Écrit par Imane Bouhrara I
Nouvelle identité, nouveaux statuts et une ouverture à de nouveaux actionnaires, Shelter Afrique Development Bank a choisi Rabat pour sa 45e assemblée annuelle et pour dévoiler sa transformation en véritable banque de développement. Au cœur de son activité le soutien à une fourniture efficace de logements abordables et d’immobilier commercial pour un continent dont le taux d’urbanisation bondira à 65% en 2050. Autant dire qu’il y a du pain sur la planche. L’expérience du Maroc en la matière est érigée en exemple.
La messe africaine d’urbanisme s’est réunie ce mardi 9 juin à Rabat à l’occasion de la 45e Assemblée Générale Annuelle de La Banque de Développement Shelter Afrique (ShafDB) tenue sous le thème : « L’avenir des villes : financer un développement urbain inclusif, vert et résilient ».
Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, a présidé la cérémonie d’ouverture marquée par la présentation d’un cadeau hautement symbolique signé des mains de l’artiste malien Amadou Opa Bathily offert par ShafDB à SM le Roi Mohammed VI.
Dans son allocution, la ministre a planté le décor, le taux d’urbanisation africaine s’établira à 65 % en 2050 contre 30 % en 2020, soit un doublement qui posera un véritable défi pour les États africains : une opportunité mais un défi de gouvernance.
Autre chiffre qui démontre l’importance de l’urbanisme et la politique de la ville comme une priorité en Afrique, le déficit en logements qui passe de 53 millions unités soit 1.400 milliards de dollars à 130 millions en 2050.
Bien évidemment, Nadia Fettah a abordé la question de l’urbanisme et du logement sous le prisme marocain, le Royaume enregistre un taux d’urbanisme de 65 actuellement et passera à 70% en 2040.
La demande en logement au Maroc est passée de 1,6 million unités en 2015 à 2,3 millions unités en 2026.
Elle a énuméré les leviers actionnés pour faire face à la pression urbaine notamment la gouvernance, les mécanismes de financement et de garantie pour assurer un accès au logement à toutes la catégories sociales même celles dites non banquables, en raison d’une activité dans l’informel.
Sans oublier l’aide directe au logement qui entre 2024 et 2028 propose une aide allant de 70.000 et 100.000 DH ou encore les fonds de garantie publics Fogarim et Fogaloge qui ont profité à 320.000 ménages. Au cœur de cette dynamique une demande intérieure soutenue et des aides aux ménages et entreprises.
Sur un autre registre l’urbanisation a hissé la contribution du secteur de la construction à 6% du PIB et 12% de l’emploi.
L’urbanisation galopante se traduit également sur le secteur bancaire particulièrement l’encours de crédit : l’encours du crédit immobilier a progressé de 30% en 10 ans et représente actuellement 25 % de l’encours de crédit.
Nadia Fettah a insisté sur l’importance de la gouvernance dans la transformation territoriale des cités en des villes tournées vers l’avenir.
ShafDB, de nouvelles ambitions pour l’urbanisme en Afrique
La qualité de la réponse au défi de l’urbanisme galopant n’est pas la même partout ailleurs qu’au Maroc. Dans ce sens, Lionel Zinsou, le président du Conseil d’administration de ShafDB, a salué l’expérience marocaine en la matière et aussi sa capacité à contenir la problématique de l’informel par la garantie publique.
Cette solution est d’autant plus importante pour les pays africains où l’informel domine, le cas du Bénin où il caracole à 90% de l’économie.
La microfinance peut également être un levier pour faciliter l’accès au logement.
Pour Lionel Zinsou, il faut partir sur un financement plus affiné et un rating citoyen pour pouvoir adresser les besoins des populations dans leur quête au logement et en faciliter l’accès.
L’expérience de l’Inde a également été citée avec un écosystème viable pouvant offrir du logement à 10.000 dollars seulement.
Ce sont autant de défis dans lesquels ShafDB puise ses directives. Pour cela, la banque est en passe de vivre une grande transformation, souligne Lionel Zinsou. La banque dont le siège est établi à Nairobi (Kenya), est une institution financière panafricaine créée en 1981. Elle compte actuellement 44 actionnaires, ainsi que deux institutions financières africaines de référence : la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Société Africaine de Réassurance (Africa Re).
Sa mission consiste à accompagner les acteurs publics et privés africains dans l’identification, le financement et la mise en œuvre de projets de logement, d’aménagement urbain et d’infrastructures, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions d’habitat et au développement durable des villes africaines.
Au cœur de son activité, le soutien à une fourniture efficace de logements abordables et d’immobilier commercial pour un continent dont le taux d’urbanisation bondira à 65% en 2050. Autant dire qu’il y a du pain sur la planche.
Et c’est à Rabat que ShafDB a dévoilé sa nouvelle identité, ses nouveaux statuts qui en font une banque de développement à part entière et surtout accueillir de nouveaux actionnaires en plus des actionnaires souverains, en plus des levées sur les marchés de capitaux internationaux, la banque ayant un bon rating à l’international.
En somme, ShafDB ouvre un nouveau chapitre pour accompagner une Afrique croissante, jeune et féconde.

