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Édito

Visa Schengen ou comment l’UE pompe l’Afrique

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Ecrit par Imane Bouhrara I

En ce mois de juin, les frais de demande de visa Schengen passeront de 80 à 90 euros. Une énième saignée, oups, augmentation au moment où se multiplient également les refus d’octroi de visa sans remboursement des frais engagés et souvent sans motif valable.

Une véritable injustice pour les demandeurs de visa et une vraie manne financière pour l’Union Européenne, particulièrement certains pays. Mais dans l’ensemble il s’agit d’une politique générale des pays membres de l’UE.

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En effet, les chiffres sont éloquents : les 704.000 demandes de visa Schengen provenant de ressortissants d’Afrique rejetées en 2023 ont généré plus de 56 millions d’euros selon la plateforme officielle SchengenVisainfo.

Dont près de 11 millions d’euros de frais engagés par les 136.367 Marocains qui se sont vu refuser le fameux sésame.

Et cette situation est appelée à empirer avec le durcissement de la politique de l’UE en la matière.

Ce qui pose un sérieux problème. En effet, la non-restitution des frais de visa court séjour en cas de refus pose plusieurs questions. La première est le motif de refus : en général, les motifs ne sont pas transparents alors que c’est un secret de polichinelle que certains pays dont la France ont réduit le quota de visas.

Du coup, il s’agit non pas de la défaillance du demandeur de visa ou qu’il ne remplisse pas les conditions requises d’entrée dans l’espace européen mais plus d’un service non rendu et indûment payé. Un fait qu’avait dénoncé il y a deux ans la Fédération marocaine des droits du Consommateur.

En d’autres termes, et bien qu’on essaye de justifier ces frais par la gestion administrative du dossier et des frais de prestataires comme TLS, BLS, etc., c’est comme vendre 1.000 billets pour un spectacle alors qu’on sait à l’avance et de manière préméditée que la salle ne dispose que de 250 places, sans pour autant rembourser les 750 personnes qui sont out.

Et encore, vous êtes chanceux d’obtenir ce billet.

En effet, la deuxième interrogation, durant des décennies, les conditions d’obtention d’un visa Schengen se sont honteusement dégradées et l’accès même à un rendez-vous relève de l’impossible, le circuit étant verrouillé. Non seulement les délais sont allongés mais les RDV sont rares, parfois inexistants. Et ce malgré les « beaux » discours politiques sur la question. De quoi remettre en doute la sincérité de cette égalité des droits humains. Le pire est que ce traitement de persona non grata est réservé au demandeur de visa Schengen dans son propre pays.

Troisième point et c’est une véritable aberration, c’est de sanctionner un demandeur de visa en raison de la politique migratoire de son pays. Et c’est là le nœud gordien de la problématique de visa Schengen aussi bien au Maroc qu’en Afrique.

Là encore ce n’est un secret pour personne, et bien que l’UE se targue de garantir la mobilité des personnes mais privilégie le sécuritaire, les demandeurs de visa Schengen se retrouvent otages d’un bras de fer sur la question du retour des immigrés sans-papiers.

Autrement dit, un citoyen est privé de son droit à la mobilité sans raison valable l’impliquant lui directement. Il est juste sanctionné parce qu’il est ressortissant de tel pays ou tel continent. C’est une discrimination qui ne dit pas son nom.

Il est temps de corriger cette anomalie, ainsi à défaut d’obtenir un visa, les demandeurs peuvent au moins épargner leur argent et leur dignité.

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1 commentaire

  1. Faik dit :

    Il me semble sinon impératif que les gouvernants doivent appliquer la réciprocité càd exiger un visa pour rentrer au Maroc.
    Vous me diriez que l’on a besoin d’affluxs de touristes mais combien même c’est c’est modeste comme entrées de devises voir nul et aucune valeur ajoutée

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