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Édito

Préparation post-bac : un diplôme, deux vitesses

bac

Le 17 juin, 262.442 candidats ont décroché le précieux sésame : le baccalauréat. À peine le temps de célébrer cette étape décisive que des milliers de nouveaux bacheliers se sont déjà lancés dans une autre course, celle de l’accès à l’enseignement supérieur. Entre concours, seuils d’admission, dossiers de candidature et procédures de sélection de plus en plus complexes, l’orientation post-bac est devenue un véritable parcours du combattant pour les élèves et leurs familles. Une situation qui a favorisé l’essor d’un marché florissant celui des centres de préparation aux concours et de l’accompagnement aux admissions. Mais cette quête de la meilleure orientation a un coût, souvent lourd à supporter pour les ménages et qui créé des inégalités des chances.

Le baccalauréat constitue sans doute l’une des étapes les plus déterminantes du parcours scolaire. Véritable point de bascule, il ouvre la voie aux études supérieures et influence les trajectoires professionnelles futures. Ce diplôme marque ainsi une transition majeure entre l’enseignement secondaire et l’entrée dans le monde universitaire. Cette année, 262.442 candidats ont décroché le précieux sésame à l’issue de la session ordinaire, dont les résultats ont été annoncés ce mercredi 17 juin. Mais l’aventure est loin d’être terminée.

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En effet, une fois l’euphorie des résultats retombée, les youyous tus et les célébrations achevées, une nouvelle source d’inquiétude s’impose aux familles : celle de l’après-bac. À peine ont-ils eu le temps de savourer leur réussite que les nouveaux bacheliers doivent déjà se projeter vers une étape tout aussi exigeante, sinon plus, l’accès à l’enseignement supérieur.

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Car l’obtention du baccalauréat ne constitue plus une fin en soi. Pour intégrer les filières les plus convoitées et les établissements les plus prestigieux, les élèves doivent non seulement atteindre les seuils requis, mais également se préparer à une série de concours, de sélections et d’entretiens. Une course contre la montre s’engage alors, dans un contexte marqué par une concurrence de plus en plus forte et des critères d’admission toujours plus sélectifs.

L’orientation post-bac est devenue un véritable parcours du combattant et un casse-tête pour de nombreuses familles. Une complexité croissante qui a permis le développement d’un marché florissant : celui des préparations aux concours et de l’accompagnement aux admissions. Une activité qui prospère sur une réalité de plus en plus partagée par les parents : ils ne savent plus où donner de la tête. Et comme dit l’adage : « là où il y a un besoin, il y a un marché ».

Contrairement à il y a quelques années, lorsque l’orientation reposait essentiellement sur les résultats scolaires et quelques conseils donnés par les enseignants, aujourd’hui, les élèves doivent  jongler entre plusieurs systèmes d’admission, des concours, des entretiens, des plateformes numériques et parfois même des candidatures internationales. Le stress des concours et des admissions ne commence pas juste aprés le bac mais tout au long de l’année.

L’enjeu est de taille, et les parents se retrouvent contraints, voire parfois forcés, de recourir à des organismes d’accompagnement aux études supérieures. Toutefois, cet accompagnement à l’orientation, aux concours et aux candidatures représente désormais un coût significatif au cours de l’année du bac et post-bac.

Pour donner un ordre de grandeur, les tarifs varient entre 2.500 DH à 30.000 DH pour l’accompagnement au cours de l’année (national et international), et entre 3.500 DH et 6.000 DH/concours pour la préparation aux concours. Sans parler des frais de dépôts des dossiers de candidature.

Ainsi les familles se retrouvent entre le marteau et l’enclume. Cours de soutien, préparation aux examens, coaching scolaire ou encore assistance aux dossiers d’admission, les dépenses s’accumulent année après année, transformant l’éducation en un investissement financier conséquent, parfois difficile à assumer pour les ménages. Surtout qu’avec un secteur de l’éducation publique en panne, les parents n’ont pas vraiment le choix.

La question qui se pose est la suivante : pourquoi autant de familles ressentent-elles le besoin de payer pour comprendre le système ?

La multiplication des procédures, des critères de sélection et des établissements a créé un sentiment d’opacité. Beaucoup de parents estiment manquer d’informations claires et accessibles. Dans ce contexte, les cabinets d’accompagnement apparaissent comme des traducteurs d’un système devenu difficile à décrypter.

Une nouvelle source d’inégalités

Malheureusement, toutes les familles ne peuvent pas se permettre ce luxe pour garantir une bonne orientation à leurs enfants. Résultat des courses, le système crée une nouvelle forme d’inégalités, à la fois scolaires et sociales, entre les élèves qui bénéficient d’un accompagnement personnalisé et ceux qui ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Un fossé se creuse entre les familles capables d’acheter cette expertise et celles qui en sont privées.

L’explosion du marché de l’accompagnement aux concours et aux admissions n’est peut-être pas seulement le signe d’une opportunité économique. Elle révèle aussi le malaise de nombreuses familles face à un système éducatif perçu comme toujours plus complexe, plus concurrentiel et plus anxiogène.

Si ces entreprises prospèrent, c’est d’abord parce qu’elles répondent à une demande réelle : celle de parents inquiets, souvent perdus, et convaincus qu’une erreur d’orientation peut avoir des conséquences durables. Au fond, la véritable question n’est peut-être pas de savoir pourquoi ces services existent, mais pourquoi ils semblent aujourd’hui devenus indispensables.

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