Ecrit par Soubha Es-Siari I
Après des années difficiles voire tumultueuses, 2024 sera-t-elle enfin une année d’embellie ? La plupart des projections augurent qu’au Maroc, 2024 devrait connaître une notable éclaircie défiant ainsi le léger repli de la conjoncture internationale.
Les pluies d’hiver même venues tardivement et qui se sont poursuivies jusqu’à la mi-avril constituent les prémices d’une certaine embellie pour la campagne agricole et plus précisément pour les composantes de la branche comme les cultures maraîchères, l’arboriculture et l’élevage. Elles auraient même un impact bénéfique sur les céréales et les légumineuses.
Cette amélioration du secteur primaire conjuguée aux évolutions des indicateurs de l’industrie et aux appréciations bien orientées et clairement déclarées des opérateurs à travers les enquêtes de conjoncture laissent présager une croissance en volume du Produit Intérieur Brut de l’ordre de 3,8 % au terme de l’exercice.
L’enquête mensuelle de Bank Al-Maghrib sur les opinions des opérateurs industriels du mois de février révèle par ailleurs une nette hausse sur les trois prochains mois du taux d’utilisation des capacités de production pouvant atteindre 79%.
S’agissant des échanges extérieurs, le déficit commercial s’allège de -1,4% à 90,7 Mds de DH à fin avril 2024 comparativement à la même période de l’année précédente pour un taux de couverture de 62,4 (vs. 61,2% à fin avril 2023).
Cette orientation positive est redevable, d’une part, à la hausse limitée des importations de 1,6% à 241,2 Mds de DH dans le sillage de l’augmentation des achats des produits finis de consommation (53,6 Mds de DH) et, d’autre part, à la progression des exportations de 3,5% à 150,5 Mds de DH drivées par la bonne tenue de l’industrie automobile et aéronautique ainsi que par la reprise des expéditions des produits de phosphates et dérivés.
Autre fait important de la conjoncture économique à signaler est le projet de soutien des Etablissements et Entreprises Publics affectés par les fluctuations internationales des prix. Le Conseil du Gouvernement a récemment adopté un décret relatif à l’ouverture de crédits supplémentaires au Budget Général pour un montant de 14 Mds de DH. Cette rallonge vient renforcer les dépenses de l’Etat initialement fixées à 435,7 Mds de DH dans la Loi de Finances 2024.
Concernant la balance des paiements, le Royaume continue de profiter du bon comportement des flux nets d’IDE et de la reprise des recettes de voyages, lesquels s’améliorent respectivement de 48,6% à 8,3Mds de DH et de 2,4% à 36,8Mds de DH à fin avril 2024.
Sur la foi des indicateurs sus-mentionnés, notre économie semble s’orienter vers un trend favorable, porté par la stratégie ambitieuse du nouveau modèle de développement, par les principales orientations de l’Etat social et par l’ampleur des projets structurants en cours de lancement dans le sillage de sa préparation à accueillir deux grandes échéances la CAN 2025 et la CDM 2030.
Ce cap est indéniablement stratégique, reste à le tenir contre vents et marées qui risquent de surgir à tout moment dans un contexte de plus en plus volatil. C’est tout le mal que nous souhaitons à notre équipe au pouvoir.

