Institut marocain des administrateurs (IMA) : publication du panorama 2026 des pratiques ESG des émetteurs faisant appel public à l’épargne

L’Institut Marocain des Administrateurs (IMA) a publié l’édition 2026 de son panorama des pratiques ESG des émetteurs faisant appel public à l’épargne qui comprend pour la première fois, une analyse sectorielle.
Le panorama porte sur 96 émetteurs, dont 95 analysés au titre de l’exercice 2025, et présente 14 secteurs comptant au moins trois émetteurs, précise l’IMA dans un communiqué.
En matière d’indépendance et de mixité, près de 75% des émetteurs ont un à deux administrateurs indépendants, contre 67% en 2024, tandis que 22% des émetteurs comptent trois administrateurs indépendants ou plus, fait savoir la même source.
Cinq secteurs incluent près d’un tiers d’administrateurs indépendants au sein de leur conseil, soit le seuil maximum prévu par la loi 17-95 : le secteur des mines, les distributeurs, les sociétés de placement immobilier, les banques et le secteur de la santé.
Les femmes occupent en moyenne 31% des sièges du conseil, contre 29% en 2024. Par ailleurs, 65% des émetteurs comptent au moins 30% de femmes administrateurs, contre 55% en 2024.
En effet, cinq secteurs s’approchent du seuil de 40% de femmes administrateurs prévu par la loi 17-95 en janvier 2027 : le bâtiment et matériaux de construction (39%), l’automobile et la santé (38%), les assurances (37%) et la participation et promotion immobilières (36%).
S’agissant des comités, le comité d’audit est présent chez 100% des émetteurs, tandis que le comité de nomination et de rémunération est présent chez 59% des émetteurs, un taux stable par rapport à 2024. Ce dernier comité est présent chez 100% des émetteurs des secteurs des banques, des assurances, de l’automobile et du transport.
Un émetteur sur cinq a mis en place un comité ESG, soit 20%, contre 17% en 2024 et 6% en 2023. Ce taux atteint 44% dans les banques, 40% dans les assurances et 38% dans le secteur du bâtiment et matériaux de construction.
En matière de gouvernance et de reporting durabilité, 42% des émetteurs communiquent leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), ou bilan carbone, contre 32% en 2024, et 13% communiquent un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.
La mesure des émissions de GES est la plus répandue dans le secteur du bâtiment et matériaux de construction (88%), les banques (78%) et le secteur de la chimie (67%). Les banques (78%) et les assurances (60%) sont les plus nombreuses à communiquer un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050.
Par ailleurs, 42% des émetteurs ont mis en place une fonction RSE au niveau du management. Elle existe chez 83% des émetteurs de l’agroalimentaire, 80% des assurances et 78% des banques.
Le référentiel des ODD (Objectifs de développement durable des Nations Unies) est utilisé par 54% des émetteurs, contre 43% en 2024. 16% se réfèrent aux normes européennes ESRS, contre 4% en 2024, et 9% aux normes ISSB (IFRS S1 et S2).
“Ce panorama sectoriel offre pour la première fois aux émetteurs un outil de benchmark par rapport à leurs pairs. Il montre également que certains secteurs vont volontairement au-delà des exigences du régulateur, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), notamment le bilan carbone, les objectifs de neutralité et le comité ESG”, a souligné la directrice générale de l’IMA, Lamia El Bouanani.
Le secteur bancaire, pour lequel l’AMMC a déjà posé des exigences en la matière, montre la voie à l’instar du secteur des assurances et du secteur du bâtiment et matériaux de construction, a poursuivi L. El Bouanani, notant que cette dynamique générale traduit sans doute l’anticipation d’exigences futures et la volonté de répondre aux attentes des clients et des investisseurs.

