Ecrit par Lamiae Boumahrou I
Depuis l’arrivée de l’équipe gouvernementale de Aziz Akhannouch aux commandes, le principe du droit d’accès à l’information a été mis de côté pour ne pas dire bafoué. Un changement radical de paradigme en matière de communication comparativement aux précédents gouvernements où l’accès à l’information était plus facile, la communication avec les responsables gouvernementaux plus fluide et la surveillance de l’action politique plus accessible.
Depuis son ascension au pouvoir, le gouvernement d’Akhannouch a plutôt opté pour le silence et la prudence dans la communication, la discrétion dans la gestion de la chose publique et la communication institutionnelle. Tout est millimétré, bien calculé et surtout tout est verrouillé pour qu’il n’y ait pas de fuite d’informations.
Conséquence, l’information est devenue une denrée très rare. Surtout lorsqu’il s’agit de sujets qui fâchent. Des sujets pour lesquels nous savons à l’avance que nous n’aurons pas de réponses. Et pourtant tout laissait croire que les membres d’Exécutif Akhannouch allaient être meilleurs communicants. Le gouvernement a toujours clamé le principe du travail et la concrétisation d’abord et la communication après. Ce qui est une bonne chose en soi.
Mais nous sommes déjà à mi-mandat du gouvernement (2 ans et de demi) et la communication de l’équipe aux commandes se résume encore aux communiqués de presse, aux quelques sorties institutionnelles du chef de gouvernement et de quelques de ses ministres… voire au flou autour des chantiers et réformes structurants en cours et tant attendus par le peuple, la sphère politique et économique, la société civile…
En d’autres termes, le gouvernement ne communique que sur quoi il veut communiquer. A telle enseigne que nous avons l’impression que nous vivons dans le meilleur du monde.
Certes chaque gouvernement a son propre modus operandi en matière de communication et de relation avec les médias, mais pour garantir une bonne gouvernance de la gestion de la chose publique, la transparence est de mise. Et qui dit transparence dit accès à l’information.
Car la critique constructive permet de refléter la réalité de l’action gouvernementale sur le terrain, d’alerter sur les freins et les écueils à éviter et d’évaluer au fur et à mesure les décisions gouvernementales. D’ailleurs, le rôle du ministère de l’évaluation des politiques publiques reste un mystère.
Faut-il attendre les bilans du Chef du gouvernement au Parlement pour s’enquérir de l’état d’avancement des engagements gouvernementaux et de trouver réponses à quelques interrogations qui se posent ? Et encore, le bilan est souvent reluisant ne cadrant pas avec la réalité et les engagements pris au début du mandat (sic).
Et pourtant le droit à l’accès à l’information est un droit constitutionnel et réglementé par la loi 31-13 relative au droit d’accès à l’information. Une loi qui fait l’objet depuis plusieurs mois de révision par la commission du droit d’accès à l’information et le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration.
Une révision qui vise à améliorer les procédures d’obtention d’informations. Mais depuis la dernière réunion tenue par les 2 parties fin décembre 2023, on n’en sait pas où en est ce processus de révision.
C’est une réelle volonté politique qui est nécessaire pour gérer la chose publique dans la transparence totale. Aujourd’hui, même les conférences, les débats et les concertations autour des réformes en cours ne sont plus à l’ordre du jour.
On se demande si le gouvernement est réellement conscient de cette faille qui entrave la gestion et la bonne gouvernance des deniers publics ou bien que c’est le dernier de ses soucis.
A bon entendeur !

