Collectivités territoriales : coordonner les financements pour accélérer le développement

Malgré les avancées réalisées depuis 2017 en matière de diversification des financements et d’ouverture aux bailleurs internationaux, les collectivités territoriales marocaines restent confrontées à un défi majeur : la coordination des multiples acteurs et mécanismes de financement. Moustapha Loudini a plaidé pour une meilleure harmonisation des procédures et un renforcement de l’accompagnement technique afin de permettre aux territoires de mobiliser pleinement les ressources nécessaires à leur développement durable et à leur résilience climatique.
Depuis 2017, le Maroc a engagé des réformes significatives qui ont permis une diversification progressive des sources de financement des collectivités territoriales et un accès élargi aux marchés financiers internationaux. Ces avancées illustrent la trajectoire du Royaume vers un modèle de gouvernance territoriale plus autonome, plus résilient et mieux intégré aux dynamiques de financement durable.
En effet, depuis l’élargissement du cadre de financement des collectivités, plusieurs institutions financières internationales ont renforcé leur présence au Maroc a précisé Moustapha Loudini, chef de division des finances des Collectivités Territoriales, Direction Générale des Collectivités Territoriales, Ministère de l’Intérieur, en marge du CGLU. Des organismes tels que la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ainsi que la Société financière internationale ont participé au financement de nombreux projets territoriaux.
« Pour le ministère de l’Intérieur, cette dynamique témoigne de la crédibilité et de la maturité du modèle marocain de gouvernance territoriale. Toutefois, l’enjeu ne se limite pas à l’accès aux financements. Les collectivités ont également besoin d’un accompagnement technique leur permettant de concevoir des mécanismes financiers plus performants et mieux adaptés aux spécificités de chaque territoire »a précisé Loudini.
Mais malgré ces progrès, plusieurs défis subsistent, notamment en matière de coordination des bailleurs de fonds, d’harmonisation des procédures et de renforcement de l’assistance technique. « La multiplicité des acteurs et des mécanismes de financement rend parfois complexe la mise en œuvre des projets au niveau local. L’enjeu actuel est donc de renforcer la cohérence des dispositifs, d’améliorer la qualité des projets et de réduire les risques opérationnels afin de permettre aux collectivités de jouer pleinement leur rôle dans le développement territorial », a insisté Loudini.
Il a également soulginé les partenariats public-privé qui apparaissent également comme une solution prometteuse. Plusieurs expériences menées dans les zones d’activités économiques, industrielles et dans la gestion des déchets démontrent le potentiel de ces montages pour mobiliser des investissements privés au service du développement local.
Des avancées mais encore des défis à relever
Et pourtant, malgré les progrès accomplis, les ressources financières des collectivités territoriales demeurent encore limitées au regard de l’ampleur des besoins.
« À fin 2025, les recettes globales des collectivités territoriales étaient estimées à près de 55 Mds de DH, tandis que leur effort d’investissement consolidé atteignait environ 20 Mds de DH. Des montants qui restent modestes comparativement au volume global de l’investissement public national », souligné Loudini.
Cette situation met en évidence la nécessité de diversifier les sources de financement et de mobiliser davantage de ressources au profit des territoires.
La finance climatique, un nouveau chantier stratégique
Parmi les pistes de financement encore insuffisamment exploitées figure la finance climatique. Dans le cadre de la stratégie nationale de développement de la finance climat élaborée en 2025, les collectivités territoriales sont appelées à jouer un rôle déterminant dans la mobilisation des ressources destinées à l’adaptation aux changements climatiques et à la transition écologique, a rappelé le responsable des collectivités.
Le développement des financements verts, des obligations durables et des mécanismes innovants liés au climat représente ainsi une opportunité majeure pour renforcer la résilience des territoires et répondre aux nouveaux défis environnementaux.
« L’avenir du financement territorial au Maroc repose sur une combinaison de réformes institutionnelles, de modernisation de la gouvernance locale, de diversification des ressources financières et de mobilisation accrue des partenaires nationaux et internationaux », a tenu à préciser Loudini.
Dans un contexte marqué par les mutations économiques, sociales et climatiques, les collectivités territoriales sont appelées à devenir des acteurs encore plus influents du développement durable. Pour atteindre cet objectif, le renforcement de leur autonomie financière et l’accès à des mécanismes de financement innovants apparaissent comme des conditions essentielles à la réussite des politiques territoriales de demain, a-t-il conclu.
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