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Economie

Relance de la croissance : le desserrement de l’étau monétaire est déterminant

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Ecrit par Soubha Es-Siari I

Les dernières projections de croissance de la Banque Mondiale tablent sur 2,4 %  en 2024, 3,7% en 2024 et 3,3% en 2026. Il s’agit en moyenne d’une croissance oscillant autour de 3%. Il ressort clairement que suite à la succession des années de sécheresse et d’un contexte international instable, la croissance peine à retrouver son rythme potentiel. Le prochain conseil de BAM sera décisif.

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Les conjoncturistes ont à maintes reprises alerté sur l’écart de production par rapport au potentiel dont regorge l’économie marocaine qui ne fait que se creuser au fil des années. « Avec un taux de croissance qui tourne, bon an mal an, autour de 3%, l’écart de production par rapport au potentiel ne cesse de s’amplifier, réduisant d’autant les chances pour l’économie nationale d’échapper au piège des pays à revenu intermédiaire, et partant, les possibilités pour le pays d’une convergence plus rapide vers les standards des pays émergents ».

La lecture des données disponibles que ce soit par la Banque Centrale ou le Haut Commissariat au Plan fait ressortir, selon les analystes du CMC, un cycle d’activité présentant depuis le début de l’année une configuration d’ensemble qui s’inscrit dans la continuité de l’exercice précédent. « La sévérité de la sécheresse mais aussi l’évolution assez contrastée des secteurs les plus dynamiques dans un environnement encore hésitant ne permettent pas d’envisager, en l’état actuel un redressement significatif du cycle de croissance par rapport aux tendances passées », tiennent-ils à souligner.

Les projections pour la fin de l’exercice sur la base des indicateurs d’activité portant sur le premier semestre et leur évolution probable au second convergent pour prédire un ralentissement sensible de la croissance par rapport à 2023. Et pour cause : outre le repli attendu des activités agricoles avec l’annonce de la baisse de 43% de la production céréalière, cette perspective s’expliquerait pour l’essentiel par l’affaiblissement des principales composantes de la demande globale sous l’effet croissant d’alourdissement des coûts pour les entreprises et de perte de pouvoir d’achat pour les ménages.

A rappeler à juste titre que les derniers résultats de l’enquête sur l’activité et l’emploi font état d’une importante hausse du taux de chômage dont le niveau a atteint au premier trimestre la moyenne au niveau national de 13,3% soit 17,6% en milieu urbain et 6,8% en milieu rural. Cette forte détérioration de l’emploi est révélatrice de l’ampleur du creux conjoncturel du moment et de la faible capacité des structures productives à faire face, en l’état actuel, à une demande d’emplois sans cesse croissante.

Après avoir brossé un tel tableau, les conjoncturistes estiment que les arbitrages en matière de politique économique sont à revisiter à la lumière de l’analyse que l’on se fait de la situation économique mais également des objectifs visés à moyen et long terme. « La relance de la dynamique de croissance s’impose dans les conditions actuelles pour pousser l’économie vers son meilleur potentiel de production et répondre aux multiples attentes en termes d’emploi », tiennent-ils à souligner.

Aussi, faut-il rappeler que le Maroc est engagé dans les prochaines années dans de vastes chantiers au premier rang desquels figurent le développement d’infrastructures économiques et sociales de grande envergure en plus du programme de protection sociale. Ces changements impliquent des investissements de grande ampleur dont le financement ne peut être assuré de façon soutenue sur le long terme que par une dynamique de croissance régulière.

S’agissant des comptes publics, la restructuration de la politique actionnariale de l’Etat contribuent à l’élargissement des marges de manœuvre budgétaires pour un engagement accru dans la dynamique économique à travers l’effort d’investissement public. Comme en atteste la Loi de Finances 2024.

L’autre volet aussi déterminant concerne les conditions de financement qui peuvent constituer un handicap pour l’entreprise en l’occurrence la TPME, composante essentielle du tissu économique national et pour lesquelles les orientations arrêtées en matière politique monétaire peuvent jouer un rôle décisif. Le resserrement des conditions monétaires à travers des ajustements successifs de la hausse du taux directeur pour le porter de 1,5% en juin 2022 à 3% en mars 2023, soit 150 pbs de base en l’espace de 9 mois n’est pas exempte d’impact sur l’accès à des financements accommodants à cette frange du tissu national suite aux ajustements des taux d’intérêt.

De ce point de vue, et compte tenu du processus désinflationniste engagé depuis le début de l’année, le desserrement de l’étau monétaire qui se fait pressant peut être d’un grand apport pour la dynamique de l’investissement et la relance de l’activité. Le prochain conseil de BAM sera ainsi décisif.


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