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Édito

A la merci du pétrole : que décidera BAM ce mardi ?

exécutif

Ecrit par Soubha Es-Siari I

Le Conseil de Bank Al Maghrib (BAM) se réunit ce mardi 17 mars pour faire ses projections économiques et dévoiler sa politique monétaire à l’issue des évènements liés au Conflit au Moyen-Orient. Il s’agit de son premier Conseil tenu en 2026. Alors que les analystes et les traders parient que la flambée des prix du pétrole pourrait le pousser à relever le taux directeur.

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La guerre au Moyen-Orient a ranimé les craintes d’un choc inflationniste alimenté par l’énergie, à un moment où les souvenirs de la crise de 2022 consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie restent vifs.

Brusquement tirées de la « situation confortable » où elles se trouvaient, les perspectives de l’inflation sont désormais entre les mains des Etats-Unis et de l’Iran.

Que fera le conseil de BAM ce mardi ? Maintenir le taux directeur à 2,25 %. Personne ne peut prédire combien de temps le conflit durera ni où s’arrêteront les prix de l’énergie. Le gouverneur de BAM ne peut plus dire que l’inflation poursuivrait sa décélération, avant de s’accélérer de nouveau en 2027, avec des évolutions hétérogènes d’une économie à une autre. Les évolutions ayant malheureusement surgi bien avant 2027.

La guerre signifie-t-elle un nouveau choc inflationniste ? L’inflation devrait augmenter, mais la question de savoir si cela se transformera en choc dépendra de la durée du conflit et du moment où les pétroliers pourront à nouveau franchir le détroit stratégique d’Ormuz.

Les prix du pétrole ont fluctué, frôlant les 120 dollars la semaine dernière. Depuis le déclenchement de la guerre, les prix du baril ont grimpé de 30%.

Cela augmenterait considérablement l’inflation. En Europe, une analyse passée de la BCE a montré qu’une hausse permanente de 14 % des prix du pétrole et du gaz augmenterait l’inflation de 0,5 % et pèserait sur la croissance à hauteur de 0,1 %, avec un impact similaire la deuxième année avant de s’estomper. Le Maroc pays importateur de pétrole n’est pas épargné malgré les propos rassurants du chef de gouvernement qui considère l’économie résiliente malgré le conflit au Moyen-Orient. Une situation qui en cas de statu quo ne pourrait pas tenir longtemps.

Avant le conflit, le Conseil de BAM tenu au mois de décembre 2025 avait annoncé que l’inflation au Maroc continue d’évoluer à des niveaux bas, ressortant à 0,8% en moyenne sur les dix premiers mois de 2025, sous l’effet notamment de l’amélioration de l’offre de certains produits alimentaires, en particulier l’huile d’olive, et de la baisse des prix des carburants et lubrifiants. Elle devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, s’accélérer graduellement pour converger vers des niveaux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix.

Ainsi, après un taux de 0,8% prévu pour l’ensemble de cette année, elle s’établirait à 1,3% en 2026 puis à 1,9% en 2027. Pour ce qui est des anticipations d’inflation, elles restent, selon lui, bien ancrées. Les projections ne prennent pas en compte le déclenchement de la guerre et ne refléteront donc probablement pas toute l’ampleur de la flambée des prix de l’énergie. Les prix à la pompe ont d’ailleurs commencé à grimper à partir de ce lundi 16 mars.

De quels leviers dispose le gouvernement pour éviter toute flambée du prix à la pompe, facteur aggravant de l’inflation et, par ricochet, de la détérioration du pouvoir d’achat ? Avant de répondre, il est impératif de rappeler qu’outre les frais liés aux achats, les prix à la pompe sont frappés par des taxes fiscales : la TIC et la TVA (10%). Ce que le gouvernement peut faire pour éviter toute flambée des prix c’est agir sur les taxes en les réduisant ou en les supprimant temporairement. Cela va permettre, si le conflit perdure, de soutenir le pouvoir d’achat des consommateurs. Il y a également la marge des opérateurs de 15%, ces derniers peuvent également mettre la main à la poche pour soutenir le pouvoir d’achat des consommateurs. Ça ne leur fera pas de mal s’ils poussent le raisonnement à un niveau macroéconomique.

Des leviers qu’il serait souhaitable d’actionner pour éviter la flambée du prix de l’énergie qui est le principal facteur responsable dans le déclenchement du processus inflationniste que nous n’arrivons pas toujours à maîtriser depuis le conflit en Ukraine en 2022.


Lire également : Escalade des tensions au Moyen-Orient : les indicateurs au Maroc tiendront-ils bon ?

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