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Finances

Capital investissement au Maroc : top ou flop ?

capital investissement amic

Écrit par Imane Bouhrara I

Voilà un quart de siècle que l’activité du capital investissement au Maroc trace sa voie dans un environnement fluctuant, un public novice et des entreprises plus habituées à se financer en fonds propres ou par crédit bancaire et un cadre peu propice. Mais bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis, l’AMIC, du haut de ses 25 ans, a révélé un impact positif du capital investissement sur la dynamique économique du pays. Chiffres à l’appui.

Rien qu’en 2024, quelque 15,7 Mds de DH ont été investis dans 320 entreprises, ce qui illustre comment le capital investissement a bien progressé depuis les années 2000, réussissant à impacter de plus en plus d’entreprises et dynamisant l’activité économique dans plusieurs secteurs.

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Cette dynamique se reflètent également au niveau du CA des entreprises investies qui progressé de +20,5 % tandis que le taux de croissance du PIB national se situe à 3,8 % en 2024.

Le taux de croissance des effectifs est de 15 % par rapport à la fin de l’année 2023, relève la 6e édition du « Rapport d’Impact du Capital Investissement au Maroc – 2024 », une étude approfondie réalisée par la Commission Études & Statistiques de l’AMIC, présidée par Hassan Laaziri, Président de l’association et Fidaroc Grant Thornton.

A noter que 33 membres actifs de l’AMIC accompagnent et financent la croissance de plus de 320 entreprises marocaines.

Les secteurs investis par les fonds – ayant connu la plus forte croissance de leur chiffre d’affaires – en 2024 sont les TIC (79 %), la Santé (59 %) et les Services (9 %). Le taux de croissance enregistré par l’ensemble des secteurs investis par les fonds en 2024 se situe à 21 %.

Le niveau d’EBITDA affiche un accroissement de 2,5 fois en valeur entre l’année d’entrée et l’année de la sortie des Fonds, montrant ainsi la création de valeur générée pendant la phase d’investissement.

Par ailleurs, la contribution fiscale des entreprises investies a significativement augmenté entre l’année d’entrée et l’année de sortie du fonds (ou 2024 pour les entreprises encore investies).

Sur près de 200 PME accompagnées entre 2000 et 2024 ayant communiqué leurs données fiscales dans le cadre de cette enquête, la contribution fiscale a augmenté de plus de 3 Mds de DH sur une durée de détention moyenne de 6 ans. En 2024, le montant total des impôts et taxes collectés auprès des entreprises investies a enregistré une hausse de près de 250 MDH en comparaison avec les chiffres de 2023.

« Ce rapport illustre de manière concrète comment le capital investissement peut transformer en profondeur notre tissu économique. En accompagnant les entreprises dans leur structuration, leur croissance et leur ouverture à l’international, nous contribuons à bâtir une économie marocaine plus compétitive, inclusive et durable. Notre ambition est claire : faire émerger les champions nationaux de demain, en alliant performance financière, impact social réel et exemplarité environnementale. », affirme Hassan Laaziri, Président de l’AMIC.

Un modèle économique et des standards élevés

Au-delà de l’aspect purement financier, mode de gouvernance et de RSE les sociétés de gestion ont développé un modèle propre aux standards élevés.

En effet, 68 % des sociétés de gestion (SDG) disposent d’une politique RSE formalisée qui définit leurs engagements en matière sociale et environnementale. 53 % des SDG affirment avoir réalisé des due diligences ou audits RSE en phase d’acquisition et/ou de cession.

74 % des SDG intègrent des indicateurs chiffrés pour mesurer leurs engagements dans le cadre de la politique RSE (parité, empreinte carbone, actions locales et autres.)

78 % des SDG affirment avoir des membres indépendants dans les comités d’investissement des fonds qu’elles gèrent. Ces membres représentent en moyenne 42 % de l’ensemble des membres de ces comités.

Elément important est celui de la parité hommes-femmes. Ainsi, en 2024. Les femmes représentent 34 % dans les équipes-métier des sociétés de gestion

Les femmes représentent 20 % des membres actifs dans les comités d’investissement des fonds. Les femmes représentent 18 % des membres des conseils de surveillance ou d’administration des sociétés de gestion.

Ces éléments inhérents à la gouvernance revêtent une grande importance dans le sens où les sociétés de gestion ne dynamisent pas les entreprises sur le plan financier et économique uniquement, mais jouent un rôle de levier de transformation de la gouvernance de ces entreprises. Le Rapport relève ainsi, que la part des femmes dans les effectifs des entreprises investies est passée de 35 % en 2022 à 37% en 2024.

Les entreprises investies affichent également une amélioration significative de leurs indicateurs RSE entre la date de la prise de participation et la date de cession (ou à fin 2024 pour les entreprises encore investies par les fonds).

Le rapport de l’AMIC relève aussi que la quasi-totalité des entreprises investies répond à terme aux exigences des fonds d’investissement en matière d’amélioration de la gouvernance et de mise en place d’outils de communication et de transparence financière.

Un tournant avec le FM6I

L’activité du capital investissement boucle l’exercice 2024 sur un record de levées avec un montant total de 3.887 MDH de capitaux mobilisés pour l’investissement au Maroc, relève le rapport d’activité 2024 et un doublement des levées et attendu en 2025 et 2026, avec notamment l’effet catalyseur du Fonds Mohammed VI pour l’Investissement.

Ce dernier a annoncé ce 10 juillet la sélection d’une liste de 14 sociétés de gestion de fonds sectoriels et thématiques, avec pour mission de contribuer au renforcement des capitaux propres des entreprises, rehausser leurs capacités à investir et créer des emplois durables,

Pour l’activité, le Fonds Mohammed VI pour l’Investissement joue un rôle de catalyseur structurant, avec un effet multiplicateur estimé à trois, élargissant ainsi la base d’investisseurs et stimulant durablement l’attractivité du secteur.

Mais des défis se posent pour l’activité tels que identifiés par l’étude «Private Equity, the New Transformative Path to 2030 » réalisée par l’AMIC en partenariat avec Strategy&, ainsi que les leviers de transformation du Capital Investissement. Il s’agit particulièrement le renforcement du segment intermédiaire (20–100 MDH) qui demeure largement sous-adressé et donc un accès limité des PME et entreprise intermédiaire à cet outil performance qu’est le capital investissement.

Le défi également se pose avec la domination des prises de participation minoritaires qui limitent l’impact que peuvent apporter les SDG.

Et bien sûr entre autres défis, le cadre fiscal relatif au capital investissement ou encore la faible mobilisation des investisseurs locaux.

Autant d’éléments qui figurent en bonne place dans l’agenda de l’AMIC.

Autrefois marginale, méconnue, l’activité du capital investissement joue un rôle central non seulement dans le financement des entreprises mais l’évolution de leur gouvernance et par ricochet la transformation du tissu productif national.

Ainsi, en réponse à la question posée en préambule, le capital investissement au Maroc c’est top et non flop.


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