Viandes et bétail : suspension des droits de douane pour stabiliser le marché

Face aux tensions persistantes sur le marché national des viandes rouges, le gouvernement marocain active un nouveau levier douanier. Entré en vigueur hier, le décret n° 2.26.584, publié au Bulletin Officiel n° 7529, suspend temporairement les droits d’importation sur les ovins vivants et plusieurs catégories de viandes [B.O n° 7529 du 27 juillet 2026]. Cette mesure d’urgence, effective jusqu’au 31 décembre 2026, vise à doper l’offre locale et à contenir l’envolée des prix à la consommation.
Pour inciter les opérateurs économiques à s’approvisionner massivement sur les marchés étrangers, l’État applique une politique de « tolérance zéro fiscale » aux frontières sur les produits de première nécessité. Sont désormais importables à un taux de 0% :
- Les ovins domestiques vivants, ciblant directement le renouvellement et le soutien du cheptel national.
- Les viandes fraîches, réfrigérées ou congelées des espèces bovine, ovine, caprine et caméline.
L’objectif est limpide : court-circuiter la hausse des prix en abattoir en injectant une offre alternative compétitive, alors que l’élevage local subit de plein fouet les cycles de sécheresse successifs.
Les abats lourdement taxés à 30%
À l’inverse de la viande et du bétail sur pied, l’administration douanière serre la vis sur les produits tripiers. Le décret introduit une modification majeure pour la position tarifaire Ex 02.06 : les abats de bœuf, de mouton, de chèvre et de chameau se voient appliquer une quotité de droit d’importation fixée à 30%.
Cette taxation ciblée pourrait répondre à une volonté de réguler un segment spécifique du marché de sous-produits, souvent jugé excédentaire ou nécessitant une protection de la filière de transformation locale.
L’Administration des douanes et impôts indirects (ADII) a d’ores et déjà briefé ses services opérationnels dans les différents ports et postes frontières du Royaume. La note administrative est stricte : toute anomalie ou blocage technique dans l’application de ces nouvelles grilles tarifaires doit être immédiatement notifiée à l’administration centrale.
Avec une fenêtre d’action de seulement cinq mois, le gouvernement joue contre la montre pour rééquilibrer les étals avant l’étau de la fin d’année. Reste à savoir si les importateurs réagiront assez vite pour que le consommateur marocain en ressente l’impact sur son pouvoir d’achat dès les prochaines semaines.
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