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Édito

Football : quand les bleus goûtent au « syndrome marocain » face à l’Espagne

exécutif

C’est le football dans ce qu’il a de plus cruel et de plus spectaculaire. Hier soir, en demi-finale de la Coupe du Monde, l’équipe de France a quitté la compétition par la petite porte, battue 2-0 par une Espagne bien plus déterminée. Mais au-delà du score, c’est le scénario qui laisse un immense goût de déjà-vu. Un miroir déformant. En tombant face à la Roja, les Bleus ont vécu exactement la même impuissance qu’ils avaient infligée au Maroc il y a pratiquement une semaine.

Hier, l’histoire a bégayé. Face au jeune prodige Lamine Yamal (Jamal), dont les racines sont marocaines, Lucas Digne commet l’irréparable à la 22e minute : un penalty transformé par Mikel Oyarzabal. En un clin d’œil, la France est déboussolée : elle doit attaquer, alors qu’elle ne fait que contre-attaquer depuis le coup du sifflet.

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La suite du match a été un long chemin de croix pour les hommes de Didier Deschamps, rappelant le match opposant la France au Maroc. Les Bleus ont-ils eu le ballon ? Ils ont quelques fois tourné autour de la surface espagnole, mais pour quoi faire ? Kylian Mbappé, sevré de ballons a terminé la rencontre avec un score nul au rayon des tirs cadrés. Ousmane Dembélé a multiplié les courses folles pour finir dans des impasses. Bref, les attaquants français (Mbappé, Dembélé, Olise) ont été totalement éteints durant toute la rencontre.

En face, l’Espagne n’a même pas eu besoin de pratiquer son tiki-taka légendaire. Un bloc compact, solidaire, qui n’a concédé qu’un minuscule 0,30 d’Expected Goals (xG). Les Bleus se sont heurtés à un mur, exactement comme leurs adversaires passés.

Le coup de massue final est arrivé à la 58e minute, sur une frappe chirurgicale de Pedro Porro.

Il faut tout de même reconnaître que jusqu’à cette demi-finale à Dallas, les hommes de Didier Deschamps ont avancé sans jamais avoir à puiser dans leurs réserves, portés par des adversaires à leur portée.

Des victoires méthodiques contre le Sénégal (3-1), l’Irak (3-0) et la Norvège (4-1) ont permis aux Bleus de se qualifier sans forcer leur talent. Une phase à élimination directe tranquille et le quart contre le Maroc est passé comme une lettre à la poste.

Une chose est cependant sûre : hier, la réalisation espagnole a vraiment éteint les dernières illusions tricolores et ce, bien avant le coup de sifflet final.

Pour la dernière danse de Didier Deschamps sur le banc, la France a bu sa propre potion jusqu’à la lie. Elle a été punie par le réalisme, la discipline et le pragmatisme. Des valeurs qu’elle avait érigées en religion, et qui se sont retournées contre elle.

Didier Deschamps s’en va donc sur une fausse note, Kylian Mbappé cherche encore le cadre, et la France du football va enfin pouvoir redécouvrir une vieille tradition oubliée : regarder la finale à la télé, un paquet de chips à la main, en expliquant à tout le monde qu’elle aurait pu bien faire de meilleurs choix tactiques.


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