à hauteur de : x 44% de la performance des Banques compte tenue d’une activité commerciale bien orientée et d’une poursuite de la baisse du coût du risque ; x Et, 20% de l’amélioration des résultats des minières suite à la combinaison de plusieurs éléments favorables (effets prix, change et périmètre) ; A contrario, la contribution négative provient à hauteur de : x 65% d’IAM en raison de l’impact négatif de l’astreinte de l’ANRT et du contrôle fiscal de 618 MDH ; x Et, 18% du ralentissement du secteur « Matériaux de construction » compte tenu notamment d’un effet volume défavorable.
Les analystes soulignent par ailleurs que 46 sociétés, représentant 66% de la capitalisation boursière totale affichent en 2022 une capacité bénéficiaire en progression contre 24 compagnies en baisse.

