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Economie

Pourquoi la tutelle peine-t-elle à pondre la stratégie nationale du Commerce ?

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Ecrit par Lamiae Boumahrou I

Contrairement au secteur de l’Indutrie, celui du Commerce n’a pas joui de la même importance de la part de la tutelle. A ce jour, le secteur n’a toujours pas été doté d’une stratégie nationale ni de moyens financiers pour la mise à niveau du secteur et sa redynamisation. Qu’attend la tutelle pour faire du secteur du commerce une vraie locomotive de l’économie ?

Le secteur du commerce intérieur et de la distribution est sans doute l’un des piliers de l’économie marocaine. Un secteur stratégique aussi bien sur le plan économique que social qui a enregistré ces dernières années une croissance soutenue contribuant ainsi à la croissance économique du pays.

Ainsi entre 2017 à aujourd’hui, la population active du royaume opérant dans le secteur est passée de plus de 13% soit 1,56 million de personnes à 15,4%, la  valeur ajoutée de près de 84,2 Mds de DH à 129 Mds de DH ainsi que la participation au PIB national de 8% à 10,8% (chiffres ministère du Commerce).

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Toutefois, ces chiffres ne reflètent pas toute la réalité du secteur. En effet, le secteur du commerce et de la distribution est l’un des secteurs les plus gangrenés par l’informel particulièrement le secteur traditionnel. C’est même le principal vecteur de l’économie informelle au Maroc, avec une part de 50,6% des effectifs employés en 2013 (Enquête HCP). Pis encore, l’aggravation de la situation de l’emploi au Maroc avec un taux de chômage qui, depuis des mois, est au-dessus de la barre de 13%, accentue la part de l’informel du secteur du commerce. C’est l’issue la plus accessible pour bon nombre de citoyens qui n’arrivent pas à trouver un emploi.

Force est de constater que le secteur du Commerce n’a pas joui de la même importance que l’Industrie qui elle a bel et bien été dotée d’une stratégie nationale ainsi que des moyens nécessaires pour en faire une vraie locomotive de l’économie. Ce parent pauvre du département de l’Industrie et du Commerce continue de naviguer à vue et de souffrir de plusieurs obstacles.

Preuve en est, à ce jour la fameuse stratégie nationale du Commerce élaborée par le département de tutelle n’a toujours pas vu le jour.

Et pourtant, en 2019, à l’ère du ministre Moulay Hafid Elalami, il était question de quelques semaines voire quelques mois pour dévoiler une stratégie à même de dynamiser et de donner un coup d’accélérateur au secteur du commerce. Le ministre avait avoué à l’époque que le secteur du Commerce n’avait pas reçu l’importance qu’il mérite et qu’il était impératif de rattraper le retard en dotant le secteur d’une stratégie élaborée avec les concernés. L’ancien ministre avait engagé les discussions avec les différentes parties dans le cadre d’une approche participative dont ont émané 1.325 recommandations.

5 ans plus tard, nous sommes encore à la case de départ. Qu’est devenue cette Stratégie ? Pourquoi est-elle restée aussi longtemps dans les tiroirs ? Qu’en est-il des 1.325 recommandations relevées auprès des commerçants ? Le gouvernement n’est-il pas parvenu à aligner toutes les composantes du secteur sur la même trajectoire ? N’a-t-il pas trouvé le modèle où chaque acteur (petit ou grand commerçant, marchand ambulant, e-marchand, grandes surfaces…) se retrouve et puisse s’impliquer dans l’émergence du secteur ?

Il faut rappeler que la redynamisation du secteur du Commerce requiert la mobilisation des financements. Et c’est là où le bât blesse. Le budget alloué au secteur reste insuffisant pour relever les défis.

L’actuel ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a plutôt mis l’accent sur la digitalisation du commerce comme vecteur de transformation structurante de ce secteur. En avril dernier, le ministre annonçait l’élaboration d’un nouveau programme visant la digitalisation du commerce de proximité. Un programme qui prévoit la formation des commerçants aux techniques de base du commerce électronique, tout en les dotant des équipements informatiques et des outils de paiement mobile nécessaires.

Dans le même sillage, il avait également annoncé qu’un nouveau projet de loi relatif au e-commerce en détail, renforçant davantage les droits des consommateurs, était en cours de finalisation avant son adoption par un Conseil de gouvernement. Des initiatives prometteuses mais qui restent sommes toutes insuffisantes pour faire jouer au secteur du commerce le rôle qui est le sien dans une économie fortement tributaire de l’agriculture.

En conclusion, le département de l’Industrie et du Commerce est toujours en phase de réflexion pour trouver la formule la plus adaptée aux spécificités du secteur du Commerce marocain. Espérons que nous perdons rien pour attendre.

 

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