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Édito

Challenges

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Ecrit par Soubha Es-Siari I

Quelques années nous séparent de 2030 mais sont névralgiques pour le Maroc. Piégé dans le cercle des pays intermédiaires, le Maroc a grandement besoin d’une croissance forte et durable pour relever les multiples défis auxquels il est confronté.

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Le premier et important défi est le stress hydrique qui plane comme une épée de Damoclès sur l’économie nationale. Ce défi trop contraignant n’a pas laissé indifférents les autorités publiques qui, bien que tardivement, ont mis en place un ensemble de mesures pour sauver la situation. Ces mesures vont de la rationalisation des ressources hydriques disponibles actuelles à la mise en place des « autoroutes de l’eau » des bassins excédentaires vers les zones déficitaires en passant par la construction d’une trentaine de nouveaux barrages destinés à capter une part importante des eaux de surface. Toutefois, cette approche reste dépendante des pluies qui malheureusement se font de plus en plus rares.

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C’est dans le même sillage que s’inscrit le programme de dessalement qui avance lentement mais sûrement. Encore faut-il rappeler que les chances de réalisation de ce programme de dessalement sont  fortement conditionnées par la disponibilité de l’énergie à des coûts compétitifs.  Une situation complexe et compliquée étant donné que les besoins du pays en énergie sont en totalité couverts par des importations dont les coûts élevés, pour des raisons géostratégiques, détériorent davantage le déficit commercial du Royaume.

Autre écueil sur lequel bute le Maroc est celui relatif à l’énergie. Pour relever ce défi, les pouvoirs publics actionnent trois leviers : accélérer l’arrivée à maturité du programme des énergies renouvelables dans l’espoir de couvrir au moins 52% du mix énergétique, investir dans la construction d’une ligne électrique THT appelée à transporter 3GW d’énergie renouvelable de la région de Dakhla vers Médiouna dans la banlieue de Casablanca, et enfin booster la construction d’une troisième grande centrale électrique à cycle combiné gaz/charbon à proximité du barrage Al Wahda tout près Gazoduc Maghreb Europe (GME). Devant être opérationnels en 2028-2029, ces différents projets allègeront sensiblement le poids de cette contrainte.

Autre défis et pas des moindres est l’organisation de la CAN2025 et de la CDM2030.. Comme l’ont si bien dit les conjoncturistes, même si le pays ne part pas d’une situation ex-nihilo, il y aurait beaucoup à faire, entre extension de la ligne TGV et construction de nouvelles infrastructures sportives, hotellière et autres. Le financement de ces infrastructures sportives fait d’ailleurs débat. Surtout qu’on annonce un budget de départ d’environ 20 Mds de Dh à répartir entre frais de rénovation des stades déjà existants ou investissements dans la construction d’un nouveau de 115.000 places à Benslimane !

« Mais, cet additionnel d’investissement n’aurait de sens que si cela se traduirait par la création d’un écosystème sportif accompagné d’une transformation des clubs marocains de football – de simples TPE d’amateurs actuellement – en véritables entreprises industrielles sportives capables d’impulser une dynamique similaire à celle jouée par l’automobile dans le décollage industriel du Maroc », insistent les conjoncturistes.

Toujours est-il et bien que cela puisse paraître lointain, le Maroc doit réfléchir à comment rentabiliser ces investissements faramineux liés à la coupe du monde au-delà des échéances. Ces investissements budgétivores devraient créer de la valeur ajoutée au service de l’économie. Nombreux d’ailleurs sont les pays qui vu leur déficit budgétaire se creuser après la tenue d’un évènement footbalistique suite aux dépenses faramineuses engagées.

C’est, donc, dans la capacité du pays à se réinventer pour réussir ces différents challenges qu’il peut accéder à de nouveaux paliers de croissance, préalables indispensables pour intégrer le cercle des pays émergents, améliorer son taux d’emploi et être au rendez-vous des ODD (Objectifs du Développement Durable) de 2030 qui ont pour leitmotiv, pour l’essentiel, l’amélioration du niveau de vie des populations.

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