Crise de l’enseignement : l’avenir de nos enfants entre parenthèses

Ecrit par Soubha Es-Siari I
Cette crise de l’enseignement qui ne fait que perdurer a mis en exergue l’incapacité des institutions, des syndicats, des partis politiques à jouer le rôle qui leur incombe et à faire face à cette crise qui risquerait de coûter cher aux enfants, à l’économie… au Maroc. A méditer.
Les mois s’écoulent, se ressemblent… mais le bras de fer entre le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports et les coordinations représentantes des enseignants continue et ce au grand dam des élèves notamment ceux qui fréquentent les établissements publics.
Suite au dialogue enclenché et accord annoncé, nous avons souhaité entamer l’année 2024 avec beaucoup de sérénité, d’optimisme et d’espoir pour nos enfants, mais que dalle.
Les antagonistes tirent chacun de son côté la corde raide qui finirait dans ce cas précis non pas par la victoire de l’un ou de l’autre partie mais, si la confrontation persiste, par la détérioration de la scolarité des enfants, cette génération qui devrait prendre demain ou après-demain les rênes du pays ou intégrer les cercles de décision.
Cette situation très complexe porte à nouveau un coup dur à l’école publique et à ses enseignants, une école de plus en plus bannie et désertée par la classe moyenne justement pour la qualité de l’éducation et parfois même pour l’insouciance du corps enseignant. D’ailleurs dans ces circonstances, des familles, ont décidé, malgré la cherté du coût de la vie, de réinscrire leur progéniture dans des écoles privées pour éviter le pire scénario, celui d’une année blanche.
Ce feuilleton de la crise de l’enseignement paraît si long et si embrouillé que nous ne parvenons plus à suivre sereinement les épisodes encore moins à séparer le bon grain de l’ivraie. Des résolutions par-ci, des grèves par-là, chaque jour nous ramène son lot de surprises avec pour toile de fond la poursuite du mouvement de grève dans plusieurs écoles du royaume.
D’aucuns pointent du doigt les enseignants, leur laxisme dans un contexte où le Maroc, à l’instar d’autres économies, vit des moments difficiles à cause de la succession des crises qui ne l’empêchent pas pourtant de s’obstiner à honorer ses engagements aussi bien économiques que sociaux.
D’autres par contre incombent la responsabilité à la tutelle qui depuis belle lurette a ignoré ce secteur névralgique pour un pays souhaitant faire de son capital humain, un véritable levier de développement économique. Comment a-t-elle pu fermer les yeux pendant toutes ces années sur la situation économique de l’enseignant, acteur principal de toute réforme ou encore sur ses conditions de travail ?
En répondant à la valse des questions provocantes à la Chambre des représentants, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Chakib Benmoussa a gardé tout son calme pour apaiser les tensions et briffer sur les mesures prises par son département dans le cadre de plan national pour mieux gérer le temps scolaire. En revanche, la prolongation de l’année scolaire seulement d’une semaine ou les prélèvements sur salaires des enseignants qui biaisent le droit de grève ont cristallisé les débats de la séance.
Cette crise de l’enseignement qui ne fait que durer a mis en exergue l’incapacité des institutions, des syndicats, des partis politiques à jouer le rôle qui leur incombe et à faire face à cette crise qui risquerait de coûter cher aux enfants, à l’économie… au Maroc. A méditer.

