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Politique nationale

Sommes-nous face à un gouvernement intérimaire ?

conseil du gouvernement commandes publiques

Écrit par Imane Bouhrara I

Le gouvernement est tenu par un contrat moral avec les citoyens qui ne prend fin qu’avec l’arrivée d’un nouvel exécutif, y compris la responsabilité d’assurer et de mettre les citoyens aux faits de ce qu’impliquent les tensions au Moyen-Orient et les moyens d’y remédier.

Inutile de dire que les mêmes causes produisent les mêmes effets, car il s’agira d’ouvrir un débat alors que ce n’est absolument pas le moment.

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Mais faut-il avouer une impression du déjà vu avec cette hausse spectaculaire de 2 DH et 2,50 DH des prix à la pompe ? Et le silence devenu marque de fabrique de ce gouvernement ?

Et bientôt, on aura droit à la subvention aux transporteurs pour ne pas répercuter cette hausse des hydrocarbures sur les prix et bien entendu, malgré cette subvention, on notera une hausse des prix des produits de grande consommation sous prétexte de la hausse du prix du baril… les intermédiaires, ces marchands de malheurs se frottent déjà les mains en perspective de notre saignée à blanc.

En gros, nous voilà à la case de départ depuis la fatidique libéralisation des prix des hydrocarbures au Maroc dont le processus a démarré en 2012. Un cycle infernal qui éclabousse in fine tout le secteur de l’énergie avec ses instances, ces acteurs, etc.

A l’époque en plus du drame de la Samir, les spécialistes attiraient l’attention du gouvernement Benkirane I sur les effets pervers d’une libéralisation sans garde-fous et il n’a pas fallu longtemps avant que n’éclatent le scandale des 17 Mds de DH.

Un dossier qui avait mis le gouvernement dans l’embarras et avec le Conseil de la Concurrence. La sanction était ridicule face à la gravité des faits et à la confiance ébranlée des citoyens dans la capacité et du gouvernement et des instances, à défendre l’intérêt général des citoyens y compris l’intérêt d’un raffinage local face aux lobbies.

Et ça n’allait pas être le seul fait d’arme des pétroliers ou importateurs, puisqu’ils vont encore mettre dans l’embarras une fois de plus et certainement pas la dernière fois la ministre de l’énergie dans une infraction criarde de la réglementation relative au stockage de sécurité et sur ses promesses d’augmentation de la capacité de stockage.

La ministre avait pendu un communiqué qui a tenté d’être rassurant mais qui voilà balayé du revers d’une main par la hausse des prix à la pompe dans la nuit de dimanche à lundi.

Vous vous rendez compte de l’hilarité des faits qui sont passés sous silence à chaque fois que les crises se tassent d’elles-mêmes mais pour lesquelles les Marocains trinquent ?

On table sur la baraka, sur Nia, la suerte mais une chose est sûre la sortie de crise ce n’est quasiment jamais dû à la gouvernance, à l’efficacité et l’efficience du gouvernement.

C’est peut-être cela qui explique pourquoi beaucoup de ministres de ce gouvernement ne communiquent quasiment jamais au-delà des allocutions de circonstance et fuient les journalistes comme la peste.

Espérons au moins qu’ils soient efficaces et prennent au sérieux les questions liées à la souveraineté alimentaire, médicales, etc. par les temps qui courent.

D’ailleurs, il faut croire que le problème de communication du gouvernement s’est accentué depuis l’annonce de Aziz Akhannouch de ne pas briguer de nouveau mandat à la tête du RNI et depuis le départ de Abdellatif Ouahbi des commandes du PAM, un gouvernement silencieux au moment où les citoyens s’inquiètent des cycles de tensions géopolitiques récurrents.

D’ailleurs, les tensions au Moyen-Orient alimentent les débats politiques partout dans le monde où les plateaux-télés et radio s’animent à longueur de journée par les avis d’experts, les reportages de journalistes et les déclarations de politiques pour donner à l’opinion publique de chaque pays une vision la plus complète de la position de chaque pays de ce conflit qui menace le monde et des actions, du moins la veille en place, pour défendre les intérêts de ses citoyens et protéger à la fois son espace informationnel et son économie de ce nouveau choc qui commence à s’étaler dans le temps.

Le tout dans le contexte désagréable de retour du GMT+1.

C’est véritablement la cerise sur le gâteau puisqu’il ne s’agit pas de reculer sa montre de 60 minutes mais de rétrograder deux heures de son sommeil et de sa routine quotidienne.

En effet, le retour de l’heure légale le GMT intervient dans le mois sacré où les horaires de travail et d’école sont généralement retardés de 60 minutes.

Il s’agira donc de se faire amputer de 120 minutes au lieu de 60 minutes. Là encore aucun signe de réaction du gouvernement face aux doléances des citoyens qui, huit ans plus tard, n’ont de cesse décrié cette décision unilatérale qualifiée d’injuste et inopportune.

Au final, il est utile de rappeler que le gouvernement est tenu par un contrat moral avec les citoyens qui ne prend fin qu’avec l’arrivée d’un nouvel exécutif, y compris la responsabilité d’assurer et de mettre les citoyens aux faits de ce qu’impliquent les tensions au Moyen-Orient et les moyens d’y remédier.

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