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Déficit commercial : une tendance à l’aggravation malgré des performances sectorielles

énergie NORMES COMMERCE

L’analyse du déficit commercial révèle à la fois des défis structurels, tels que la dépendance énergétique et la concentration des exportations, et des contraintes externes, notamment les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Pour inverser cette tendance, le Maroc est appelé à poursuivre ses efforts de diversification économique, renforcer sa compétitivité et accélérer sa transition énergétique.

D’année en année, le déficit commercial s’aggrave impactant lordement d’autres pans de l’économie. Toutefois, il faut reconnaître que certaines activités exportatrices marocaines ont montré une réslience et une performance remarquables en 2023 et 2024. Ces secteurs jouent, selon les analystes du CMC, un rôle clé dans la diversification de l’économie marocaine et dans la réduction de sa dépendance aux importations.

L’industrie automobile, par exemple, est devenue un moteur de croissance des exportations. Grâce à des investissements massifs dans des usines d’assemblage et des partenariats stratégiques avec des construc- teurs internationaux, le Maroc s’est transformé en hub régional pour la production de véhicules et de com- posants automobiles. Les exportations du secteur ont augmenté de manière significative, contribuant à atténuer l’impact du déficit commercial. En 2023, elles ont augmenté de 27,4 % par rapport à 2022, puis de 6,3 % en 2024, atteignant respectivement 157,6 et 148,2 milliards de dirhams.

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Le secteur aéronautique a également enregistré une croissance soutenue, avec des hausses de 2,4 % en 2023 et de 14,9 % en 2024, tirée par la demande internationale pour des composants et des services aéro- nautiques. Le Maroc a su attirer des investissements étrangers dans ce secteur, grâce à une main-d’œuvre qualifiée et des coûts de production compétitifs.

Le secteur agricole reste un pilier des exportations marocaines, avec des produits phares comme les agrumes, les légumes et les produits de la mer. En 2023-2024, les exportations agricoles ont bénéficié d’une demande croissante sur les marchés européens et africains, évoluant respectivement à des taux de -0,1% et 3,1 %. Enfin, le secteur des phosphates et dérivés continue d’enregistrer des performances à l’expor- tation, avec une augmentation de 13,1 % en 2024 après une chute de 34,1 % en 2023.

Les conjocturistes citent également le secteur du textile et du cuir. Bien que confronté à une concurrence accrue de pays asiatiques, le secteur a maintenu ses performances à l’exportation grâce à une montée en gamme et à des produits à haute valeur ajoutée, enregistrant une croissance de 5 % en 2024 après un recul de 0,5 % en 2023. « Ces secteurs dynamiques montrent que le Maroc dispose d’un potentiel expor- tateur significatif, mais ils ne suffisent pas à compenser entièrement l’aggravation du déficit commercial », tiennent-ils à rappeler.


Lire également : Balance commerciale : substitution aux importations, préférence nationale… pour quel résultat ?


Des réformes sont névralgiques

L’analyse du déficit commercial révèle à la fois des défis structurels, tels que la dépendance énergétique et la concentration des exportations, et des contraintes externes, notamment les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.

Pour inverser cette tendance, le Maroc doit, selon les conjoncturistes,  poursuivre ses efforts de diversification économique, renforcer sa compétitivité et accélérer sa transition énergétique. La diversification des exportations, en particulier vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée, est essentielle pour réduire la vulnérabilité aux fluctuations des marchés internationaux. Par ailleurs, la réduction de la dépenhdance aux importations, notamment en énergie, passe par le développement des énergies renouvelables et une meilleure efficacité énergétique.

Enfin, le Maroc doit continuer à attirer des investissements étrangers, notamment dans les secteurs à fort potentiel comme l’aéronautique et l’automobile, tout en renforçant la formation de la main-d’œuvre pour répondre aux besoins de ces industries. Les réformes visant à améliorer le climat des affaires et à faciliter les échanges commerciaux sont également cruciales pour soutenir la croissance des exportations.

Le commerce extérieur du Maroc reste un enjeu majeur pour l’avenir du pays. Les décisions prises aujourd’hui auront un impact durable sur sa trajectoire économique.

« Malgré les défis, les performances de certains secteurs exportateurs montrent que le Maroc dispose d’un potentiel significatif pour renforcer sa position sur les marchés internationaux. Pour cela des réformes structurelles et des investissements stratégiques sont encore nécessaires », concluent les conjoncturistes.

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