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Édito

Maroc : succès agricole, facture énergétique

exécutif

Ecrit par Soubha Es-Siari I

L’annonce d’un blocus américain des ports iraniens a propulsé en ce début de semaine les cours du pétrole au-dessus de 100 dollars, menaçant de fermer le détroit d’Ormuz et de provoquer une crise énergétique mondiale. Cette situation paralyse l’approvisionnement pétrolier de la Chine et fait craindre une récession sectorielle, avec une inflation accrue dans le transport et l’agriculture, faisant plonger les indices boursiers asiatiques. Le Maroc quant à lui se retrouve face à un effet de « vases communicants » budgétaire : d’un côté,  une bonne année agricole qui stimule la croissance du PIB et de l’autre, la hausse du baril de pétrole qui alourdit immédiatement la facture énergétique.

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Après une certaine accalmie constatée la semaine dernière, les cours de pétrole sont repartis à la hausse. Et ce après l’annonce par Donald Trump de la fermeture des ports iraniens. Nous sommes actuellement sur une hausse de 8%. Face au refus « intransigeant » de l’Iran d’abandonner ses ambitions nucléaires lors des derniers pourparlers, Washington utilise ce blocus comme un outil de force pour obtenir une capitulation diplomatique. Cette hausse de 8% risque malheureusement de s’amplifier au cours de cette semaine parce que si cette menace est mise à exécution, les tensions au niveau du Détroit d’Ormuz seront de plus en plus renforcées. 

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Résultat des courses : les marchés seront davantage impactés parce que le pétrole iranien sortant du Détroit d’Ormuz ne le serait tout simplement pas. Autrement dit cette semaine sera encore plus décisive et trop délicate en ce qui concerne les cours mondiaux de pétrole.

Cette décision de bloquer les ports iraniens induirait un impact important sur l’économie mondiale. De l’avis des analystes, le pays qui serait lourdement impacté par ce blocage est la Chine qui s’approvisionne à hauteur de 80% du pétrole iranien. Donc au cas où la Chine est privée de pétrole iranien, elle serait obligée de se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement et, par ricochet, grignoter le pétrole disponible pour d’autres économies. Ce qui risque bien entendu de renchérir le cours du baril mondial.

Sur un autre angle, les bourses sont déjà sous pression en ce début de semaine. Les bourses asiatiques, premières concernées par la décision prises, ont accusé le coup et connu des baisses de leur indices.

S’agissant du Maroc, la remontée brutale des cours du pétrole en 2026, exacerbée par les tensions au détroit d’Ormuz, place le pays dans une position de vulnérabilité immédiate en raison de sa dépendance aux importations énergétiques, qui s’élève à près de 90%. 

Le pays se retrouve face à un effet de « vases communicants » budgétaire :

Côté positif : Une bonne année agricole stimule la croissance du PIB, soutient la consommation des ménages ruraux et réduit le besoin d’importer des céréales, ce qui préserve les réserves de devises.

Côté négatif : La hausse du baril de pétrole (portée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient) alourdit immédiatement la facture énergétique.

A rappeler qu’une hausse de 10 dollars du prix du baril de Brent engendre un surcoût estimé à 15 Mds de DH pour l’économie nationale. Cela pourrait se traduire par un dééséquilibre budgétaire: La Loi de Finances 2026 a été élaborée sur l’hypothèse d’un baril à environ 65 dollars. Un maintien durable des cours autour de 100 dollars rend ces prévisions caduques et pourrait creuser encore le déficit commercial.

En dépit des mesures de soutien, le renchérissement du transport et des coûts de production industrielle risque de freiner la trajectoire de désinflation récemment amorcée, alimentant une inflation « importée ».

Dans pareil contexte, le pays a intérêt à accélérer sa transition vers les énergies renouvelables pour réduire structurellement cette exposition aux chocs pétroliers mondiaux qui sous l’effet de la mondialisation font partie de notre quotidien.


Lire également : Les Etats-Unis veulent bloquer lundi les ports iraniens

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