Trésor : le déficit budgétaire s’alourdit à 59,8 Mds de DH à fin août (SRCT)

La situation des charges et ressources du Trésor à fin août 2025 fait ressortir un déficit budgétaire de 59,8 Mds de DH, contre 40,4 Mds de DH un an auparavant, reflétant une progression des dépenses (+49,4 Mds de DH) plus marquée que celle des recettes (+30 Mds de DH).
L’exécution de la loi de finances au cours des huit premiers mois de l’année 2025 s’est inscrite dans un contexte national globalement favorable, marqué par la relance de la demande intérieure et la bonne tenue des secteurs de l’agriculture, du tourisme et du BTP, qui contribuent de manière significative au dynamisme économique.
Dans ce cadre, la situation des charges et ressources du Trésor à fin août 2025, telle que publiée par le ministère de l’Économie et les Finances fait ressortir un déficit budgétaire de 59,8 Mds de DH, contre 40,4 Mds de DH un an auparavant, reflétant une progression des dépenses (+49,4 Mds de DH) plus marquée que celle des recettes (+30 Mds de DH).
Les recettes en hausse de 13,2%
Les recettes ont enregistré, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, un taux de réalisation de 65,2 % par rapport aux prévisions de la loi de finances (LF) et une hausse de 30 Mds de DH (+13,2%) comparativement à fin août 2024.
Les recettes fiscales ont enregistré un taux de réalisation de 70,1% et une hausse de 29,4 Mds de DH (+15,1%) par rapport à fin août 2024. Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales (CT), ont augmenté de 4,4 Mds de DH, pour atteindre 16,2 Mds de DH, reflétant ainsi l’effort soutenu de l’État en matière d’apurement du crédit de TVA.
Par nature d’impôt et de taxe, les principales évolutions ayant marqué le comportement des recettes fiscales, tant par rapport aux prévisions de la LF que par rapport à la même période de l’année dernière, se présentent comme suit :
– IS : Un taux de réalisation de 78,7% et une progression notable de 13,7 MM.DH (+31,3%). Cette dynamique repose principalement sur une importante augmentation du complément de régularisation, qui a progressé de 6,9 MM.DH (+53,8%), pour atteindre un niveau record de 19,6 MM.DH, ainsi que sur les deux premiers acomptes, totalisant une amélioration de 7,2 MM.DH. Par ailleurs, les restitutions au titre de cet impôt ont presque doublé, passant de 1,7 MM.DH un an auparavant, à 3,1 MM.DH à fin août 2025 ;
– IR : Un taux de réalisation de 77% et une hausse de 7,2 Mds de DH (+18,3%). Cette performance est attribuable principalement à la régularisation fiscale volontaire, qui a généré 3,8 Mds de DH de recettes à fin janvier 2025, ainsi qu’aux augmentations de 2 Mds de DH des recettes issues de l’action de l’administration fiscale et de 445 MDH de l’IR sur les salaires ;
– TVA : Un taux de réalisation de 64,1% et une augmentation de 4,9 Mds de DH (+8,3%), attribuable à la hausse des recettes au titre de la TVA à l’importation de 2,7 Mds de DH (+7,2%) et de la TVA à l’intérieur de 2,2 Mds de DH (+10,2%). Il est à souligner que les remboursements et restitutions en matière de TVA (non compris la part des CT) ont atteint 8,4 Mds de DH, contre 6,6 Mds de DH à fin août 2024 ;
– Taxes intérieures de consommation : Un taux de réalisation de 70,5% et une hausse de 3,3 Mds de DH (+14,6%), tirée principalement par l’augmentation des recettes des TIC sur les produits énergétiques de 2,2 Mds de DH (+18,3%). Cette évolution est attribuable notamment à la suppression, dans le cadre de la LF 2025, de l’exonération des TIC sur les houilles et le fioul lourd utilisés pour la production de l’énergie électrique, ainsi qu’à l’augmentation des quotités appliquées à ces produits, aux huiles lubrifiantes et aux bitumes ;
– Droits de douane : Un taux de réalisation de 51,2% et une baisse de 1,2 Md de DH (-9,8%). Ce recul s’explique par la suppression, en 2025, du droit d’importation applicable notamment aux bovins et aux ovins ;
– Droits d’enregistrement et de timbre : Un taux de réalisation de 70,5% et une progression de 956 MDH (+6,7%), suite notamment à l’augmentation des droits d’enregistrement (+462 MDH, +5,8%) et des droits de timbre (+312 MDH, +14%).
Les recettes non fiscales ont atteint 30,2 Mds de DH à fin août 2025, en hausse de 650 MDH (+2,2%). Ces recettes comprennent :
- 11,8 MM.DH en provenance des établissements et entreprises publics (EEP), dont près de 4 Mds de DH versés par Bank Al-Maghrib, 4,4 Mds de DH par l’Office chérifien des phosphates et 2,5 Mds de DH par l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie ;
- 3,8 Mds de DH au titre des mécanismes de financements innovants ;
- 12 Mds de DH au titre des produits divers des ministères.
Les dépenses en hausse de 30,8 Mds de DH
Les dépenses ordinaires ont atteint un montant de 242,3 Mds de DH à fin août 2025, affichant un taux d’exécution de 68,5% et une hausse de 30,8 Mds de DH en comparaison avec la même période de l’année précédente.
Cette évolution est attribuable à l’augmentation des dépenses au titre des biens et services de 30,6 Mds de DH (+18,4%) et des intérêts de la dette de 5 Mds de DH (+18,8%). Les charges de la compensation ont, pour leur part, marqué une baisse de 4,9 Mds de DH (-26,8%).
– L’exécution des dépenses au titre des biens et services a été marquée par un taux de réalisation de 66% pour les dépenses de personnel et de 68,8% pour les autres biens et services, enregistrant des hausses respectives de 12,4 Mds de DH et de 18,2 Mds de DH par rapport à fin août 2024. Cette évolution est attribuable au transfert d’un montant de 16,6 Mds de DH au fonds d’appui à la protection sociale et à la cohésion sociale, et à l’augmentation de 5,5 Mds de DH des transferts aux établissements et entreprises publics, notamment en faveur des académies régionales d’éducation et de formation.
– Les intérêts de la dette ont, pour leur part, affiché un taux de réalisation de 74,7%. Leur évolution recouvre une hausse des intérêts de la dette intérieure (+5,7 Mds de DH) et une baisse de ceux de la dette extérieure (-652 MDH). – Les charges de la compensation ont atteint 13,3 Mds de DH, enregistrant un taux de réalisation de 77,4% et un recul de 4,9 Mds de DH par rapport à fin août 2024. Cette évolution s’explique, d’une part, par la diminution des dépenses liées au gaz butane (-1,9 Md de DH), au sucre (-1 Md de DH) et à la farine nationale de blé tendre (-426 MDH) et, d’autre part, par la non reconduction de la subvention en faveur des professionnels du secteur du transport routier, dont le montant accordé à la même période un an auparavant avait atteint 1,6 Md de DH.
Les évolutions des recettes et des dépenses ordinaires se sont traduites par un solde ordinaire excédentaire de 15,4 Mds de DH contre 16,2 Mds de DH un an auparavant. Les dépenses d’investissement ont atteint 67,9 Mds de DH, en hausse de 2,4 Mds de DH par rapport à fin août 2024. Comparativement aux prévisions de la LF 2025, leur taux de réalisation s’est élevé à 64,3%.
Comptes spéciaux du Trésor
Les comptes spéciaux du Trésor ont dégagé un solde négatif de 7,3 Mds de DH, contre un solde excédentaire de 8,9 Mds de DH à fin août 2024.
Financement
Compte tenu de ces évolutions et d’une réduction des opérations en instance de 15,8 Mds de DH, la situation des charges et ressources du Trésor dégage un besoin de financement de 75,6 Mds de DH contre 45,3 Mds de DH un an auparavant. Les mobilisations nettes se sont élevées à 28,4 Mds de DH sur le marché domestique, tandis que les emprunts extérieurs nets se sont établis à 34 Mds de DH. Le flux de l’endettement intérieur recouvre des souscriptions pour un montant de 108,7 Mds de DH et des remboursements en principal pour 80,3 Mds de DH. Celui de l’endettement extérieur comprend des tirages de 41,3 Mds de DH, y compris 20,9 Mds de DH mobilisés sur le marché financier international, ainsi que des amortissements de 7,3 Mds de DH.

