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Finances

SCRT : hausse des recettes et décélération du déficit budgétaire au S1

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La situation des charges et ressources du Trésor au terme du premier semestre de 2026, telle que publiée par le ministère de l’Économie et des Finances, fait ressortir un déficit budgétaire de 24 Mds de DH, contre 30,8 Mds de DH un an auparavant. Cette évolution reflète une progression des recettes (+30 Mds de DH) supérieure à celle des dépenses (+23,2 Mds de DH).

Les recettes, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, ont affiché un taux de réalisation de 52% par rapport aux prévisions de la loi de finances (LF) et ont augmenté de près de 30 Mds de DH (+15,4%) comparativement à fin juin 2025.

Les recettes fiscales ont enregistré un taux de réalisation de 54% et une hausse de 20,9 Mds de DH (+11,8%) par rapport à fin juin 2025.

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Les remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, y compris la part supportée par les collectivités territoriales (CT), ont augmenté de près de 3 Mds de DH, pour atteindre 17,3 Mds de DH. Par nature d’impôt et de taxe, les principales évolutions ayant marqué le comportement des recettes fiscales, tant par rapport aux prévisions de la LF 2026 que par rapport à fin juin 2025, se présentent comme suit :

– IS : Un taux de réalisation de 70,8% et une augmentation de 13,9 Mds de DH (+26,2%), reflétant principalement la bonne dynamique des versements spontanés qui ont augmenté de 13,4 Mds de DH (+23,8%), tirés notamment par la forte hausse du 2e acompte (+4,6 Mds de DH), du 1er acompte (+4,1 Mds de DH) et du complément de régularisation (+4,1 Mds de DH) ;

– IR : Un taux de réalisation de 57,4% et une hausse de 695 MDH (+1,9%). Cette évolution s’explique principalement par la recette exceptionnelle de 3,8 Mds de DH enregistrée à fin juin 2025, en liaison avec la mesure de la régularisation fiscale volontaire prévue par la LF 2024. En excluant cette opération exceptionnelle, les recettes de l’IR auraient affiché une progression de 13,8%, portée notamment par la hausse de l’IR retenu sur les profits de cession de valeurs mobilières (+1,8 Md de DH) et de l’IR retenu sur les salaires (+1,3 Md de DH) ;

– TVA : Un taux de réalisation de 43,3% et une hausse de 2,7 Mds de DH (+5,8%). Cette progression est tirée principalement par la TVA à l’importation (+2,6 Mds de DH ou +8,7%) et, dans une moindre mesure, par la TVA à l’intérieur (+90 MDH ou +0,5%). Par ailleurs, les remboursements en matière de TVA (non compris la part des CT) ont atteint 9,7 Mds de DH, contre 7,3 Mds de DH à fin juin 2025 ;

– Taxes intérieures de consommation : Un taux de réalisation de 43,2% et une hausse de 1,2 Md de DH (+6,5%). Cette évolution s’explique principalement par la progression des recettes des TIC sur les produits énergétiques (+551 M.DH ou +5,5%) et sur les tabacs (+420 MDH ou +6,3%);

– Droits de douane : Un taux de réalisation de 47,4% et une hausse de 747 MDH (+9,3%) ;

– Droits d’enregistrement et de timbre : Un taux de réalisation de 57,3% et une progression de 1,8 Md de DH (+14,9%), résultant principalement de la hausse des recettes issues des droits d’enregistrement de 1,4 Md de DH.

Les recettes non fiscales ont atteint 24,9 Mds de DH à fin juin 2026, provenant notamment des produits versés par les établissements et entreprises publics à hauteur de 7 Mds de DH, dont 4,2 Mds de DH versés par Bank Al-Maghrib et 2,5 Mds de DH par l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie, des recettes au titre des mécanismes de financement innovants pour un montant de 9,9 Mds de DH et des produits divers des ministères à raison de 6,9 Mds de DH.

Dépenses

Les dépenses ordinaires se sont élevées à 203,9 Mds de DH à fin juin 2026, affichant un taux d’exécution de 53,7% et une hausse de 26,2 Mds de DH par rapport à fin juin 2025. Cette évolution est attribuable notamment à une hausse des dépenses au titre des biens et services de 21,8 Mds de DH (+14,9%), des intérêts de la dette de 3,3 Mds de DH (+16,3%) et des charges de la compensation de 1 Md de DH (+10%).

– Dépenses au titre des biens et services : Leur exécution a été marquée par un taux de réalisation de 49,9% pour les dépenses de personnel et de 55,3% pour les dépenses afférentes aux « autres biens et services ». Leur évolution respective par rapport à fin juin 2025 correspond à une hausse de 10,5 Mds de DH et de 11,3 Mds de DH. L’augmentation des dépenses de personnel s’explique par l’impact des mesures décidées dans le cadre du dialogue social. Quant à la hausse des dépenses relatives aux « Autres biens et services », elle résulte principalement de l’augmentation des transferts au profit de divers établissements et entreprises publics (+7,6 Mds de DH) notamment ceux à caractère social;

– Intérêts de la dette : Ils ont enregistré un taux de réalisation de 57,5%. Leur évolution traduit une hausse des intérêts de la dette intérieure de 2,7 Mds de DH ainsi qu’une augmentation de ceux de la dette extérieure de 670 MDH ;

– Charges de la compensation : Elles ont atteint 11,4 Mds de DH, affichant un taux de réalisation de 82,5% et une hausse de 1 Md de DH (+10%) par rapport à fin juin 2025. Une hausse attribuable principalement aux aides directes accordées aux professionnels du secteur du transport, visant à faire face à la hausse des prix des carburants, induite notamment par le conflit au MoyenOrient, pour un montant de 1,3 Mds de DH à fin juin 2026.

Les évolutions des recettes et des dépenses ordinaires se sont traduites par un solde ordinaire excédentaire de 21,3 Mds de DH, contre 17,5 Mds de DH un an auparavant. Les dépenses d’investissement ont atteint 59,8 Mds de DH, en hausse de 10 Mds de DH (+20,2) par rapport à fin juin 2025. Comparativement aux prévisions de la LF 2026, leur taux de réalisation s’est élevé à 52,1%.

Comptes spéciaux du Trésor

Les comptes spéciaux du Trésor ont dégagé un excédent de 14,5 Mds de DH, contre 1,4 Mds de DH à fin juin 2025. Ce solde est attribuable, à hauteur de 11,6 Mds de DH, aux comptes d’affectation spéciale dont 10,6 Mds de DH et, à hauteur de 3,2 Mds de DH, aux comptes de dépenses sur dotations.

Financement

Compte tenu de ces évolutions et d’une augmentation des opérations en instance de 354 MDH, la situation des charges et ressources du Trésor dégage un besoin de financement de 23,6 Mds de DH, contre 46,1 Mds de DH un an auparavant. Les mobilisations nettes se sont stabilisées autour de 19,1 Mds de DH sur le marché domestique, tandis que les emprunts extérieurs nets se sont établis à près de 22,8 Mds de DH.

Le flux de l’endettement intérieur recouvre des souscriptions pour un montant de 72,5 Mds de DH et des remboursements en principal pour 53,4 Mds de DH. Celui de l’endettement extérieur comprend des tirages de 35,1 Mds de DH, y compris 23,7 Mds de DH mobilisés sur le marché financier international, ainsi que des amortissements de 12,3 Mds de DH.

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