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Economie

Taux directeur : le contexte augure-t-il d’une baisse ?

taux marché

Ecrit par Soubha Es-Siari I

Après le statu quo du taux directeur soit 2,75% au mois de septembre dernier, le marché s’attend à un assouplissement de la politique monétaire par le Conseil de BAM dont la quatrième réunion est prévue le 17 décembre 2024. Les pré-requis son t-ils réunis ?

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Lors du dernier Conseil tenu le 24 septembre 2024, BAM a jugé approprié de maintenir l’orientation actuelle de la politique monétaire. Il a ainsi décidé de garder le taux directeur inchangé à 2,75%, tout en continuant de suivre de près l’évolution de la conjoncture économique et sociale.

Trois mois après, la question qui est sur toutes les lèvres : quelle décision prendra BAM lors du prochain Conseil ? Va-t-elle maintenir le taux directeur inchangé ou le réduire à l’instar des banques centrales internationales ?

Si l’on se fie aux propos tenus par Abdellatif Jouahri, gouverneur de La Banque Centrale : les futures décisions de Bank Al Maghrib en termes du taux directeur dépendront de la conjoncture économique qui reste incertaine. « Il ne faut jamais agir dans la précipitation, sous peine de devoir rectifier brusquement le cap par la suite », avait mis en garde Jouahri lors du point de presse tenu à l’issue de la troisième réunion trimestrielle du Conseil de BAM pour l’année 2024.

« Une banque centrale responsable fait preuve de prudence », a-t-il dit, notant que la politique monétaire s’intéresse aux équilibres macroéconomiques, impactant directement l’inflation, qui elle-même influe sur la valeur du dirham et, par conséquent, sur le pouvoir d’achat.

Que disent les chiffres ?

En diagnostiquant la conjoncture internationale, l’on observe que la bataille contre l’inflation a été remportée. Toutefois, comme l’a bien souligné le FMI dans ses Perspectives de l’économie mondiale : « Cette réussite majeure ne suffira pas pour redonner du tonus à une économie mondiale qui se dirige, les prochaines années, vers sa plus faible période de croissance depuis des décennies ». Ajoutons à cela, les risques de dégradation qui se multiplient. On pense évidemment à l’escalade des conflits régionaux, notamment au Moyen-Orient.

Il y a également le passage à vide de l’économie chinoise. Il est bien sûr normal qu’une économie qui s’est hissée au deuxième rang mondial ne puisse pas maintenir éternellement un rythme de croissance moyen de 10 %, mais c’est plus que cela. Le pays ne peut pas compter sur ses principaux moteurs de croissance économique. Le secteur immobilier est plongé dans un marasme depuis l’éclatement d’une bulle spéculative. Les investissements en infrastructures sont plombés par l’endettement des gouvernements locaux. Les exportations accusent le coup du ralentissement économique mondial et de la montée du protectionnisme.

La victoire de Donald Trump vient couronner le tout. Les tarifs commerciaux de 10 %, 20 %, 50 % qu’il promet d’imposer sur toutes les importations serait « dommageable » pour tout le monde, les États-Unis et le reste de la planète, avertissent les économistes les plus érudits. Sur le plan international, la conjoncture ne s’est guère améliorée et l’incertitude que craint le Wali de BAM continue à planer comme une épée de Damoclès.

Toutefois force est de rappeler que dans un pareil contexte, la banque suédoise a annoncé une baisse de son taux directeur de 0,50 point à 2,75%, la quatrième cette année, et envisage une nouvelle réduction de taux d’ici fin 2024 pour soutenir une activité au ralenti. Idem pour la BCE. Après juillet et septembre 2024, la BCE poursuit sur la voie de l’assouplissement monétaire en octobre 2024. Son principal taux directeur, le taux de dépôt, est réduit de 25 points de base passant à 3,25%. Les responsables de la Réserve fédérale s’apprêtent également à abaisser le taux d’intérêt directeur pour la deuxième fois d’affilée. Cette décision fait suite au ralentissement des pressions inflationnistes, qui ont exaspéré de nombreux Américains et contribué à la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle.

Sur le plan national : en scrutant les indicateurs macroéconomiques, on note une baisse progressive de l’indice des prix à la consommation. Aux dernières nouvelles, soit au mois d’octobre 2024, l’IPC a poursuivi son trend baissier, avec une baisse de 0,3%.

S’agissant de la croissance, les pronostics les plus plausibles pour l’économie nationale s’attendent à un léger redressement du cycle de croissance au terme de l’année 2025 avec un taux moyen pouvant atteindre, selon les hypothèses les plus probables, 3,8%.

Compte tenu de la persistance des facteurs d’instabilité qui marquent encore l’environnement international, les hypothèses du cadre macroéconomique se révèlent, pour le moins, incertaines comme il ressort des orientations actuelles de l’environnement économique tant au plan interne qu’externe. Autrement dit, les incertitudes qu’appréhende Abdellatif Jouahri sont

Toujours est-il que dans un contexte conjoncturel très fluctuant, le besoin de financement se pose avec acuité pour financer l’économie et permettre aux deux piliers de l’économie de jouer convenablement leur rôle. La question du financement du budget revêt, ainsi, toute son importance compte tenu des engagements pris en matière de soutenabilité des comptes publics.

Pour ce faire, une baisse du taux directeur serait la bienvenue pour booster l’économie. Les analystes s’attendent à ce que le prochain conseil, soit le dernier de l’exercice 2024 se solde par une baisse du taux directeur confirmant ainsi le nouveau cycle d’assouplissement monétaire. La décision finale revient bien entendu au Conseil de BAM.

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